National Gallery & Big Ben – 29 octobre 2022

Le triptyque réveil/douche/habillage en silence étant désormais parfaitement rodé, nous voilà, Matthieu et moi, dès 8 heures du matin, attablés devant un café ultra brûlant dans notre Starbucks favori. Nouveauté : je me paie le luxe d’un porridge aux fruits et graines fort délicieux tandis que Matthieu se laisse tenter par un muffin garni d’un steak vegan – après tout pourquoi pas. Un scone par dessus (ça cale bien les scones, disons que c’est le fruit des amours d’une brioche et d’une madeleine) et nous rentrons donner la becquée aux deux enfultes (on leur a pris des muffins au chocolat qui ne doivent pas contenir un gramme de cacao, miam, ils se régalent).

10h30, c’est l’heure de décoller, direction la National Gallery. Nous nous élançons dans le métro, dont les lignes et les arrêts commencent à nous être familiers. Les seuls moments de flottement ne concernent finalement que l’endroit où nous devons circuler dans le sens de la marche : à gauche ? À droite ? Nos amis anglais ne sont pas clairs à ce sujet et cela nous perturbe. S’ils conduisent bien à gauche, le sens de circulation peut varier selon les trottoirs, couloirs du métro ou escaliers et escalators que nous empruntons. Parfois la consigne est indiquée sur des panneaux : keep right, keep left, mais pas toujours ; on y va à l’instinct, ils sont fous ces anglais.

National Gallery

Le majestueux musée de la National Gallery se dresse devant nous, surplombant le Trafalgar Square. La bâtisse, magistrale, se la pète un peu avec ses colonnes, son marbre, ses plafonds ouvragés et ses lourds divans de cuir dans toutes les salles ; mais quel meilleur écrin pouvons-nous rêver pour admirer les chefs-d’œuvre qui s’y nichent ? Du moyen-âge jusqu’au début du XXème siècles, les œuvres se succèdent, répertoriées par écoles : les flamands, les français, les italiens, les britanniques et bien sûr les hollandais.

Nous écumons toutes les salles avec gourmandise, faisant tout de même une pause sandwich pour les enfants qui s’emmerdent dans la dignité et qui, par conséquent, ont un creux. La foule n’est pas trop dense et nous laisse le loisir de nous plonger dans les œuvres qui nous semblent les plus captivantes : Botticelli, Rubens, Van Eyck, Turner, Gainsborough, et bien sûr les impressionnistes Manet, Van Gogh et Monet qui nous arrachent des frissons.

Après près de 3 heures de visite passionnante (les enfants sont au bout de leur vie), nous sortons du musée et atterrissons sur Trafalgar Square, noir de monde : une énorme manif a lieu ici, prônant la paix et la libération du droit des femmes en Iran.

Trafalgar Square

Nous attendons en vain un bus car la manif sème la zizanie dans le circuit des transports en commun ; pas grave, nous rallions Covent Garden à pied. Nous voilà dans les beaux quartiers, proches des théâtres, rappelant le bourgeois-bohème Saint-Germain à Paris ; un joli marché couvert, des fleurs partout, des boutiques de luxe, de petits ensembles de musiciens jouant du Brahms, si c’est pas mignon ! C’est blindé de monde, et pour s’offrir la moindre frite il faut péter le PEL : nous continuons notre chemin.

Covent Garden market

Plus au nord, retour chez les prolos, il est 15h passées et le porridge de ce matin est loin ; on a les crocs. Nous jetons notre dévolu sur un fish&chips donnant sur le boulevard, chez Ben, et sommes installés par Ben himself, la classe. Nous nous tapons le plat typique avec plaisir, même si l’assiette est relativement monochrome : on consomme du jaune – poisson pané, frites, mayo et bière, pour les 5 fruits et légumes on repassera.

La digestion de ce gueuleton s’annonce laborieuse, aussi nous remettons-nous en route sans tarder, direction Big Ben, histoire de dire qu’on l’aura vu. Pendant que nous déjeunions, le cortège de la manif a décidé de s’y rendre car le Parlement se trouve ici aussi. Le trajet de notre bus est donc légèrement dévié, ce qui nous obligera à marcher un peu dans les quartiers très très très luxueux jouxtant l’Abbaye de Westminster. Rapide stop devant la vitrine d’une agence immobilière locale (au centre de laquelle posent, tout sourire, Fifi et Lizzie, très joli) ; compter 3.250.000 £ pour un 120m2 (et pour 999 ans, après quoi l’appart, en l’état, retournera dans le giron du duc de Westminster), on va rester dans le Poitou.

Nous voilà devant l’Abbaye de Westminster, que nous ne visitons pas car l’entrée coûte un œil, puis Big Ben, qui est plutôt laid mais qui a le mérite de donner l’heure. Mais ce qui retient notre attention se trouve sur la chaussée : des milliers de manifestants défilant plutôt calmement pour la libération de l’Iran, et des policiers en uniforme que l’on sent un peu sur les dents – mais qui conservent leur flegme quand même, on est en Angleterre.

Westminster Abbey
Big Ben

Nous revoilà dans le métro, en route vers Camden Town. Nous avions aimé ce coin rigolo et alternatif et avons bien envie de retourner l’explorer plus profondément. Il y a un monde fou – samedi oblige – et nous prenons plaisir à faire du lèche vitrine en slalomant entre touristes et locaux, dans des effluves de weed et de graillon. Le temps passe, le soleil décline, le taux d’alcoolémie général augmente ; nous assistons à quelques bastons (ils y mettent du coeur quand ils sont pas contents les angliches) et admirons des punks faire la manche en brandissant, rigolards, des panneaux de carton sur lesquels on peut lire “help a punk to get drunk”.

Nous nous arrêtons boire un coup et reposer nos jambes fatiguées puis décidons de rentrer nous reposer, car demain on décolle tôt pour aller assister à la relève de la garde devant Buckingham. On a bien dû taper nos 20 bornes à piétiner aujourd’hui ; le sommeil nous cueille tôt sans même que nous dînions – le fish&chips de Ben aura tenu ses promesses.

Posted in ...des parents, Londres.

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