Vers la baie d’Ha Long – 7 mars

Réveil en fanfare dès 5h45, il nous faut attraper le bus de 7h pour la baie d’Ha Long. Paquetage sur le dos, nous descendons silencieusement les marches de notre guest house, pour un ultime adieu à Hanoi à bord du premier taxi hélé.

Dans la morne gare routière, nous nous juxtaposons aux rangs d’occidentaux en mal d’Ha Long, attendant le go de notre agence qui détient le monopole du transport combiné vers l’île de Cat Ba (bus, bus, bateau, bus).

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Il n’y en a qu’une pour supporter les incessants spectacles en playback, imposés du 1er au dernier kilomètre

Ha Long est LA baie du nord Vietnam, où chaque touriste se doit de venir admirer les singulières roches karstiques érodées par la mer. Pour l’explorer nous avons choisi la voie la plus détournée, guidés par les conseils d’Anh-Vu et de nos amis Camille et Pierre-Yves avec qui nous avons échangé notre maison contre leurs conseils de globe-trotters. Il faut imaginer le flot quotidien de dizaines de milliers de touristes embarqués au petit matin à Hanoi, enchaînant 3 heures de bus avant leur croisière-déjeuner dans la baie, puis 1 heure de kayak en mer pour digérer avant de repartir vers la capitale. Bien sûr, suivant le budget beaucoup optent pour 1 à 2 nuits à bord.

A Cat Ba, en face d’Ha Long, on ne boit pas la même limonade. L’île est trop loin d’Hanoi pour attirer des touristes d’un jour, et les îlots karstiques qui l’entourent sont trop rapprochés pour permettre leur contournement par les bateaux de croisière « grosse capacité » d’Ha Long. Cat Ba sert plutôt de point de chute aux Vietnamiens, notamment les week-ends et durant tout l’été. Passé un début de « bétonnage » en règle de sa côte est, la plus éloignée du continent, Cat Ba tente désormais de miser sur l’écotourisme. Un bon tiers de l’île vient d’être classé parc naturel et inconstructible. Quelques villages ont d’ailleurs été déconstruits pour l’occasion, on reconnait assez rapidement ces villages « déplacés » par leur urbanisme soviético-efficace, symbiose approximative entre Melun-Sénart et Galasuinda. Un pont d’une dizaine de kilomètres se construit, espérons que son inauguration ne fasse pas perdre son âme à Cat Ba. La ville même de Cat Ba, principale bourgade de l’île, occupe cette fameuse extrémité orientale. Nous l’atteignons au bout de 5 heures, en parfaite adéquation avec notre Lonely Planet, soit 1 bonne heure de plus comparée au slogan de l’agence.

Tout le monde est cuit, nous déjeunons vite et mal, prenons une chambre à 12$ dans le premier hôtel recommandé par notre guide avant de nous écrouler sur les lits. L’hôtel, bien défraichi, sera certainement rétrogradé dans la prochaine édition du lonely. Cat Ba vit sa morne saison d’hiver, très peu de touristes, quelque soit le commerce installé on ne se presse pas pour servir. En revanche c’est la saison des réfections en prévision de l’été. Nous sommes couchés depuis 5 minutes lorsqu’un bruit de perforateur nous vrille la cervelle. L’hôtel d’à côté refait ses chambres à neuf. Trop fatigués pour changer d’hôtel, râler, voire même relever l’inconfort, dans un geste chorégraphié à l’instinct, chacun de nous se fourre la tête sous l’oreiller. Devinez un peu ce qui nous a réveillé 2 heures plus tard ? L’arrêt du perforateur, tout simplement.

Finalement reposés, nous nous mettons en quête d’une agence pour réserver une journée de croisière ainsi qu’une demi-journée d’exploration du parc naturel de l’île. Nous comparons les prix, avisons, interrogeons une bande de jeunes français visiblement emballés par leur excursion. Nous choisissons l’agence la plus chère, l’investissement s’avérera à la hauteur ! De retour dans la rue, direction la plage. 10 minutes plus tard nous y sommes, cadre idyllique, sable fin, eau turquoise, roches caractéristiques au large, quelques barquettes de pêcheur pour égayer les photos, et pas un touriste à l’horizon !

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Nous n’avons pas chaud non plus, la brume joue avec l’altitude, tantôt l’horizon se dégage, tantôt nous nageons dans une bruine bretonne.

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Valentin sort son Da Cau et nous poursuivons tous les deux notre apprentissage de ce jeu hautement technique.

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Les filles batifolent dans les rochers, ramassant coquillages et jolis galets, des nacres m’expliqueront-elles.

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Le littoral souffre cependant de la pollution, partout des sacs et bouteilles plastiques, bâches et emballages viennent décorer la plage. Alix joue avec une méduse échouée avant de glisser et plonger sa chaussure dans un trou d’eau, dignement elle taira son malheur, et toute honte contenue, nous ne relèverons pas les « fiocs » de son pied gauche. Il est temps de nous rentrer.

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Le jour s’enfuit rapidement, nous remontons les marches jusqu’à la route, longeons la promenade des anglais locale en direction de l’hôtel, pause sandwich + smoothie pour le diner des enfants.

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Puis ils se douchent et se couchent avec un film. Elsa et moi sortons diner pour la première fois en amoureux ! Ici le whisky est servi au prix du thé au gingembre. 2 heures plus tard nous rentrons constater que le film est terminé, les enfants ont poussé l’ordi sur notre lit et se sont endormis.

Posted in ...des parents, Ha Long, Vietnam.

3 Comments

    • Il existe certainement tout un tas d’interactions intéressantes à étudier : Da Cau/whisky alcool de riz/chasse aux moustiques…
      On travaille tout ça dans le feutré pendant que les enfants enchaînent les smoothies. Ceci dit on est prêt à faire une carte du Vietnam des smoothies, entre ceux qui y mettent du lait de vache, du lait de soja, de la glace plus ou moins pilée, du fruit plus ou moins frais, plus ou moins de sirop ou de sucre… Le podium serait assurément trusté par des petites roulantes cabossées des ruelles d’Ho Chi Minh Ville, nous n’avons jamais connu mieux, de très loin !

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