Varsovie express – 27 août 2023

Les heures de car ont pesé, notre première nuit polonaise nous a permis d’écraser en bonne et due forme. Quoique les enfants, au réveil, n’ont pas le même souvenir que leurs parents : « vous n’avez pas entendu la fusillade suivie de la course-poursuite sur le boulevard ? – bah non… ». Bienvenue à Varsovie, donc !

Il est bien 10h, déjà, quand nous avalons notre petit dej. Faux départ cependant, puisque nous glandons à nouveau quelques dizaines de minutes avant de de nous élancer, le temps de peaufiner le programme. Ce sera notre seule journée à Varsovie.

C’est parti-ski !

Notre première halte, à 2 km de notre appartement (à vol de cageon), se passe au musée du soulèvement de Varsovie, le plus réputé de la ville selon certains guides, mais sans doute le plus foutraque que nous n’ayons jamais visité. Le principal désagrément tient déjà dans l’absence de gestion de l’affluence. Clairement, il y a 3 fois trop de visiteurs pour ce lieu.

Les scénographies, ambitieuses, s’enchaînent sans réel lien, on passe d’une reconstitution du ghetto juif à l’organisation des raids aériens alliés, des actes héroïques de résistance (Varsovie s’est libérée elle-même de l’occupation nazie) aux conditions de vie des troupes allemandes en passant par une succession de vitrines roses mettant à l’honneur le rôle des résistantes… difficile de saisir autre chose que des impressions çà et là, quelques anecdotes, et beaucoup de témoignages juxtaposés, surtout, lesquels redondent souvent.

Nous ressortons au bout d’une heure, passablement saoulés par la foule et l’impression de n’avoir pas appris grand chose, si ce n’est que le soulèvement du ghetto de Varsovie aboutira, au printemps 1943, à l’extermination de plus de 300.000 juifs polonais, tout en inspirant l’ensemble du reste des habitants à entrer en résistance et organiser le soulèvement de toute la ville jusqu’à sa libération.

Nous sortons du musée et marchons en direction du centre historique à travers un quartier d’affaires ultra-moderne : gratte-ciels en verre et en acier, larges avenues, publicités omniprésentes… L’histoire nous apparaît plus concrète tandis que nous longeons un anachronique mur de briques rouges. Bientôt une stèle nous rappelle qu’il s’agit là d’un vestige de l’enceinte du ghetto juif, c’est alors que nous prenons conscience de l’étroitesse de ce quartier pour la population qui l’occupait et manquait de tout.

Nous sommes dimanche, la Pologne respecte le repos dominical et de nombreuses artères, grouillantes de vie hier, se traversent aujourd’hui sans bruit. A l’ombre d’un parc, nous jaugeons le parcours restant jusqu’à la vieille ville, 15 bonnes minutes de marche déclenchent toutes sortes de complaintes à ma droite et sur ma gauche. Il faut dire que le temps est à l’orage, il fait plutôt chaud, tout le monde a soif, il est près de 15h, certains – moins âgés que d’autres – ont étonnamment faim ! Cap sur la vieille ville, donc, mais sur une cantine polonaise typique afin d’allier l’utile au nécessaire.

Gosciniec, ce n’est pas un vieil oncle breton qui écrirait des BD mais bien une chaîne polonaise de brasseries qui propose une carte de spécialités locales. Nous nous attablons pile au pied des ramparts où toutes sortes de touristes promènent leurs séants en rythme.

Et tout est bon, en plus !

Alix choisit les ravioles, Elsa l’escalope panée/patates vapeur/concombres à la crème tandis que j’opte pour des paupiettes de choux garnies de riz et de viande. Val, on ne sait pas trop ce qu’il a choisi parce que de toute façon sa commande sera ignorée. Il passera le repas à picorer dans nos assiettes tandis que son plat arrivera exactement pour le dessert.

Mon p’tit plat, et l’aneth tout partout

Nous ne sommes pas seuls à table, une guêpe passe d’assiette en assiette, prenant régulièrement une beigne sans perdre de vue sa mission. Elsa passe maîtresse du claquage de guêpe quand soudain, trop optimiste ou à la limite du faux départ (l’arbitrage vidéo ne saura se prononcer) elle se renverse la moitié de ses concombres à la crème sur son t-shirt noir. D’un geste souple elle tend son t-shirt et ré-expédie le contenu dans son assiette, non sans empêcher l’apparition d’une magnifique carte de France (tendance hiver) sur le paletot. Grosse rigolade !

Mais il est déjà l’heure de partir visiter la vieille ville !

Ragaillardis par ce déjeuner local, nous arpentons la vieille ville les yeux tous ronds : ruelles, places et points de vue valent vraiment le détour !

La Pologne reste tout de même dans la course effrénée à l’occidentalisation capitaliste : partout des mascottes, des installations pensées pour Instagram, des pubs visuelles ou auditives nous rappellent clairement Paris, voire Las Vegas. Autre contraste saisissant après la Finlande et l’Estonie, la Pologne compte plus de 40 millions d’habitants, on y parle donc aussi mal l’anglais qu’en France.

Nous aussi on sait poster sur Insta !
Mais on n’est pas en au niveau pour Tik Tok

Fin de journée, c’est l’heure de marcher doucement en direction de notre appart, le temps d’écumer toutes les rues touristiques et commerçantes que nous avions manquées à l’aller. Val en profitera pour s’acheter une sucette (de cartoon) et Alix un petit sachet de bonbons dont il faudra taire l’existence auprès de l’orthodontiste.

Elsa force un peu Val à poser pour mériter sa… son… truc alors il est moyen heureux

De nombreux musiciens font la manche, avec plus ou moins de succès. Mention spéciale pour le violoniste amplifié qui jouait si fort qu’il était impossible pour quiconque d’approcher à moins de 10 mètres de son enceinte. Dur, dans ces conditions, de glisser une pièce dans le chapeau placé à ses pieds.

La seule pub vraiment jolie !

Sur les derniers mètres, Alix et Elsa synchronisent leurs pas pour enchaîner quelques mouvements d’aérobic, prouvant ainsi que les 17 bornes du jour n’ont en rien entamé leurs ressources ! Ça tombe bien, demain on remet les sacs sur le dos et on s’inflige 4h de train.

Posted in ...des parents, Pologne, Varsovie.

2 Comments

  1. Je n’ai jamais visité la Pologne. C’est la raison pour laquelle je « bois » vos commentaires!
    Merci encore pour vos différentes impressions que nous lisons avec le plus grand bonheur!
    Bisous depuis Fontaine-de-Vaucluse😘

    • Ce fut une halte express à Varsovie. Mais après 2 ou 3 périples professionnels ici, c’était bien ma première occasion de découvrir la vieille ville.

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