Tallinn-Varsovie – 25 et 26 août 2023

Dernier réveil dans notre chouette appart’ de la chouette Tallinn. Nous en profitons jusqu’au dernier moment puis nous mettons en route, sacs sur le dos.

Nous devons quitter l’Estonie ce soir pour un trajet de près de 1000 bornes en car qui nous mènera à Varsovie. Nous aurions pu prendre l’avion mais il aurait fallu transiter par Helsinki et débourser le quadruple ; après quelques hésitations, vazy c’est une aventure rigolote, nous optons pour le car.

Ça risque de piquer un peu quand même

Le car part à 22h30 depuis la gare routière qui est à 40 minutes de marche au sud-est de notre appart. Pourtant, nous mettons le cap sur la gare ferroviaire qui se trouve à 40 minutes à pied dans le sens opposé. L’objectif : caler notre sac dans une consigne et aller visiter le quartier branchouille de Telliskivi qui se trouve juste derrière cette gare. Nous sillonnons une dernière fois la vieille ville de Tallinn, sous un beau soleil et la petite bise fraîche qui fait zizir, en écoutant les musiciens de rue, en regardant les groupes qui dansent et qui festoient ; décidément, c’est super sympa, un gros coup de cœur pour nous quatre. Nous nous paumons de nouveau, montant inutilement tout au sommet de la ville pour redescendre comme des cons 200 mètres plus loin, mais pas grave, au moins on aura fait la photo qui va bien.

Elle se mérite cette photo

Arrivés à Telliskivi, nous avons l’impression d’avoir changé de ville. Fini le charme coquet et désuet de la vieille Tallinn, nous voici dans le centre créatif et cultureux de la capitale. Installé dans un ancien site industriel, Telliskivi (surnommé Creative City) est le quartier le plus branché de la ville. Il tire son nom des briques qui composent les anciens entrepôts dans lesquels le quartier est si animé désormais (telliskivi signifie « brique » en estonien).

Le quartier est sorti de terre au milieu du XIXeme siècle lors de l’installation de lignes de chemins de fer reliant Saint-Pétersbourg à Tallinn. Les soviétiques, qui dominaient alors largement le pays, souhaitaient profiter de l’abondance des forêts estoniennes pour produire plus vite et à moindre coût. Les entrepôts aujourd’hui dévolus à l’art contemporain servaient alors à fabriquer des rails, des locomotives et des transformateurs soviétiques. Lors de la chute de l’URSS, en 1991, les usines furent vendues, et c’est depuis 2009 que Telliskivi est le centre névralgique de la création artistique estonienne.

Nous déambulons dans ce quartier si coloré et cosmopolite. Les enfants adorent ; cela leur rappelle le loufoque Camden Town londonien.

Nous déjeunons dans un resto indien bien trendy comme il faut puis filons au musée de la photographie tout proche pour nous en mettre plein les mirettes. Nous avons de la chance : nous tombons sur une expo de Miles Aldridge, un photographe de mode reconnu qui a collaboré avec les plus grands. Sa signature : des tableaux cinématographiques, composés aussi bien de drame que de glamour, empreints d’une touche de comédie. Cette jolie expo nous captivera, jouant l’interaction entre la religion, le consumérisme et le spectacle, dans de magistrales photos très stylisées, contrôlées, organisées.

Nous reprenons notre balade dans ce chouette quartier et arrivons dans un marché couvert où de nombreux fripiers et brocanteurs ont leur échoppe. Alix se fait offrir une jupe, elle sait y faire cette enfant, tandis que nous ouvrons des yeux ronds sur les bibelots qui nous entourent.

Boîtes d’allumettes

La fatigue commence à se faire sentir, les enfants geignent comme les deux pauvres malheureux qu’ils sont ; nous récupérons nos sacs et nous mettons en route pour une heure de marche molle en direction de la gare routière. Nous assistons au passage à un joli concert de rue, un quatuor à cordes, ils sont définitivement trop cools les Estoniens.

A la gare routière, la longue attente commence. Nous achetons des hot dogs proches du dégueu aux enfants et investissons dans une bouteille de flotte et 4 barres de céréales pour demain matin.

… et on recharge les portables

Le car arrive : il est blindé et nous ne sommes pas côte à côte. Commence alors un long et douloureux et fatiguant et désagréable et déprimant et malodorant et douloureux (je l’ai déjà dit mais franchement ça faisait mal partout) et énervant trajet de 17 heures de route. 17 fucking longues heures dont nous sortons fourbus, ankylosés et définitivement beaucoup plus misanthropes qu’à notre départ.

Valentin fomentant le meurtre de l’enfant assis à côté de lui qui nous fera chier à parler trop fort pendant des heures

Il est près de 14 heures quand nous sortons de ce car pourri ; nous voilà dans un centre commercial géant, ultra bondé, nous sommes samedi et autour de nous ça consomme tous azimuts. Avec nos yeux cernés, nos cheveux gras et notre odeur suspecte nous faisons tâche au milieu des promeneurs lookés qui font leur shopping. Nous nous en tapons le coquillart : le seul truc qui nous importe c’est de manger un morceau (pour Matthieu et moi le dernier repas remonte à hier midi). Nous nous attablons enfin et nous familiarisons, pendant le repas, avec la monnaie locale. Ben voui : la Pologne, bien que membre de l’UE, ne fait pas encore partie de la zone Euro, alors ici ça se négocie en Zlotys (1€ = 4,5 Zt). Les prix sont tous doux ici, comparés à la Finlande et à l’Estonie, ça va faire du bien aux finances.

Nous fournissons le dernier effort dont nous sommes capable : marcher les 3 derniers km vers notre appartement. Celui-ci se trouve dans une cité bien moche et un brin craignos mais aux portes de l’hyper centre. Enfin arrivés dans notre appart’ (plutôt sympa) au 8eme étage, nous prenons la douche qui s’impose -joie- et nous effondrons comme 4 flans (nous n’avions réussi à dormir que 2 ou 3 heures dans le car). Réveil hirsute vers 21h, le temps de croquer une part de la pizza que Matthieu est allé héroïquement acheter en bas, puis retour au plumard, demain il fera jour.

Posted in ...des parents, Pologne, Varsovie.

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