Varsovie-Cracovie – 28-31 août 2023

Ce lundi 28, nous quittons Varsovie. Pour être francs nous avons modérément goûté les charmes de la ville, sans doute par manque de temps, d’énergie, de chance, et peut-être par manque d’attrait. La dernière étape de notre voyage est la jolie Cracovie, mais aujourd’hui nous pousserons jusqu’à Auschwitz pour y passer la nuit et aller visiter le camps demain.

Nous quittons notre appart en milieu de matinée. Au pied de notre immeuble un monsieur en peignoir s’enquille de grandes rasades de jaja en promenant son chien, de jeunes enfants s’amusent sur une trottinette électrique dernier cri bien trop grande pour eux (et ne leur appartenant certainement pas, vu qu’ils la massacrent en bonne et due forme), des concierges balaient les sacs d’ordures éventrés çà et là. Alix et Val confient avoir été une fois de plus réveillés cette nuit par les sirènes des voitures de police, mais il fait plutôt beau, alors c’est chouette.

Notre train est à 12h45, on a le temps de s’arrêter déjeuner dans une cantoche bien notée, au milieu d’un parc sympa ; cela fera office de petit dej et de déjeuner, alors allons-y nom d’une frite ! La gare, à un jet de pierre, nous tend les bras, nous nous y rendons guillerets tout plein. Nous nous posons boire un café, il est 12h15, on est large ! Les billets sont dématérialisés, on aura qu’à se lever comme des seigneurs et aller poser notre cul dans la voiture 7, quai numéro 9.

Et là, c’est le drame.

Matthieu vérifie les billets : notre train n’est pas à midi 45 mais à midi 34 ; bon, pas grave, mais faut y aller maintenant. Nous descendons dans la gare, mais ne voyons aucun accès aux voies ; il y a des travaux partout, d’accord, mais par où allons-nous sur les quais bordel ? Le temps presse ! Nous ressortons de la gare et avisons un flot de personnes allant par là, suivons-les, mais pressons le pas. Effectivement, derrière les bâtiments se trouvent les voies, surplombées par une énorme plateforme. Pour accéder à cette une plateforme, il faut grimper 2 étages d’un escalier de chantier brinquebalant. Passablement énervés, mais encore confiants, nous gravissons en courant les marches et entamons en petite foulée la traversée de la très longue plateforme pour accéder à notre quai numéro 9. Nous courons, en disant beaucoup de gros mots en ce qui me concerne, et arrivons au tout dernier quai, tout au bout de la plateforme : le quai numéro 8. Avec beaucoup d’élégance, je m’interroge : mais nom de di** de borde* de merd* où donc ont-ils foutu leur conna** de quai numéro 9 ces peigne-c** de varsoviens ? Un panneau indique le quai numéro 9, mais il nous emmène hors de la gare, dans la pampa ; ça ne peut pas être ça quand même ? Ben si mon copain, c’est bien ça, et il nous faut marcher 1,7 km supplémentaire (pour de vrai) pour atteindre ce foireux de quai numéro 9, que Satan lui crame le cul en enfer pour l’éternité. Évidemment nous avons raté notre train.

Bon, il est à quelle heure le prochain, (gros mots) ?

Commence alors une longue attente bien chiante pour choper le train suivant, non sans s’être bien entendu tapé le trajet aller-retour jusqu’à la gare pour dealer l’échange des billets (les enfants restent avec les sacs sur ce sale con de quai numéro 9). Entre-temps il s’est mis à pleuvoir.

Quoi de plus merveilleux que la joie dans les yeux d’un enfant ?

Puis, enfin, le train arrive, arrivée à Cracovie, navette pour Auschwitz City, arrivée by night sous la pluie dans cette ville morne, sans éclairage urbain, puis enfin le soulagement de la découverte de notre mignon petit appart’, dîner rapide et au lit.

Dans le train, ouf, on retrouve une connexion wifi
… mais quand même elle était pas top cette journée

Mardi 29, nous bouclons nos sacs, direction le camp d’Auschwitz-Birkenau, pour une visite de près de 4h en français. Les sacs dans la consigne, nous évoluons au sein d’un petit groupe d’une quinzaine de personnes, munis de casques audios dans lesquels résonne la voix de notre guide polonaise s’exprimant dans un français parfait et avec beaucoup de dignité. La visite en elle-même est structurellement très bien fichue, fluide, accessible, confortable pourrait-on dire. Nous pouvons donc entièrement nous concentrer sur son contenu. Sur l’horreur, la folie. La terreur, l’absurdité. La cruauté, le cynisme. Les mots manquent. Les larmes coulent et en sortant, nous sommes choqués. Nous évoquerons longuement cette visite le restant de la journée et les jours suivants. Oscillant entre silences méditatifs, débats politico-humanistes et blagues bien pouët-pouët-cacahuète parce qu’à un moment il est nécessaire de dédramatiser, nous reprenons un train pour Cracovie.

Nous arrivons en fin d’après-midi en plein cœur de la sublime vieille ville, et nous installons dans un bel hôtel luxueux ; quel plaisir ! Les enfants veulent rester dans l’appartement : mais avec plaisir les biquets ! Matthieu et moi sortons boire un coup (puis 2, puis 4). Nous parlons, rions, nous promenons et bavardons beaucoup ; une très belle soirée en somme.

Chopine d’un litre pour 5€ ; excellent rapport quantité-prix (poil aux pieds)

Le lendemain matin, mercredi 30, ça pique un peu mais pas trop. Nous bullons agréablement au lit puis allons nous régaler dans un resto kitchissime de spécialités polonaises à base, essentiellement, de chou, de patate, de viande et de crème à l’aneth : un combo toujours gagnant. La déco de ce resto est captivante (peut-être un peu chargée) : nous avons le loisir d’admirer, dans une vitrine, la couronne d’une ancienne miss Pologne, ouah, trop beau.

Oooohhhhhh
Wouaaaaaaaahhhh
Quel régal pour nos yeux ébahis
La jeune fille en fleur

Nous allons ensuite dans une laundry car nous n’avons plus grand chose de propre à nous mettre sur le dos et en profitons pour jouer aux cartes en rigolant dans des effluves de lessive, on aime bien faire ça quand nous partons en voyage. Puis, comme nous nous trouvons à côté du plus grand centre commercial de la ville, nous allons faire quelques emplettes en prévision de la rentrée scolaire car ici les prix valent bien le coup.

Dorénavant chargés de shopping bags et d’un sac à dos rempli de petit linge à peine sec, nous sommes contraints de faire un stop à l’appart’ avant de ressortir nous balader. Alix décidera de rester dans son lit : la flemme des ados mous sans aucun doute. Nous revoilà partis avec le Vava, qui commence à couver, le petit canaillou, un mal de gorge et un rhume, il se débrouille tout le temps pour choper la crève en voyage celui-là. Nous marchons au pif dans cette si jolie ville, dont le cœur historique est irrésistible. Nous ne sommes pas vraiment en mode « visite » mais plutôt en promenade, nous flânons et goûtons sans trop y penser aux charmes de Cracovie ; on s’arrête boire un verre, on commente ce qui nous entoure, on apprécie la beauté de l’architecture aux inspirations multiples et de la lumière déclinante, c’est très plaisant.

Toto devant un salon de coiffure Toto Hair Company ; la vie peut se montrer si taquine
Jeu : un Valentin se cache sur cette photo. Sauras-tu le retrouver ?

Une fois la Lilix récupérée, nous retraversons encore une fois la ville pour aller dîner d’un Zapiekanki, une spécialité locale de street-food qui est comme on aime : trop grasse, trop salée, trop sucrée. Il s’agit d’une baguette de pain coupée sur la longueur, garnie de tomates, de champignons et de fromage, auxquels s’ajoutent tout plein d’ingrédients au choix, hop on fait gratiner tout ça au four, on couvre d’une généreuse couche de sauce et on kiffe sa maman. Un régal.

On n’a bizarrement pas pu terminer

Il pleut à moitié et ça caille quand même pas mal ; nous rentrons à l’hôtel et regardons un film tous les 4 avant de sombrer.

Ce jeudi 31 août est celui de notre retour en France ; notre avion décolle à 16h de l’aéroport de Cracovie. Un taxi viendra nous cueillir devant notre hôtel pour 14h, nous avons donc le temps d’aller visiter le musée national de la ville. Sacs bouclés et remisés dans un recoin de l’hôtel, nous avalons d’abord un solide petit dej’ (qui fera également office de déjeuner).

Matthieu et moi avons face à nous nos deux grands ados, rivés sur leur portable, comme ils le furent la grande majorité du voyage… pas facile pour eux de partir ainsi en vacances avec leurs vieux. Nous sourions en pensant à nos premiers pas de travellers, il y a plus de 7 ans, avec des pioupious en grande dépendance qui nous suivaient partout et s’intéressaient à tout ; nous adorions considérer le monde au travers de leur petit prisme de kikinous et c’était en partie cela qui avait motivé la tenue de ce blog. Ce n’est plus du tout la même limonade aujourd’hui ! Et même si nous en prenons notre parti, même si le plaisir du voyage demeure intact, cette journée marque certainement la dernière en mode « voyage en famille avec les enfants ». Et donc, par là-même, la dernière page de ce blog…

En attendant, Val est bel et bien malade, et Alix ne voit aucun intérêt à visiter un musée. Nous les laissons donc avec leurs portables sur un canapé dans le hall et partons à la découverte des collections permanentes du lieu : mobilier, mode et objets traditionnels du XVIIIeme au XXeme siècle, peinture et sculpture polonaise du XIXeme au XXIeme siècle. Autant le bâtiment est laid et ridiculement grandiose vu de l’extérieur, autant il est agréable et plutôt intimiste en son sein. Nous nous promenons tendrement, il n’y a vraiment pas grand monde, nous savourons l’instant, sachant la fin proche.

Ceci est un parallélépipède rectangle muséal

Et puis, le départ : récupération des sacs, taxi (conduit par un jeune polonais de 23 ans fort bavard et prolixe sur son métier, la vie polonaise, la politique, la jeunesse etc – nous lui posons plein de questions et écoutons ces réponses, dans un très bon anglais nimbé d’un fort accent, c’est chouette), et puis, enfin l’aéroport.

L’avion s’envole. Nous laissons derrière nous ce joli blog que nous avons eu tant de plaisir à écrire. Qui sait, maintenant, ce que l’avenir nous réserve ?

Posted in ...des parents, Cracovie, Pologne.

2 Comments

  1. Le prochain blog sera écrit par Val et Lilix lorsqu’ils emmèneront leurs parents visiter un autre lieu de ce vaste monde…
    Merci pour toutes ces petites scènettes que nous lisons avec le plus grand bonheur et beaucoup de curiosité. Bienvenue chez vous et Toï Toï pour la rentrée de chacun.
    Bon rétablissement Val et gros bisous à vous quatre, nos héros de ce mois d’août.😘👏

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