Vancouver jour 1 – 13 août 2025

Réveil hirsute dans notre suite familiale de Richmond, un bled collé à Vancouver, un genre de Saint-Benoît local pour ceux qui situent. 

On ne sait pas trop où on est, ni quel jour on est, ni quelle heure il est, mais la joviale tête de mon Vava au réveil me donne à penser qu’on s’en fout et que la vie est belle. 

Toto du matin, espoir

Aujourd’hui nous allons devoir faire nos premiers pas à Vancouver (mais d’abord découvrir comment y aller en transport en commun ; nous en sommes à une poignée de kilomètres mais chargés comme des baudets du Poitou), nous installer dans notre AirBnB (mais d’abord prendre des nouvelles de notre logeur, silencieux depuis un peu trop longtemps, devons-nous nous inquiéter ?), et acheter de quoi mitonner la collation de ce soir (mais d’abord nous moquer de Matthieu et de ses formulations aussi désuètes qu’euphémiques, dans la mesure où il est à prévoir qu’on crèvera la dalle en bonne et due forme en soirée). 

Oui, parce que la règle du jeu est clairement énoncée depuis le début : c’est 2 repas maximum par jour (plus un snack en cas de malaise hypoglycémique) ; tout coûte une blindasse ici alors on ne s’attendrit pas.

Synchronisation montre-estomac : pour la première il est 9h heure locale, pour le second il est 18h heure française. On peut décemment songer à aller casser la graine parce que ça gargouille fort là-dedans. En sillonnant les longs couloirs moquettés de notre hôtel, qui semble à lui seul être plus grand, plus propre et mieux achalandé que Poitiers, nous rêvassons aux montagnes de pancakes et aux cascades de sirop d’érable qui nous attendent. Léger désappointement devant la carte : pas de pancake au menu ici. Nous déjeunerons quand même copieusement en prévision de la disette qui nous attend (Val, en fin gourmet, optera pour une assiette de poulet frit / gaufres au sirop d’érable / frites ketchup et nous expliquera que sa religion lui interdit de consommer tout fruit ou légume hors de France). Je chérirai quant à moi les litrons de café « americano » que l’on me servira à volonté ; quoi de meilleur que cette pisse d’âne saveur café dont raffolent nos amis nord-américains ? 

Retour à la chambre, quelques jeux de société (je les ai pulvérisé au Quixx, dans votre face les kikis) puis, valises bouclées, nous nous élançons à la recherche de la Canada Line qui nous permettra de rallier le centre ville, sans trop savoir s’il s’agit d’une ligne de bus, de métro, de tram ou de pédalo. 

Nous entrons dans le métro aérien. Alors que celui-ci s’apprête à s’élancer, il se stoppe et trois policiers armés entrent dans la rame. Ils cherchent  manifestement quelqu’un, sillonnent les allées, inspectent les passagers, le sourcil froncé et la mine patibulaire. Silence de mort dans le wagon. Soudain, l’un d’eux, un solide gaillard boudiné dans son pare-balle, vocifère « get out ! » à l’adresse d’un vieux monsieur décati qui se tassait entre son siège et la volumineuse valise posée sur ses genoux. Après l’avoir saisi sans ménagement au col, il l’expulse brutalement sur le quai, encadré par des deux acolytes, et le métro démarre alors que nous voyons le pauvre hère se faire passer les menottes devant les passagers médusés. Ambiance.

Nous arrivons au terminus de la ligne, sur le front de mer. Nous nous arrêtons sur un coin de trottoir et considérons la scène qui s’offre à nous. Nous voilà dans le quartier historique de Gastown, en bordure d’un des bras de mer qui ceignent la ville. De hauts buildings côtoient de plus petites bâtisses en briques rouges. Nous foulons des trottoirs couverts de larges plaques de béton comme nous les aimions à New York. Les touristes se mêlent aux locaux et il n’est pas toujours aisé de les distinguer ; les vancouverois que nous croisons ici sont sportifs, décontractés. La population asiatique est très présente ; nous apprendrons plus tard qu’elle représente plus de 54 % de la population du grand Vancouver, qui compte près d’un million d’habitants. La ville a vécu tout au long de son histoire plusieurs vagues d’immigration de populations chinoises notamment, mais aussi sud-asiatiques, et se targue d’être un exemple de diversité multi-ethnique et multiculturelle. Le quartier de Chinatown de Vancouver, que nous décidons d’aller écumer dès demain, compte d’ailleurs parmi les plus grands du Canada. 

Pour l’heure, nous sommes dans cette rue agréable, ça sent le graillon typique nord-américain parfumé de tonalités asiatiques. Nous nous arrêtons devant une drôle d’horloge que photographient frénétiquement les touristes (là, pas de doute, ce sont des touristes), un hommage à ce quartier de Gastown qui fut longtemps un spot incontournable pour le transport maritime. 

En plus de cracher de la fumée, parfois elle fait pouët

Nous devons attendre 15h pour prendre possession de notre AirBnB. Aucune réponse du proprio depuis le mail envoyé par Matthieu se matin. En nous coltinant nos valoches et sacs à dos, nous rigolons : hey t’imagines s’il nous plantait ? Ah ah ah, on serait bien comme des couillons ! En ricanant (plus ou moins jaune, va-t-il nous répondre ce connard ?) nous sillonnons les artères de la ville en quadrillage et nous posons dans un centre commercial pour patienter durant les 3 heures restantes. 

Le Gamm’Vert local (ça sent la weed partout dans cette ville)

C’est en pleine partie de jeu des 7 familles (imposé par Lilix) que tombe le couperet de Booking : pour votre logement ah zut on vous avait pas dit ? Ben c’est mort, vous allez être remboursés et si vous trouvez autre chose on fera peut-être un geste commercial. Chouette, merci Booking ! Problème, solution : nous dégotons un hôtel bien placé dans l’hypercentre mais ça va nous coûter 900 balles de plus : le voilà le geste commercial de Booking que nous espérons ! 

Peu de temps après la partie de jeu des 7 familles à 900 balles

Harassés, nous traînons nos bagages sur les quelques kilomètres qui nous séparent de notre nouvel hôtel et prenons possession des lieux. Le décalage horaire nous tabasse encore bien fort et, après avoir fait la photo rigolote devant la fausse cheminée de la chambre, Lilix et moi sombrons dans un profond sommeil. 

L’humour ? Notre passion.

Nous sortons 2 ou 3 heures plus tard pour dîner coréen car le petit dej est loin et on a tous une méchante dalle – nous pressentons que nous mangerons essentiellement asiat’ dans cette ville durant ce séjour… ce qui nous ravit ! 

Le piment nous empêche de nous endormir sur la table

De retour à l’hôtel, Val, ragaillardi par l’épicé gueuleton, s’en ira courir la gueuse locale sur Tinder, en English s’il vous plaît, mais « uniquement pour bosser mon anglais », mais bien sûr mon chéri. 

Valentin essayant de se frotter aux langues locales

Extinction des feux vers 22h, (7h du mat’ heure française, outch), car demain : on crapahute pour de bon ! 

Posted in ...des parents, Canada, Vancouver.

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