Réveil paresseux dans notre hôtel désuet et sympathique. Nous avalons un petit dej grâce aux provisions faites par Matthieu et Val la veille dans un supermarché proche – 2 repas par jour c’est trop chaud à tenir pour nos estomacs.

Bien vite nous nous mettons en route. Je casse les pieds de Matthieu depuis notre arrivée pour aller au Syndicat d’Initiative (terme choisi à dessein pour faire rigoler mon époux), et il s’avère qu’il y a un centre touristique pas très loin, au niveau de l’ancien port à charbon aujourd’hui dévolu aux croisières en ferry pour les riches.
Nous traversons les jolis quartiers d’affaire au pied desquels se trouvent les boutiques de luxe. Les gratte-ciels se disputent aux (rares) bâtiments de briques et l’ensemble, arboré avec goût, offre une balade très agréable.


Entre une joggeuse hype, un homme d’affaire looké et un musicien des rues stagne parfois un junky sous fentanyl, cet opioïde qui ravage le continent nord-américain. Nous avions déjà croisé des consommateurs de cette drogue la veille, debout et recroquevillés sur eux-mêmes, au milieu des passants pressés. Valentin s’interrogera sur leur incroyable faculté à rester sur leurs jambes en étant complètement stone, « ça me donne envie d’essayer, maman », ce que je ne peux qu’encourager car il est de mon rôle de mère de pousser mes enfants à vivre leurs propres expériences. Blague à part : ultra glauque.


Nous arrivons sur le port, pas de Syndicat d’Initiative en vue, mais après tout on s’en fout complètement. Un large paquebot est accosté le long d’une jetée offrant une balade agréable avec vue sur la baie. La promenade est jalonnée de panonceaux détaillant quelques faits historiques (l’incendie de 1886 qui ravagea la ville, l’élan de solidarité des autochtones envers les passagers des vols US détournés suite aux attentats du 11 septembre…) mais aussi des anecdotes bien WTF dont voici un aperçu (big up au cocktail d’orteil) :



Nous flânons avec plaisir, et admirons les rives de la baie en badinant. Au-delà du bras de mer et de ses hydravions qui décollent et amerrissent sans discontinuer, Vancouver Nord et surtout le berceau de nombreuses populations indiennes.



Nous repartons mollement en direction de Gastown. La ville est décidément agréable et nous nous offrons un stop dans une boutique de touristes où sont vendues à prix d’or tout un tas de saloperies estampillées « Canada ».




Des panneaux retracent l’histoire des nombreuses communautés indiennes du coin (des centaines de Nations Autochtones dénombrées en Colombie Britannique) et des traités permettant (plus ou moins sereinement) le vivre-ensemble sur le territoire du grand Vancouver. Valentin appréciera l’étonnante orthographe du peuple Squamich.

Nous quittons Gastown pour aller déjeuner à Chinatown. Au fil des blocks le décor change, et en quelques rues nous nous retrouvons dans ce qui ressemble fort à un No man’s land. Les bâtiments tombent en ruine, tout est sale, les sdf sont plus nombreux que les passants, et nous devons slalomer entre les zombies fentanylés jusqu’au trognon pour tracer notre chemin. L’odeur est pestilentielle, car dans leur état de léthargie ils ne contrôlent plus ni leur esprit ni leur corps. Val verra un type casser sa seringue en se piquant sans même s’en rendre compte et j’arriverai à voler une photo d’un type fumant du crack entouré de ses camarades zombifiés.

Au détour d’une rue, brutalement, nous voici dans la proprette Chinatown, animée et fleurie. Nous sommes abasourdis par l’indicible violence de ce que nous venons de vivre. Il y a les images des infos, des réseaux, mais d’avoir croisé les regards de ces gens, d’avoir vu l’isolement, la détresse, la fin de tout espoir, d’en avoir senti l’odeur presque jusque dans notre bouche nous a durablement heurté.
Nous déambulons dans Chinatown et finissons par nous poser dans un resto japonais où nous dégustons les meilleurs ramen du monde. Ça va mieux.



Nous reprenons notre balade en admirant les curiosités qui s’offrent à nous.


Nous montons dans un aquabus bariolé pour nous rendre sur Granville Island, haut lieu de l’artisanat local (et aussi belle machine à touristes). L’île offre une balade so trendy so arty, un gigantesque marché couvert permet la découverte de toutes les spécialités locales. Les familles se divertissent et se reposent dans les nombreuses infrastructures et autres jeux d’eau, ça chine, ça grignote et boit des coups. Le temps est gris et frisquet mais propice à la flânerie. On est bien.






Retour à l’hôtel après quelques courses, aujourd’hui plus de 16 bornes au compteur ! Nous dînons de quelques tartines et trouvons vite le sommeil dans nos draps immaculés.

Coucou Elsa,
Vous voilà tous partis pour de nouvelles aventures, c’est vraiment chouette de te lire, toujours cette écriture imagée.
On en reprendrait bien un peu, ça tombe bien, ce n’est que le début.
Merci je voyage de chez moi, toujours en Sicile, peut-être un peu plus car j’ai acheté un terrain avec un petit « deposito » tout en pierres.
La bise
mon numéro est désormais italien +39293496453