Tallinn, pour qu’elle revienne – 24 août 2023

Grasse mat’ sur fond de mal aux cheveux suite à notre virée « ouah c’est trop joli Tallinn la nuit oh regarde ici la pinte est pas chère ». Le tableau devant notre lit nous ramène gentiment à la réalité.

Nous parvenons à sortir de notre tanière à midi bien tapée en quête du meilleur resto de la ville en matière de burgers dixit Google, et il s’y connaît Google, en burgers. Nous réussissons une fois de plus à ne pas nous mettre d’accord sur la direction à suivre (ça nous arrive de plus en plus souvent pendant ce voyage) et tournons tout un moment comme des couillons dans les rues avant de nous rendre compte que les fameux burgers nous attendaient à 100 mètres de l’appart. Déjeuner délicieux, copieux et fort calorique ; qui est motivé pour aller visiter les remparts ? Vote à main levée : la sieste digestive l’emporte à 3 voix contre une (je soupçonne Matthieu d’avoir voté “remparts” pour faire son intéressant, sachant pertinemment que ça se terminerait par un roupillon). Nous retournons nous coucher dans un bruit mol.

Un dodo plus tard, l’énergie est de nouveau à bloc, sauf pour Val qui doit encore dormir un peu pour rattraper sa nuit passée sur l’ordi à discuter avec ses copains. C’est donc avec la seule Lilix que nous partons nous balader.

Elle abuse quand même pas mal cette petite

Nous sillonnons la vieille ville, le nez en l’air ; Tallinn est décidément charmante de jour comme de nuit. Les bâtiments historiques bien retapés évoquent la richesse du passé de la cité : les influences se croisent et se superposent. Les architectures scandinaves, allemandes et russes se marient pour donner un cachet tout particulier à cette vieille ville (notons le fait, simple mais efficace, que tous les fils électriques sont enterrés et qu’il n’y a nulle part de vieux panneaux publicitaires tous moches : ça joue énormément). Nous croisons des églises et cathédrales orthodoxes et luthériennes, longeons d’imposants remparts, admirons de belles maisons de maître, des tours imposantes, des vestiges de forteresses, des palais rococos, du romantique, de l’art nouveau, de l’art contemporain, du street art. Dans les nombreux parcs, places et rues pavées, ça grouille de vie, de nombreux touristes bien sûr, mais aussi plein de jeunes locaux en joyeuse baroude. Ça mange, ça boit, on entend de la musique un peu partout, ça s’apostrophe et ça rigole fort : c’est super sympa.

Ça c’est le Parlement estonien. Il est rose.
Jeu : un de ces 2 personnages n’a pas dit un mot de la journée. Sauras-tu deviner lequel ?
Sur la place de la mairie, un salon de lecture en libre service

Nous entrons, au sommet de la vieille ville, en la massive cathédrale orthodoxe d’Alexandre Nevsky, baroquo-rococo à souhait. A l’intérieur des fidèles prient avec ferveur, surtout des femmes aux cheveux couverts de foulards fleuris, sous les yeux de grandes icônes qui ont toutes l’air très très tristes mais qui sont habillées en doré clinquant qui brille je te raconte pas.

Plus loin, sur une grande place, un concert se prépare (Matthieu a repéré la télé locale, il a des antennes pour ça Matthieu, il te repère un journaliste à micro à 100 bornes à la ronde). Il s’agit manifestement d’un concert pro-Ukraine car les Estoniens ont l’air d’être de fervents partisans de leur cause, ayant eux-mêmes subi pendant longtemps un violent joug soviétique.

Confirmation un peu plus tard encore, lorsque nous boirons un verre en terrasse au son des cris de manifestants brandissant drapeaux et banderoles devant l’ambassade de Russie.

Retour à l’appartement pour cueillir le Vava, rassénéré par sa sieste de 5 heures, le brave petit père. Nous revoilà partis pour un tour, à la tombée de la nuit, dans la vieille ville. Les lumières et les lampions s’allument peu à peu.

Nous allons faire un tour sur la place où le concert se préparait tout à l’heure : elle est noire de monde. Nous assistons à la sautillante prestation d’une chanteuse ukrainienne nommée Ruslana, qui a bien du talent puisqu’elle a gagné l’Eurovision en 2004 et a été députée européenne en 2006-2007 ; ils sont marrants les Ukrainiens à cumuler les casquettes. La chanteuse s’adresse à son public en Anglais et risque quelques mots en Estonien ; hourras de la foule, puis la musique repart, ça chante en coeur, danse, tape dans les mains. C’est sympa mais soyons honnête : ça vaut pas tripette.

Tant que personne ne lui dira que c’est ridicule il y a fort à parier qu’elle continue

Nous nous éloignons et les enfants nous signalent dans l’oreillette qu’ils ont la dalle, mais c’est pas vrai ils pensent qu’à bouffer ces deux-là ! Nous optons pour un resto local, dont la déco en mode taverne moyenâgeuse nous séduira beaucoup, surtout Lilix (non, pas du tout en fait), mais il se trouve que Matthieu et Val veulent manger un Borscht, (et non Kloug, mais ça aurait pu), une soupe à la viande, au chou et à la patate servie dans une écuelle au pain aillé, je sens que la nuit va être torride.

L’entrée du resto
Joie
Jeu : un seul de ces 3 chevaliers a un slip en fer. Sauras-tu deviner lequel ?

Nous rentrons à l’appartement, ravis de ce moment d’extrême raffinement et d’élégance de haut vol. Il est tard, on a quand même tapé nos 13 bornes aujourd’hui, la fatigue nous tombe dessus, mais nom d’un chien hors de question de quitter le pays sans avoir fait un sauna ! Nous partons demain pour la Pologne alors c’est maintenant ou jamais. Arrivés à la maison, hop tout le monde à la douche, hop tout le monde en costume de bain (ou à poil c’est selon), et Matthieu s’attaque à l’allumage du bouzin. La vie est merveilleuse : notre sauna fonctionne grâce à la fée électricité ; nous n’aurons donc pas à galérer avec une allumette et une bûche de la taille d’un baobab. Enfin, nous prenons place tous les 4 dans la touffeur mentholée du sauna et transpirons béatement, savourant cet instant attendu. Quel plaisir ! Pour se la jouer nordique nous passons ensuite sous une douche froide (argh) puis allons nous coucher, la peau toute douce, heureux de cette belle journée, envahis par un doux sentiment de complétude.

Posted in ...des parents, Estonie, Tallinn.

3 Comments

    • Ou peut-être la faute à ce shampoing sec qu’on s’est baladé tout le voyage ! J’y avais mis le prix pourtant. Il nous aura fallu 15 jours pour convenir, collégialement, que c’était une sacrée mauvaise idée, on est tous les 4 bien attaqués.

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