Les petits poissons d’Amed – 25 mars

Ce matin, Elsa a 34 ans. Si tu n’a pas encore de scooter à 34 ans… tu n’as qu’à en louer un. C’est chose faite à l’occasion d’un petit déjeuner combo pan-cake/scooter proposé par notre guesthouse.

Nous partons vers l’est d’Amed, à la recherche d’une épave de bateau japonais accessible aux snorkeleurs débutants. La route, sinueuse, s’accroche au relief et laisse échapper de merveilleux panoramas entre les palmiers dès que la côte esquisse une presqu’île. Le soleil, déjà haut, limite nos arrêts contemplatifs et autre « point – Google Maps » car nous préférons largement l’ombre des arbres et le rafraîchissement des 40 km/h de notre allure.

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Nous serpentons ainsi pendant une vingtaine de minutes, dépassant de nombreux centres de plongée vantant la possibilité de « plonger en français » – ce qui ne lassera jamais de m’étonner, tous ces poissons qui comprennent le français ici, c’est dingue !

Enfin nous atteignons notre destination, dans une petite crique où quelques plongeurs et snorkeleurs partent à la nage vers une bouée indiquant la position de l’épave. Nous cherchons à louer du matériel, descendons vers la plage et discutons le bout de gras avec de nombreux autochtones alanguis sur les rochers. On nous propose également une sortie vers le « coral garden » étalé dans deux autres criques un peu plus loin, accessibles en bateau. Nous avions repéré ce deuxième site de snorkeling et décidons d’opter pour la proposition bateau + pilote + guide pour gagner en efficacité.

En effet, pas évident d’apprécier depuis la plage les zones particulièrement préservées 2 mètres en dessous. Notre bateau sert chaque nuit pour la pêche, c’est une embarcation typique du coin, 2 flotteurs autrefois en bambou, aujourd’hui en PVC (conduite d’évacuation, diamètre 100), de part et d’autre d’une coque aussi fine que profonde. Archimède voit juste comme toujours, et les proportions de l’engin semblent étudiées pour ramer et pêcher debout tout en limitant la trainée dans l’eau. Notre pêcheur reconverti en pilote pour l’occasion nous dépose sur un premier site. Le guide s’élance, se jeter à l’eau posera beaucoup moins de souci que la remontée à bord. Sous l’eau, nous croisons quelques bancs de poissons bien ordonnés, ici on se déplace en famille visiblement. Au fond, les coraux semblent en bonne santé, mais décidément la distance qui nous en sépare nous frustre un peu. Plus mer-à-mer, nous éprouvons quelques soucis de matériel. Le masque de Val prend l’eau, de même que mon tuba. Heureusement un masque de secours embarqué au dernier moment mettra fin à la tourmente d’Elsa, occupée à l’assembler façon tupperware sur le visage de Val, tout en glapissant et palmant avec frénésie contre ce coup du sort. Il faut ajouter que deux minutes plus tôt, elle avait déjà du se cogner une descente en apnée pour récupérer l’une des palmes de son fils. Pour ma part, je stoppe chaque inspiration dès que je sens la délicieuse eau salée s’approcher de mes poumons, avant d’expirer brutalement pour libérer le tuba en prévision du prochain cycle. Vu de la surface, je dois donner l’impression d’un fardier de Cugnot culminant à 4 tours/minute. Alix s’agite communément dans tous les sens, dans le sillage de notre guide. Le bateau nous suit de loin tandis que nous dérivons dans le courant. Nous remonterons à bord pour nous décaler de quelques centaines de mètres avant de retourner à l’eau plusieurs fois.

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A l’issue de notre dernier arrêt, alors que les enfants, lassés, jouent autour des flotteurs du bateau, le guide m’encourage à le suivre. Nous traçons au dessus de coraux intacts, plus près de la plage donc moins profonds. Soudain mon guide se fige et me désigne une zone, je finis par y distinguer un gros poisson qui déambule en rasant le sable, se faisant visiblement respecter du reste de la populace. Après plusieurs minutes d’observation je fais surface pour demander innocemment : « what kind of fish is it? », mon guide entend parfaitement, acquiesce et retire son tuba pour me répondre assez doctement : « big fish ».

Nous faisons route vers notre plage de départ, puis après un rapide échange de tuba pour retrouver un rythme pulmonaire normal, tout la famille s’élance vers la fameuse épave. Très bonne nouvelle, le bateau gît très près de la surface. Cassé en deux, sa coque accueille plusieurs coraux et abrite surtout quelques colonies de poissons, étonnamment bien rangés les uns à côté des autres, malgré le courant qui ne fait pas semblant à cet endroit. Rapidement d’ailleurs, les enfants se laisseront dériver vers la plage où ils préfèreront finalement évoluer dans 30 cm d’eau à contempler les galets moussus. Elsa et moi poursuivons notre exploration par de petites apnées autour de l’épave, notre première épave, quoi !

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Nous sortons de l’eau bien épuisés. L’unique warung du coin nous tend ses chaises en plastique, nous nous y affalons en maillot de bain et commandons nos plats. Comme toujours à Bali ils nous arriveront après plus de 20 minutes d’attente, dans un joyeux désordre. Cela nous laisse le temps de trouver un hébergement dans nos tarifs à Gili Meno, l’une des trois îles Gili accessibles en bateau depuis Amed. Le concept « plage de sable blanc » nous titille, et notre loueur de tuba percé nous promet un bon prix concernant la traversée. Comme l’essentiel des commerçants d’Amed, il vend des billets de bateau.

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Une fois le repas avalé et la guesthouse trouvée, nous négocions sévèrement – notre plus beau succès balinais – nos billets pour un départ le lendemain matin.

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De retour à notre guesthouse, nous rendons les scooters car l’après-midi s’annonce siesteuse. Nous alignerons tout de même 2 bonnes heures de travail scolaire avant d’aller diner, sur place, en prévision d’un réveil matinal pour ne pas manquer notre embarquement.

 

Posted in ...des parents, Amed, Bali, Indonésie.

One Comment

  1. Une expérience étonnante dans un décor incroyable, merci mon Matthieu quelle belle journée, vous nous faites bien baver…… très bonne suite à vous bises

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