La croisière s’Ha Muse – 8 mars

(Désolé pour le titre, la fatigue sans doute, 4 posts de retard bouclés dans la même journée !)

Réveil à 7h, soit exactement 1 minute avant le démarrage du perforateur dans l’hôtel d’à côté. Alix a les pommettes rouges comme sur la couverture de « Martine a 39,6 » ! Elle ne se plaint pas.

Nous sortons néanmoins notre trousse à pharmacie de compet’, où bien sûr nous n’avons pas daigné glisser de thermomètre. Un demi-Advil adulte plus tard, nous descendons au petit-déjeuner. A Cat Ba lorsqu’on demande un pan cake on nous apporte un PAN-CAKE. Les enfants ne parviennent pas à le terminer. Il est déjà l’heure de courir à l’embarcadère rejoindre notre groupe d’une vingtaine de touristes. Nous montons sur une belle jonque en bois, capable d’accueillir 4 fois plus de monde. La basse saison, ça a du bon. La veille l’agence nous promettait du beau temps. Confiants nous arborons nos t-shirts à manches courtes. Au bout de 5 minutes en mer, nous nous enrubannons dans tout se qui peut se porter. Nous ne lâchons pas Alix, qui va et vient avec Val entre le pont principal et la terrasse supérieure. Ce sont les seuls porteurs de gilets de sauvetage – à leur taille et dans un état impeccable – ce qui tombe assez bien vu que les bords du bateau ne comportent pas systématiquement de garde-fou.

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Nous traversons les villages de pêcheurs, flottants dans la baie de Lan Ha au large de Cat Ba, à quelques kilomètres d’Ha Long. Des centaines de bidons de pétrole vides servent de flotteurs à des dizaines de petites maisons, petits commerces, petites placettes et autres restaurants couverts, attachés les uns aux autres et amarrés à l’abri des roches karstiques. Cette baie offre un refuge pour près de 2.000 personnes. A l’origine bon nombre de ces pêcheurs vivaient à terre, mais le prix de l’immobilier à Cat Ba les a poussé à construire ces villages flottants. Chaque maison de pêcheur est entourée de bassins délimités par des filets de pêche. La pêche du jour y est stockée et engraissée pour maximiser la vente. Au détour d’une falaise apparait parfois une minuscule plage de sable fin, totalement inaccessible par la falaise. Les plus grandes sont systématiquement colonisées : bungalows et embarcadère forment un hôtel du bout du monde, muni de sa plage plus que privée.

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2 heures de croisière s’écoulent, plusieurs roches nous apparaissent sous les traits d’un animal dont elle porte généralement le nom : le lion, la tortue, le lapin etc. Nous finissons par jeter l’ancre à un « carrefour » d’où partent plusieurs bras de mer. Une dizaine de kayaks sortent de nulle part, Alix est surmotivée, son doliprane de 11h a visiblement donné de meilleurs résultats que l’Advil. J’embarque avec elle, Elsa et Valentin suivent. Descendre l’échelle jusqu’au kayak demande un certain courage, en passant dans les premiers les enfants montrent l’exemple à tout le groupe, essentiellement constitué de couples de tous âges, australiens, allemands, autrichiens et français.

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Chez les Bourmentier, le canoë, on maîtrise. Encouragés par notre guide vietnamien, nous voici partis dans une grotte obscure à la seule lueur de nos lampes frontales, par delà la pancarte « danger, entrée interdite », pour 5 minutes de lutte contre les courants marins avant de déboucher dans un lagon d’une beauté et d’une paix incroyables.

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Ce n’est pas un lagon de poche, il doit mesurer un bon kilomètre carré. Tout autour les roches couvertes de jungle forment un cirque qui s’élève à une centaine de mètres d’altitude. Des rapaces tournoient au dessus de nos têtes. Valentin croit entendre des singes et se met à imiter leurs cris pour les convoquer. Alix a envie de pipi. Elsa et moi opérons un rapproché-selfie pour penser à autre chose et savourer nos impressions.

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Je me fiche de Valentin, prétendant que ces crissements qu’il a entendus sont certainement ceux de criquets géants. Il ne se laisse pas démonter et insiste. Au bout d’un quart d’heure, depuis l’autre bout du lagon où Alix et moi étions partis vérifier la clarté de l’eau, j’entends Elsa crier « silence » et soulever sa pagaie au dessus de sa tête, Valentin cessera d’appeler les singes pendant quelques minutes.

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Nous reprenons notre galerie obscure – d’ailleurs impraticable à marée haute, d’où la pancarte – avant de poursuivre l’exploration d’un autre bras de mer. Nous atteignons rapidement un nouveau cul-de-sac rocheux au pied duquel un nouveau passage, dont on devine cette fois l’extrémité opposée, nous invite à pagayer contre le courant. C’est alors que nous levons la tête à l’invite de Valentin, qui n’a pas perdu de vue son rendez-vous simiesque. Au dessus de nous, à flanc de falaise, il a repéré des branchages en mouvement. Tout le groupe rétro-rame, bouchant l’entrée du passage, puis écarquille les yeux. Enfin nous les apercevons, des semnopithèques à tête dorée (bon, on vous sort pas le nom comme ça à brûle-pourpoint, on s’est renseigné après coup). Et justement, ces singes en voie de disparition – si l’autoroute de la disparition allait de Poitiers à Paris, ils en seraient rendu à Versailles, moins de 70 spécimens vivent encore ici – batifolent dans les feuillages, surgissent sur un rocher, nous regardent une bonne minute avant de repartir à l’ombre… Ils sont en famille, nous en dénombrerons plus d’une vingtaine. Je fais amende honorable auprès de mon fils, jetant au loin mes supputations de criquets géants.

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Quelques dizaines de minutes plus tard notre petit groupe à l’allure contemplative se fait déborder par une quarantaine de kayaks bruyants, emmenés par le double de ce que nous prendrons pour des américano-anglo-australiens, âgés de 25 à 30 ans, qui pagaient d’une main pendant qu’ils sifflent une bière de l’autre, unis autour d’un kayak amiral embarquant… une sono !

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Ces abrutis apportent leur musique dans le paradis sauvage d’Ha Long, couvrant tout cri d’oiseau, de singes, tout clapotis d’eau ou brame de criquet. Nous nous insurgeons, c’est là tout ce que nous pouvons faire. La pagayade s’achèvera au bout de 2 heures par un accostage réussi au pied de l’échelle de notre jonque, le temps de constater que nous n’avons plus qu’à nous mettre à table, le déjeuner est servi, copieux et simplement délicieux. Nous déjeunons avec une allemande, un italien, et ce que nous considérerons comme son boyfriend allemand, mais bon, j’ai déjà donné avec les criquets, alors je m’abstiens d’en rajouter.

Le navire reprend sa croisière et Alix un Advil, elle s’enroule dans une couverture et dormira tout l’aprèm. Elsa la suit. Valentin fait des allers-retours avec la passerelle et ne se lasse pas du paysage. Je navigue de groupe en groupe pour discuter d’un peu de tout.

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Vers 16h, tout le monde est sur le pont à part Alix qui ne bronche pas sur sa couche, l’ancre est jetée à une cinquantaine de mètres d’une plage officiellement déserte, sauf qu’un petit bateau électrique vient d’y déposer 15 cartes vermeil (je commence à être un peu vieux pour faire cette blague, je sais). A cause des coraux notre jonque n’ira pas plus près. Les plus courageux grimpent sur le pont supérieur pour sauter à l’eau. Elsa les court-circuite depuis le pont principal, grimpe sur le bastingage et nous gratifie d’un saut de l’ange d’une perfection troublante. Elle entre dans l’eau sans un clapot, signe des grands ! Juste après sa remontée, son cri déchire l’air, car une eau à 16 degrés, ça réveille. Valentin s’élance à son tour, puis je les suis. Notre troupe aborde la plage à toute vitesse, car une eau à 16 degrés, ça motive. Tous poils hérissés, nous parcourons la langue de sable à la recherche d’huîtres perlières et autres trésors.

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De retour à bord, nous faisons route vers Cat Ba. La soirée se passera au ralenti, Alix ne va pas beaucoup mieux. Nous avons quelques doutes pour notre excursion du lendemain. Mais les paysages et activités du jour entretiennent nos sourires et notre chance d’être ici. Tant pis pour les devoirs et les compte-rendus. Endormissement paisible.

Posted in ...des parents, Ha Long, Vietnam.

5 Comments

  1. Quels magnifiques paysages! Vous avez passé une journée magnifique. J’espère que Lilix va mieux maintenant. Bravo à Valentin pour sa perspicacité. Son oreille de musicien ne l’a pas trompé et les singes ont dû faire rougir de honte son papa… Nous suivons toujours vos aventures avec bonheur.
    Hier, nous sommes allés entendre un groupe vraiment drôle et vocalement de haute volée. Il s’agit des « Swinging Poules », trois chanteuses (dont l’une fait partie du Choeur de Lille) et un pianiste chanteur membre du Choeur de l’Armée. Toutes les chansons sont merveilleusement arrangées et humoristiques. Les chorégraphies et les textes hilarants. Il faut que vous découvriez ce groupe un jour. Nous vous embrassons affectueusement!

    • Mais carrément ça a l’air super!!! Avec plaisir chers Biv et Sylvie ! Béa est elle toujours parmi vous ? Si oui, je l’embrasse, sinon… Je l’embrasse aussi ! La petite Lilix va mieux mais tousse comme un vieux tuberculeux syphilitique, bonjour l’ambiance. Encore un peu de fièvre, on la surveille comme le lait sur le feu. De mon côté je pense souffrir de la même saloperie de virus qui me provoque de nombreux vertiges et migraines ophtalmo… On a vraiment besoin de repos! Bises à vous et à bientot

  2. Waou, la classe la rencontre avec les singes à tête dorée. Bravo Valentin. C’est magnifique, les montagnes aussi donnent envie, j’avoue que je suis plus nature que ville. Mais quelle fabuleuse équipe vous formez ! Et Alix qui crapahute même malade ! Vraiment chouette voyage et surtout ce que vous en faites ! Et on apprend plein de choses sur un pays et une culture que je ne connaissais pas. Bises à tous

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