Happy Birthday Kadek – 23 mars

Aujourd’hui, notre guesthouse’man et désormais ami Kadek fête son anniversaire, auquel nous avons l’honneur d’être convié. Honneur : le mot est juste, nous expliquent les balinais avec qui nous causons ; en Indonésie, un anniversaire tient davantage de la cérémonie que de la surboum d’anniv’ cotillonesque de chez nous.

Nous le ressentons confusément dans l’agitation qui entoure les préparatifs ; à l’origine, la fête démarrait à 15 heures, puis en fait, ça sera 13 heures, ah non plus possible, l’horaire définitif est finalement arrêté la veille au soir : rendez-vous à 10 heures du mat’ chez Kadek. Le matin, nous tâchons de nous faire beaux avec les moyens du bord ; ma chérie, le défi du jour est : être chic en Quetchua. Bon, ça s’annonce difficile, disons que notre sourire fera l’affaire… Alix a une longueur d’avance : elle fait péter la tenue tradi vietnamienne qui, même hors de propos à Bali, a le mérite d’être très jolie.

Kadek (tout frétillant) et son frère Putu (prononcer Poutou, merci pour lui) arrivent à la guesthouse avec trois bons quarts d’heure d’avance pour nous amener à la fête ; nous sommes encore en mode salle de bain, c’est pénible cette manie qu’ont les balinais d’être toujours en avance ! Je finis de coiffer Alix en speed (aïe tu me fais mal maman), me lave les dents en avalant dentifrice, mousse et brosse à dent, vite, pas l’temps, Matthieu enfile un tee-shirt à Val qui comme souvent plane à cent miles, et hop nous sommes prêts ! En passant par l’accueil, je croise la chérie de Kadek, également prénommée Putu (merci pour elle), qui me montre avec force cachotteries le magnifique gâteau (une forêt noire) que nous offriront tout à l’heure. L’ensemble du personnel est là qui trépigne, les yeux brillants ; je devine que cette incursion dans la vie perso de l’un des leurs n’est pas monnaie courante. Prévoyants, ils ont pensé à tout : le gâteau sera emmené par Monika, notre si gentille voisine de chambre australienne, qui arrivera un peu plus tard avec Jacqueline, son amie canadienne, et d’autres copains allemands que nous ne connaissons pas encore. Nous montons dans la voiture et, après un rapide stop à l’épicerie pour acheter un impressionnant stock de bière qui nous fait réfléchir quant à la sobriété de mise dans les cérémonies d’anniversaires balinais, nous arrivons chez Kadek.

 

Pour aller chez Kadek, on doit quitter la grande route pour s’engager sur une petite voie au bitume défoncé s’enfonçant dans la jungle, puis bifurquer sur un mini chemin juste assez large pour laisser passer un scooter, parsemé de ruisseaux, de nids de poules et… de poules. On passe quelques habitations précaires, et nous y sommes : une courette en terre battue soigneusement balayée, ceinte de deux bâtiments (ici les pièces d’eau, là les chambres et un living room). L’extérieur est partiellement ombragé, à trois ou quatre endroits, par des toitures de tôle ondulée offrant une ombre bienvenue – il fait déjà bien 35 degrés. Une trentaine de personnes s’affairent à la popote, et lèvent une tête curieuse à notre arrivée.

 

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Kadek mère

 

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Les parents de Kadek nous accueillent chaleureusement, et nous prient de nous installer. Timides, nous regardons autour de nous. Les femmes sont réunies dans un coin, leurs bébés dans les bras, et préparent le riz, écrasent les épices au pilon, s’occupent des cuissons des légumes qui mijotent dans deux énormes chaudrons sous lesquels brûle un grand feu, à même le sol de la cour. Les messieurs, eux, forment un groupe bien distinct et s’occupent des préparations plus viriles, assis sur une natte élimée posée au sol : émincer herbes et abats de cochon avec des machettes monstrueuses, assembler les brochettes sur des piques de bois acérées, le tout en s’envoyant de grandes rasades d’arak et de tuak, un vin de palme jeune (la bernache locale, pour ceux qui connaissent) conditionnés dans des bidons de plastique ayant probablement contenu du sans-plomb 98 un jour.

 

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Mais où est donc la star de la fête, le babi guling, le plat dont raffolent les gourmets balinais, celui des grandes occasions, dont Kadek nous rabat les oreilles depuis 5 jours, bref, il est où le cochon ? Il est là, au fond de la cour, entier mais ventre ouvert, embroché par un énorme bambou qui le traverse de part en part au dessus d’un grand feu de coquilles de noix de coco. Un préposé au cochon fait laborieusement tourner la broche à la force de ses bras (pas facile, la bestiole doit peser près de soixante kilos), entre deux gorgées d’arak. Les autres surveillent de loin et l’apostrophent quand le rythme faiblit. On s’empresse de nous mener voir ça de plus près ; tout le monde se tait pour observer notre réaction. C’est l’heure de cacher notre malaise face à cette vision peu ragoûtante à laquelle nous ne sommes pas habitués, sous peine d’offenser gravement Kadek (qui jubile, fier comme tout) et sa famille. Matthieu dégaine la caméra et entreprend de filmer l’ensemble, tandis que j’admire et félicite sincèrement l’assemblée pour ce superbe travail d’équipe, songeant aux 72000 appareils de cuisine qui remplissent mes placards à Poitiers et sans lesquels je ne puis râper une carotte.

 

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Valentin, peu sensible au festin qui se prépare, reluque le cochon qui rôtit en commentant à sa manière, tout sourire, à la Bart Simpson (« trop deg’, on voit la boyasse, c’est super gore, trop cool »). Seule la petite Lilix blêmit : elle reconnaît le mignon cochonounet que nous avons vu, encore vif, deux jours plus tôt. Je m’empresse de l’éloigner et l’emmène voir la dizaine de gamins débraillés qui piaillent à l’ombre d’un bananier ployant sous le poids des fruits. Ils jouent aux osselets avec de superbes coquillages ramassés sur la plage voisine. Malgré la barrière de la langue, Alix s’intègre aussitôt et ne les lâchera plus de la journée ; venant d’elle, le contraire eût été surprenant.

 

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Quand je reviens vers Matthieu, il ne filme plus car il tient un verre d’arak, qu’il sirote dans un effort visible. Ne buvant que très peu d’alcool, il me regarde tendrement et me dit que je suis belle :  » je te le dis une dernière fois car il est probable qu’après ce verre je devienne aveugle ». Étant une femme, on me tend un verre de Sprite, que j’accepte vaguement déçue. Kadek nous présente alors une petite assiette garnie d’une viande fumante : c’est le cœur du cochon, nous dit-il, très fin, le meilleur ! Moi qui n’apprécie ni le cochon ni les abats, je lève des yeux suppliants vers Matthieu, qui aussitôt m’ordonne, entre ses dents serrées dans un sourire crispé : mange. La dégustation qui suivra évoquera la scène du kloug dans « Le père Noël est une ordure » : je ne sais pas si vous avez vu Thérèse mais il y a une deuxième couche à l’intérieur ! Il est 10 heures du mat’, nous faisons couler le cœur du cochon avec de l’arak tiède : la journée s’annonce bien.

 

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Soudain, tous les hommes se lèvent et s’installent sur une natte déposée à l’autre bout du jardin. Les femmes s’empressent de les servir, leur apportant viande, légumes, sauces et riz.

 

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Plantés là comme des imbéciles, nous interrogeons Kadek : devons-nous les rejoindre ? Non, nous répond-il, vous êtes mes invités, vous allez venir prier Brama avec moi. Tandis que Val rejoint les enfants pour jouer, nous nous vêtons de sarongs, et suivons Kadek mère, Kadek fils et la grand-mère dans le temple familial au fond du jardin. L’autel est habillé d’offrandes de fleurs, de riz, d’eau florale et d’encens. Nous nous agenouillons devant, pieds nus sur le bitume brûlant, nous sommes en plein soleil et ruisselons littéralement. Sous nos yeux éberlués, deux hommes amènent le cochon fumant tout juste débroché et le déposent précautionneusement sur l’autel, en piquant un morceau de son cœur sur chacune de ses oreilles.

 

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Nous hallucinons en silence, mais après tout c’est logique : les dieux et les esprits sont eux aussi de la fête, ils ont donc droit eux aussi à leur part du festin. L’heure est maintenant à la prière. Kadek mère nous invite à l’imiter, et, mains jointes sur le front, entame une litanie lancinante de sa belle voix cassée, psalmodiant Brama et Shiva. Concentrés, nous laissons la sueur perler le long de nos tempes, yeux fermés, dans une torpeur aussi éprouvante qu’agréable. Parfois, Kadek mère nous invite à saisir quelques une des fleurs disposées sur le petit panier de feuille de bananier devant nous ; attention, il ne faut pas prendre n’importe quelle fleur ! La litanie reprend, mains jointes, Om, l’encens nous étourdit, le soleil nous enveloppe, la tête nous tourne. La grand-mère saisit soudain un petit fagot, le présente respectueusement à l’autel, puis le tend à chacun de nous pour que nous en déchirions une feuille entre nos doigts. Cela fait, elle attrape un second fagot, le trempe dans un bol d’eau florale, et en asperge l’autel, le cochon et chacun de nous. Puis, elle saisit une petite pincée de riz cru, la trempe dans l’eau florale, et se la colle sur le front et sur le plexus solaire. Nous en faisons autant : la cérémonie est terminée.

 

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Kadek fils, très ému, s’approche de nous et, les mains sur nos épaules, nous remercie solennellement de notre présence. « Vous êtes maintenant mes amis, nous confie-t-il gravement, nous sommes liés, je vous souhaite bonheur et réussite à vous et votre famille. Dites-le aux gens de votre pays, qu’ici à Bali, nous sommes bons, simples, ouverts. Que Bali offre des expériences humaines fortes et authentiques. Que l’amitié, ici, n’est pas un vain mot. » Ses yeux sont mouillés de larmes. Kadek mère sourit, s’incline devant nous et nous prend dans ses bras ; l’émotion nous étreint. Nous quittons l’autel et gagnons un coin d’ombre ; Matthieu et moi nous regardons sans mots, abasourdis, émus.

 

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Une petite voix stridente nous ramène sur terre : « c’est quand qu’on mange, je vous ferais dire ? », demande Lilix, les mains sur les hanches et talonnée de deux fillettes qui la suivent partout et la bouffent sans arrêt des yeux. « Maintenant », dit Kadek. En effet, une natte parsemée de divers plats a été dressée à l’ombre d’une terrasse pour nous. Les femmes, elles aussi, déjeunent avec les enfants, dans leur coin. Les hommes, eux, ont terminé leur repas et, tandis que des femmes débarrassent, s’appliquent à mélanger arak, liqueur d’orange et Sprite dans des bidons de plastique, des pichets et n’importe quel contenant, puis pilent de gros pains de glace, dégainent les bouteilles de bière (bouteilles d’un litre) et font tourner les cacahuètes crues : les choses sérieuses commencent pour eux. Nous nous installons sur notre natte avec les invités non membres de la famille (des employés de notre guesthouse qui nous ont rejoint, et d’autres quidams que nous ne connaissons pas).

 

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Nous dégustons alors le fameux cochon grillé qui a été débité entre temps à grands coups de machette (le type qui l’a décapité s’est à un moment saisi de la tête du cochon et l’a cocassement fait « parler » comme une marionnette, le sang coulant le long de ses poignets, sous les rires des enfants, tandis que Val écarquillait les yeux, « trop top! »). Kadek, aux petits soins, veille à notre bien-être et nous sert encore et encore.

 

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Le riz nous aide à faire passer la viande, sérieusement épicée, mais tellement délicieuse ! Tout se mange ici : la peau, la cervelle, la chair bien sûr, les abats écrasés au pilon avec du piment. Les légumes et la sauce cacahuète adoucissent et parfument l’ensemble. De curieux petits biscuits de maïs grillés et des beignets de tofu achèvent de nous caler : un régal ! Nous nous levons, alourdis par ce bon repas. Une énorme sono a été allumée et crache un reggae sur-saturé. Les hommes picolent consciencieusement, et sortent peu à peu de leur digne réserve : les éclats de rire commencent à fuser ça et là. Les femmes restent confinées dans leur coin et s’attellent à la vaisselle dans de grosses bassines, à même le sol en terre battue, surveillant d’un œil les enfants qui dessinent avec les feuilles et crayons de couleur que nous leur avons offert un peu plus tôt.

 

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Kadek nous invite à rejoindre le groupe des hommes. Étant la seule femme, je m’inquiète : n’est-ce pas un problème ? Non, me rassure-t-il : tu es une invitée plus qu’une femme ; j’apprécie la nuance. Aussitôt assis, on nous offre arak, bière, cocktails et vin de palme. Les hommes nous regardent boire, hilares ; very good hein ? Yes, very good, et hop on nous ressert. Il est à peine midi, le soleil n’en finit pas de taper, Bob Marley entame pour la 8eme fois « I shot the sherif », certains hommes commencent à danser sur la grande natte, la cérémonie glisse doucement vers le mettage de tête en bonne et due forme.

 

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Les convives sont maintenant tous ivres, et dansent, et rient, et se jettent des sauterelles à la tronche, et fument, et blaguent, et se resservent encore. Les hommes balinais adorent Valentin, l’apostrophent gentiment, l’invitent à danser, lui proposent alcool et cigarettes ; sidéré, Valentin décline et nous regarde, interrogateur. Il faut dire qu’ici, à 10 ans, un garçon est un petit homme ; mon voisin de natte, qui fume et sirote son arak, doit avoir 12 ans tout mouillé. L’après-midi coule ainsi, la chaleur augmentant avec le taux d’alcoolémie général.

 

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Monika arrive avec ses cosmopolites acolytes, on trinque, on danse, on rit, on chante, on continue de grignoter du cochon que servent régulièrement les femmes. Parmi les hommes, trois générations festoient : les jeunes qui s’encanaillent, les intermédiaires qui se donnent à fond, les vieux qui y vont plus doucement et qui veillent au grain. Puis, doucement, la fête bascule dans la beuverie : certains hommes perdent l’équilibre, d’autres tombent, assommés par l’alcool. Les femmes et presque tous les enfants sont partis. Alix et Val considèrent l’assemblée, vaguement inquiets, et surtout désireux d’aller se baigner. Ça tombe bien, car ce n’est vraiment plus un spectacle pour eux ; nous nous hâtons de chanter « joyeux anniversaire » à Kadek, dégustons rapidement une part de gâteau, saluons à la ronde et quittons la maison.

 

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Nous rejoignons la route, suivis par Kadek, ses parents, et un voisin avec qui nous nous sommes liés d’amitié. Ce dernier nous remercie de notre présence, de notre gentillesse et de notre côté festif : sculpteur de son état, il nous offre une de ses créations, une jolie petite grenouille en pierre. Kadek mère est en pleurs ; elle nous aime beaucoup, explique Kadek fils. Elle serre sur son cœur le dessin qu’Alix lui a offert, et l’embrasse fiévreusement. Made, le père de Kadek, prend Matthieu à part et le remercie de notre présence ; ce fut un honneur pour lui de nous accueillir en sa demeure, nous sommes ses amis et sa maison nous sera pour toujours ouverte. Confus, Matthieu le remercie et s’incline.

 

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Nous grimpons en voiture (Putu, le frangin, est resté sobre pour l’occasion, et conduit la voiture), et rallions la guesthouse. Nous retrouvons nos amis australiens, allemands, canadiens, et passerons le restant de la journée à discuter de ce fol anniversaire, entre deux ploufs dans la piscine. La nuit est tombée, les enfants regardent un film dans leur chambre fraîche en dînant d’un nasi goreng. Nous les adultes continuons de deviser tous ensemble, sur notre terrasse en tek, au clair de lune, en croquant des fruits frais. Matthieu et l’Allemand ont beaucoup de choses à se dire : ce monsieur est spécialisé dans la rénovation de matériel audio vintage ; when a geek meets a geek, ricanent les filles. Je bavarde longuement avec la spirituelle Monika, nous nous entendons à merveille. Parfois Kadek fils, tout sourire, passe devant nous, de retour à la guesthouse pour coucher un type ivre mort qu’il porte sur son dos (le patron par exemple). Il est ravi : sa fête se passe à merveille ! Vers 22 heures, un membre du staff nous annonce que ce soir a lieu une cérémonie spéciale dans un temple voisin en l’honneur de l’éclipse de lune prévue pour cette nuit ; voulons-nous y aller ? Mais carrément ! Monika, fatiguée, décline l’offre, et propose de rester ici surveiller les enfants. Jacqueline, Matthieu et moi-même montons donc dans la voiture des Allemands et suivons la cohorte de scooters jusqu’au temple, toute la ville s’y rend. Le temple est immense, illuminé de bougies et de lampions, fleuri de toutes parts. Un orchestre d’une trentaine de musiciens joue un morceau de musique traditionnelle ; gamelans, flûtes, percussions et gongs font pleuvoir une averse de notes ; c’est simplement magnifique.

 

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Autour de nous, tout le monde est habillé de blanc ; les femmes portent un beau sarong, une ceinture nouée haut sur la taille, les épaules couvertes d’un chemisier en dentelle. Les hommes arborent un sarong immaculé et une espèce de turban sur la tête. La foule est dense, mais le temple à ciel ouvert est si grand que cela n’est pas dérangeant. Les statues fleuries et vêtues de sarongs en tissu bariolé, les autels compliqués, la végétation luxuriante qui nous entoure, les embruns de la mer toute proche, les étoiles qui tracent dans le ciel un dessin inconnu sous nos latitudes poitevines… Nous errons longuement en silence, savourant l’instant.

 

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Parviendrez-vous à distinguer les poulets grillés ficelés aux offrandes de fruits ?

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La fatigue nous gagne peu à peu. Nous avons perdu de vue nos amis ; tant pis, nous ferons les quelques kilomètres du chemin du retour à pied. Arrivés à la guesthouse, nous couchons les enfants, et nous offrons le luxe d’un dernier bain dans la piscine.

 

Quelle journée incroyable ! Nous devons partir demain et appréhendons le départ. Kadek et sa famille, nos amis, la ville que nous connaissons bien maintenant, la guesthouse qui nous est si familière ; en huit jours nous avons su nous construire un petit microcosme qu’il va être douloureux de quitter. Alors, nous retardons l’heure du coucher, et nageons encore et encore au clair de lune.

 

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13 Comments

  1. pour mon joyeux anniversaire , je veux pareil, mais avec un cochon un peu plus cuit ………la plongée dans le monde nippon va vous surprendre!

  2. Cette journée restera, peut-être, la journée de votre séjour des plus intenses, tant sur le plan visuel que « fêtarde », mais surtout amicale (surprenante). Mais Val a déjà goûté à l’alcool par mon intermédiaire, tu te souviens en vacances, aie aie aie. Bonne suite à vous, vous êtes déjà au Japon et peut-être avec le pirate du Mans ? très bon séjour; bises

    • C’est vrai que c’était quelque chose cet anniversaire ! Et nom d’un chien l’arak ça dépote ! Aller, on s’en est remis, on profite bien de Tokyo avec Biv, et Matthieu a 10/10 à chaque œil…

  3. Un vrai régal ! A priori l’arak vous réussi. Matthieu a l’air de planer… Ça titre à combien cte breuvage ? Et Kadek et ses proches sont maintenant sur la toile planétaire et dans un coin de nos têtes, marrant tout ça. Bises

    • L’arak doit taper dans les 40 degrés, ce qui n’est pas énorme sauf quand il fait également 40 degrés dehors… Et au bout de 40 verres de te raconte pas. C’est cool de se dire que Kadek a, même ephemerement, habité vos pensées, à vous zot’ zeuropeens. Si toi et olivier voulaient le rencontrer, on a son adresse…! Bécots

  4. Moment exceptionnel que cette immersion dans une famille balinaise autour d’un anniversaire correctemant arrosé. Vous avez tout eu : accueil, convivialité, simplicité et amitié !
    Mais n’est ce pas pour cela que vous recherchiez en partant en famille sur la grande route ?
    Désormais, le japon vous attend ! A très vite les Trotters !

    • Tout juste Bruno, que chaque génération puisse tisser des liens au même moment, c’est assez exceptionnel. Voir les enfants s’éclater sans un échange de mots tandis que nous-mêmes jouons au mime pendant des heures pour raconter des histoires universelles, c’est aussi ça la fête ! Quelle chance d’évoluer dans un monde de respect et de tolérance naturels, sans ces ingrédients le voyage ne pourrait pas nous offrir ces moments uniques.
      Nous sommes au Japon depuis 3 jours, quel changement d’ambiance… La marche à pied à repris ses droits, et pour le reste : ils sont fous ces Japonais !
      A très bientôt

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