Happy Birthday Elsa – 24 mars

Nous nous réveillons, pour la dernière fois, dans la chambre luxueuse de notre guesthouse chérie, à Pemuteran. Un chauffeur doit venir nous cueillir à 10 heures ce matin ; c’est donc la gorge serrée que nous bouclons notre paquetage et prenons congé de tous nos amis.

La jolie Monika pleure ; Jacqueline nous promet la revoyure ici ou là dans le monde. Les Allemands nous saluent et nous souhaitent bon vent, l’équipe de l’hôtel nous prend dans ses bras. Kadek ne travaille pas ce matin, et pourtant il est là, venu nous dire un dernier au revoir. Nous essayons de diluer notre chagrin dans la promesse réjouissante de notre prochaine étape, la ville d’Amed, à l’est de l’île ; et pourtant c’est difficile, car nous sentons déjà que nous ne retrouverons pas ailleurs ce que nous quittons aujourd’hui. Le chauffeur arrive avec 25 minutes d’avance et c’est tant mieux : cela écourte ce douloureux adieu. Pemuteran et nos amis s’éloignent dans le rétroviseur ; ça y est, la page se tourne.

Très vite, nous nous rendons à l’évidence : notre chauffeur, qui répond au guilleret nom de Widhi, est très sympathique mais conduit comme une brute. Tout en doublant scooters et camions, mordant la ligne blanche de la petite 2 voies défoncée que nous empruntons, à 90 km/h, il nous parle des coqs de combat qu’il élève et commente les bleds que nous traversons et que nous n’avons de toute manière pas le loisir d’admirer tant il roule vite. Valentin, dont le visage arbore une magnifique teinte vert amande, est devant, agrippé à son sac à vomi. Poor boy, le plaint Widhi, en braquant/contre braquant/pilant/accélérant pour éviter une charrette tout en envoyant son texto. Qu’il est gentil ce Widhi !

Après quatre heures de route, que Valentin passera à dormir, et qu’Alix passera à me tanner pour m’offrir de suite mes cadeaux d’anniversaire (« tu vas voir maman, tes cadeaux ils sont super, je te dis pas ce que c’est mais tu vas être épatée car j’ai super bien réussi mes dessins, en plus j’adore les couleurs, je peux te les donner maintenant ? Et maintenant ? Et maintenant ? » ad lib.), bref, après quatre heures harassantes, nous voilà arrivés à Amed.

L’est de Bali est plus aride, donc plus pauvre, que le reste de l’île. La montagne étant ici très abrupte, les rizières sont moins nombreuses. L’essentiel du business local est donc tourné vers la pêche, la confection de l’arak et le tourisme, mais de manière très, très cool. Les gens sont tous en mode rasta man ; les murs sont couverts de portraits de Bob Marley, de vert-jaune-rouge, très cooool, tu vois. Quand on arrive à notre hôtel, le gérant abandonne sa guitare pour nous accueillir, torse nu, baggy, tatouages et dreadlocks. Un concert (de reggae bien entendu) aura lieu ici ce soir, ça s’annonce… cooool, tu vois. Peu sensible à cette ambiance, nous nous attablons pour un déjeuner médiocre, et partons à la découverte de nos chambres. Il s’agit en fait de bungalows plutôt sympas qui escaladent la montagne, affublés d’une belle terrasse donnant sur la mer. La vue est splendide. Mais pour l’heure, la sieste s’impose.

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Plus tard, nous partons découvrir la plage, à quelques mètres en contrebas. La lande de sable noir, bordée de palmiers, surplombée par la montagne, est splendide (et déserte) ; la mer, calme et turquoise, attire aussitôt Matthieu et les enfants dans ses embruns. Je reste assise sur le sable, tripotant machinalement un morceau de corail blanc, et savoure le spectacle de ma famille qui s’ébroue dans le jour déclinant ; le voilà mon cadeau d’anniversaire… Je médite longuement, profite de ce moment de plénitude. La smala me rejoint, et Matthieu me sourit tandis que Pincemi et Pincemoi me postillonnent dessus leurs fabuleuses expériences nautiques, à grand renfort de jet de sable aux quatre vents. Il est l’heure de rentrer faire un brin de toilette avant d’aller dîner et de célébrer ensemble mon annif.

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Il fait nuit noire maintenant. Nous évoluons sur la petite route à la lueur de nos portables, en quête du resto choisi par Matthieu. Après une bonne demi-heure de marche, nous mettons enfin la main dessus ; il était en fait à 25 mètres de notre hôtel… Nous nous installons ; l’endroit est très chic mais quasi désert, alors les serveurs sont aux petits soins. Nous commandons un cocktail (un Manhattan pour moi, les initiées apprécieront), et la cérémonie des cadeaux commencent. Les beaux dessins et le poème d’Alix, la boîte à bijoux et le mot d’amour de Val, une petite bague en coquillage de la part d’Alix, petite cachotière qui a bien fomenté son coup, de belles boucles d’oreilles en perles de Matthieu. Je pleurniche sans retenue et étreint mes chéris sous l’œil circonspect des serveurs. Le dîner qui s’ensuit est fin savoureux, la discussion tendre et légère.

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Nous regagnons nos chambres en saluant de loin les rastamen qui massacrent Bob Marley en vidant bières sur bières. Nous nous endormons heureux, à la cooool, tu vois.

Posted in ...des parents, Amed, Bali, Indonésie.

4 Comments

  1. Cette journée très forte en émotion te restera en mémoire, et quel plaisir de vous voir chacun avec un sourire généreux et sincère. Mais qu’est ce que c’est ce dessert ? allez bon vent pour la suite je vous bisoune très fort

    • C’était une tarte au citron ma Béa… Une gourmandise qui venait conclure une très belle soirée d’anniversaire… Rétrospectivement je regrette très fort tous ces instants, j’aimerais les revivre encore une fois!!!

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