Cap au Nord – 16 mars

Il ne nous est pas trop difficile de quitter Ubud ce matin, car même si la ville présente d’indéniables attraits, elle reste un spot touristique important avec tous les à-côtés que cela suppose : une circulation dense, des touristes pas toujours super respectueux, une authenticité qui se monnaie…

Nous grimpons dans une voiture qui n’est pas celle de Ketut ; celui-ci est pris aujourd’hui pour une cérémonie religieuse en mémoire de sa mère décédée il y a un an et demi. Agung sera notre chauffeur du jour ; un solide type souriant qui a la curieuse manie de parler de lui à la troisième personne. Il nous annonce que nous parcourrons les quelques 80 kilomètres qui nous séparent de Pemutaran, notre prochaine étape, en près de 4 heures ; il nous arrêtera dans les temples « à voir absolument » qui se trouveront sur notre chemin. C’est parti ! La ville laisse place à la campagne, rizières entourées de volcans. Le soleil tape dur et il fait très chaud dehors, mais nous sommes confortablement installés dans les gros fauteuils de cuir du bolide, rafraichis par une clim’ sans laquelle le voyage serait vraiment pénible. Nous croisons des villages spécialisés dans l’artisanat local ; des villages entiers qui sculptent le tek, ici pour faire des animaux en bois, là des marionnettes articulées, et bien d’autres bibelots typiques encore. Tout est réalisé à la main ; pas de grosse manufacture ici mais un vrai savoir-faire qui se transmet de père en fils, de mère en fille. Agung nous explique que même si l’île est fertile, elle ne peut produire tout le tek nécessaire à la fabrication de tous ces objets qui seront exportés dans le monde entier : la matière première est donc importée des îles voisines. Nous dévorons des yeux tous ces gens qui travaillent le bois avec leurs outils rudimentaires, regardant naître sous leurs mains un éléphant, une idole, un joli plat, dans des ateliers en bazar, à ciel ouvert. Quelques kilomètres plus loin, Agung se gare près d’un temple, le Pura Taman Ayun ; celui dans lequel l’une des familles royales de Bali avait pour habitude de venir prier. A l’entrée du lieu de culte, nous nous arrêtons, médusés, devant ce panneau :

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Nous traversons de somptueux jardins et nous approchons du coeur du temple. Celui-ci est entouré de douves, et son accès est réservé aux pratiquants. Nous le contournons et nous promenons dans le bois qui le jouxte, profitant de l’ombre et d’une petite brise qui fait du bien, écoutant le bruit assourdissant des cigales locales (qui doivent avoir la taille d’une Smart vue l’ampleur du crin-crin), et devinant au loin le sifflement des singes. Nous jouons un peu dans le jardin, profitant comme il se doit de cette récréation avant de retourner en voiture.

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Trouve les 7 différences entre ces 2 monstres

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Les pâquerettes locales

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Nous retrouvons Agung, et c’est parti pour une nouvelle cession de route, vite interrompue par un second arrêt dans le temple de Pura Ulun Danu Beratan. Celui-ci se trouve au bord du grand lac Danau Beratan, au pied des montagnes. Les enfants repèrent de suite des structures de jeu et nous implorent d’y aller batifoler ; les temples, ça va bien cinq minutes, alors que de belles balançoires comme ça, ça ne se refuse pas. Nous acceptons, voilà un deal gagnant-gagnant comme on les aime. Nous leurs faisons les recommandations d’usage… et arrêtons, puisqu’ils sont déjà partis en courant aussi vite que possible et se trouvent maintenant à 100 mètres de nous, avec un « t’inquiète on gère » lancé sans un regard. Matthieu et moi nous promenons mollement dans les beaux jardins, croisons un groupe de fidèles en pleine cérémonie, jetons un oeil placide aux statues et bâtiments qui nous entourent ; pour être tout à fait honnête, nous savourons davantage le fait d’être à deux plutôt que la beauté des lieux. Il faut savoir apprécier le sacré là où il se trouve !

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Nous retrouvons enfin Pincemi et Pincemoi aux jeux ; ils sont la coqueluche des parents présents, qui les prennent en photo sous tous les angles avec leurs propres lardons. Dans combien d’albums de photos de familles asiatiques et indonésiennes figureront Alix et Valentin au terme de nos trois mois de voyage ? Un papa chinois s’approche et me fait la causette : Alix lui a déjà expliqué en anglais qu’elle était française, qu’elle avait 7 ans, qu’elle apprenait l’anglais, que Valentin était son frère de 10 ans, et qu’elle le remerciait de la complimenter sur sa beauté. Matthieu et moi nous regardons ; ces deux-là ont acquis une autonomie qui nous laisse coi. Nous prenons congé de la foule en délire et grimpons dans la voiture d’Agung. Nous nous élançons dans la montagne et, après un rapide arrêt pour contempler un panorama à couper le souffle, nous prenons la route pour de bon : le prochain arrêt sera notre destination finale. Bercée par le ronron de la voiture, je m’endors.

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Quand j’ouvre les yeux, nous nous garons devant ce qui deviendra vite mon hôtel préféré, une petite structure qui ne compte que 7 chambres. Pour 25 € la nuit, nous avons deux grandes chambres climatisées absolument parfaites, avec un lit à baldaquin gigantesque et une belle salle de bain à ciel ouvert. Chaque chambre est pourvue d’une petite terrasse avec son joli mobilier en tek, un accès direct à la piscine à débordement entourée de plantes exotiques, et la douce promesse de repas fins dans le resto de l’hôtel. La journée passe vite, nous lézardons au soleil au bord de la piscine. Le soir venu, nous dînons à l’hôtel (qui s’avèrera aussi délicieux que bon marché), en admirant les nombreux geckos qui zèbrent le plafond, et partons nous promenons sur la plage à 50 mètres de là, avec son sable noir, ses coquillages superbes, ses cocotiers qui font rêver, son clair de lune scintillant sur les flots. Nous avons la sensation que les vraies vacances commencent, et décidons de nous poser quelques jours dans ce coin de paradis.

Posted in ...des parents, Bali, Indonésie.

4 Comments

  1. merci de nous rendre jaloux, vraiment , je vous envie de farnienter dans ce décor de rêve ….à Poitiers nous avons un peu de soleil mais le vent nous rappelle que l’été et les bains de mer sont bien loin.Bisous à vous

  2. Un petit coucou de Birmanie où il fait très chaud pour faire un trek. Suis heureuse de vous voir en pleine forme.Gros bisous de nous deux. Martine et Francis

    • Salut les Leroux ! Nous suivons vos aventures birmanes avec beaucoup d’intérêt! Votre voyage a l’air d’être haut en couleur et riche en émotions!!! Profitez bien de vos vacances, on vous embrasse bien fort tous les 4

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