Vancouver Island, Horne Lake Caves – 23 août 2025 

Réveil heureux et mollasson alors que le soleil tape déjà dur sur Nanaimo. Matthieu, Lilix et moi allons grignoter notre muffin industriel et notre pomme cirée tandis que Val décolle laborieusement ses paupières inférieures et supérieures – il mettra un bon quart d’heure à y parvenir avant de sortir de son lit pour aller engloutir son petit dej. 

Aujourd’hui nous devons quitter Nanaimo pour nous rendre au Horne Lake, un peu plus au nord, à proximité de la petite ville de Port Alberni. Une super activité nous attend : une excursion de spéléologie tout à côté d’un beau lac niché en montagne dans un parc naturel. La virée s’annonce sportive alors pour l’heure, nous glandons en attendant le check out de notre hôtel. 

Qui fait son suddoku, qui se tape un dernier muffin pour la route et qui câline Doudouchat

Nous nous mettons en route sur les coups de 11h. Un trajet d’une soixantaine de bornes sur une nationale, puis une dizaine sur de la piste : voilà le programme de la matinée. Nous embarquons les restants de pizza de la veille, 2 bananes volées au petit dej ainsi qu’un sachet de chips et quelques mini-concombres que nous nous trimballons depuis Vancouver City ; voilà qui fera office de déjeuner au bord du lac. 

Je conduis avec délice sur cette belle grande route, commentant les magnifiques pick-ups qui nous doublent dans des grondements furieux et comptant les fast-food Wendy’s et des cantines Tim Hortons qui se succèdent (il y en a tous les 5 km, c’est fou). Nous nous arrêtons faire un plein, le premier depuis que nous avons notre voiture : cela nous coûte 32€, on ne joue pas dans la même cours qu’en France (à côté de la station service : un resto Tim Hortons, il est partout celui-là, sacré Tim).

À l’arrière, Val et Lilix rêvassent le nez à la fenêtre. Soudain, cri de surprise de Valentin : il vient d’apercevoir un ours noir, un vrai de vrai, à la lisière d’une forêt, qui s’appuyait d’une patte sur un arbre, les yeux levés vers le feuillage. Nous le bombardons de questions : c’était vraiment un ours noir ? Etait-il gros ? Était-ce un mâle ou une femelle ? Était-il en peluche ? Avait-il un ciré jaune et un chapeau de pluie ? Mangeait-il du miel, en tee-shirt rouge, accompagné d’un kangourou hystérique et d’un âne dépressif ? Valentin répond à toutes nos questions sans s’énerver, ravi de pouvoir rajouter la mention “aventurier à bâton option ours” sur son CV. Bien joué Vava ! 

L’homme qui a vu l’ours

Nous quittons la grosse route pour une piste caillouteuse qui contourne le lac Horne. Le long de sa rive, sur notre gauche, nous apercevons derrière les grands arbres de rustiques mais coquettes maisons ayant toutes un accès privatif au lac depuis le fond de leur jardin. De beaux bateaux (ou canots, ou barques, ou jet skis) y sont amarrés. Sur notre droite, une haute montagne couverte d’une épaisse forêt de cèdres rouges, qui doit être le repaire d’un bon milliard d’ours mangeurs de Lilix – de l’aveu de celle-ci : « je serais pas rassurée d’habiter cette forêt », tu m’étonnes. 

Prière de se laisser bouffer respectueusement par les grands fauves

Après un temps qui nous semble infini (on roule en moyenne à 25 km/h car nous n’avons pas la chance d’avoir un beau pick-up, je ne sais pas si j’ai déjà parlé des pick-ups canadiens, qui sont très très jolis et très très majestueux), nous nous garons à proximité d’une plage publique. Quelques rares groupes de personnes sont là qui pique-niquent ou se baignent. Il fait 29 degrés, une table en bois semble nous attendre : nous nous posons pour notre frugal déjeuner, regrettant de manquer de temps pour nous baquer. 

Je les force à poser, je crois qu’ils saturent

En plus elle est ‘achement bonne

Mais 14h approchent ; nous devons nous rendre au départ de notre excursion de spéléo. Sur le parking nous enfilons des fringues chaudes : il fait 8 degrés dans les grottes alors on s’adapte. Matthieu a prévu la location de combinaisons, gants et bottes histoire de ne pas trop mouiller ou salir nos rares vêtements. Le temps de nous équiper et d’attendre notre guide, nous sommes déjà en nage.

Bon, message reçu, j’arrête de vous photographier (même pas vrai)

Notre guide est une jeune femme anglaise qui parle si vite que je ne comprends pas grand chose à ce qu’elle raconte (heureusement les enfants ont fait des progrès de dingue en anglais et me traduisent l’essentiel de ses propos). Je pige néanmoins que nous allons explorer 2 grottes créées par la fonte des glaciers qui couvraient la région il y a fort fort longtemps, la première étant facile, la seconde un peu moins, et que les deux se trouvent au ⅔ de la grosse montagne au pied de laquelle nous nous trouvons : damned ! 

C’est joli mais ça se mérite, nom d’une frite

Nous gravissons un joli petit sentier qui grimpe bien sa mère, suant sang et eau dans nos combis et gros sweats. J’ai gardé mes chaussures de rando, de très bonne facture, mais Matthieu et les enfants sont chaussés des bottes en caoutchouc fournies avec l’équipement : les pauvres… Au bout d’une demi-heure de marche éprouvante dans une forêt somptueuse, nous y voilà : l’entrée de la grotte est devant nous et exhale un air frais qui nous soulage illico. 

On dirait pas mais on est tous au bord du malaise, à 180 bpm

Avant d’entrer dans la cavité, rapide rappel des consignes de sécurité : toujours avoir 3 points d’appui au minimum (les 2 mains et 1 pied, ou les 2 pieds et 1 main par exemple) ne pas toucher les parois “vivantes” de la grotte, c’est-à-dire celles qui sont couvertes d’eau et de calcite, et ne jamais enlever son casque muni de sa petite loupiote. La progression dans la grotte est ardue car très accidentée, et la calcite est partout ; les parois sont couvertes de ce minéral étincelant sous nos frontales, curieux mix entre méduse luminescente et chou-fleur scintillant. 

Notre petit groupe d’une dizaine de personnes évolue lentement, et la guide ponctue la visite de nombreuses anecdotes. C’est chouette car ce n’est pas évident du tout, le boyau est étroit, l’obscurité totale et il nous faut grimper, sans glisser, nous retenir aux parois et rochers après avoir vérifié qu’il ne s’agissait pas d’une concrétion des dizaines de fois millénaires. Cette cavité-là est sensée être la “facile”, ben mon copain, on attend la suivante avec impatience. À la sortie de la grotte, au bout d’une heure, la chaleur nous tombe dessus brutalement et nous nous posons un peu pour réhabituer nos yeux à la lumière. 

Ma tête de smiley signifie : c’était mortel

Val, en mec qui a vu un ours tout à l’heure, est plus modéré

Mais la Lilix en redemande

Après une marche d’une vingtaine de minutes, nous pénétrons la seconde grotte. L’entrée est très très étroite : il nous faut rentrer de profil en pliant les genoux. À l’intérieur, nous accédons à de jolies petites salles en grimpant des échelles, en rampant, en nous pliant en 2 dans l’eau, en glissant sur des toboggans, en nous agrippant à des cordes… c’est super amusant – et très impressionnant ! Nous crapahutons ainsi pendant une petite heure.  À un moment, notre guide nous demandera d’éteindre nos loupiotes afin de prendre conscience de l’obscurité réelle du lieu : nous avons alors l’impression d’être dans un tombeau. Dans le ventre de la Terre. 

Escalade en bottes de caoutchouc : pas fastoche mais ça se fait

Faut pas faire tomber son portable sinon c’est triste

À la sortie, nous sommes fourbus et en nage : nous retournons au lac de ce matin pour délasser et rafraîchir nos carcasses fatiguées. 

Comment ça je vous ai promis de ne plus vous obliger à poser ??? M’en rappelle pas

Puis nous reprenons la route. Les enfants s’endorment. 

Méchante classe du gars au feu rouge

Nous arrivons au Timberlodge Motel vers 19h. Cet établissement poussiéreux, désuet mais ultra sympa renferme, en plus de la partie motel, un camping, un village de camping-cars et le meilleur resto de sushis qu’il nous a été donné de savourer depuis des années. Nous nous régalons copieusement. 

On avait une sacrée dalle

Après le dîner, nous avons récupéré un peu d’énergie et partons en voiture explorer les environs dans le jour déclinant (impossible à faire pied ; tout est loin, grand, surdimensionné ici).

Oh tiens, un joli pick-up, attendez je vais le photographier (noter les 3 pas contents qui m’attendent derrière car c’est moi qui ai les clés de la bagnole)

Nous terminons notre périple du jour au Walmart du coin (ouvert 24/7, c’est fou) pour y acheter un morceau de chocolat afin de nous sucrer le bec avant de dormir. Demain, nous rejoignons le continent… à condition d’avoir la chance de trouver une place sur un ferry annoncé comme complet ! 

Posted in ...des parents, Canada, Vancouver Island.

3 Comments

    • avec l’équipement c’était pratique, mais oui, une certaine souplesse s’imposait.
      Quelques jours plus tard, nous avons appris que c’était le meilleur spot de spéléo du Canada !
      On nous avait déjà dit que c’était le toboggan le plus rapide et le plus long de toutes les grottes du Canada, mais vérifications faites, aucune autre grotte n’a de toboggan 🙂

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