Snorkeling – 18 mars

Bon, aujourd’hui ça rigole pas : sur les conseil de notre si sympathique guesthouse’man rencontré la veille, Kadek, nous partons faire une excursion snorkeling sur une île voisine.

La virée coûte assez cher (30€ par tête de pipe), mais vaut carrément le coup selon le Lonely ; le spot est paraît-il paradisiaque. En théorie, le simple fait de rallier l’île en bateau coûte 60€/personne via les clubs de plongée du coin ; nous avons le droit, pour la moitié du prix, au transport en navette jusqu’au port, puis à la virée en bateau jusqu’au spot, au prêt de matériel de plongée, à 1h30 de snorkeling, au repas à bord du bateau, puis re-snorkeling pendant 1 heure, puis retour au bercail. Bref, le bon plan qui fait plaisir, alors au diable l’avarice, on se serrera la ceinture à notre retour à Poitiers City ; qu’il est facile de balayer les scories sous le tapis dans ces cas-là !

Nous avalons vite flash notre petit dej’ (toasts à la confiture maison, ananas et goyave frais nappés de jus de citron vert, thé au gingembre frais, jus d’orange frais – qu’ils sont loin les Chocapics poitevins !), enfilons nos maillots de bain-lunettes de soleil-chapeaux, et c’est parti mon kiki, comme aiment à le répéter les locaux avec leur joli accent qui roule les r.

Nous choisissons nos palmes, tubas et masques, et cueillons au passage deux couples d’Australiens et un sympathique couple de jeunes Français avec qui nous bavardons jusqu’à notre arrivée au port. Notre petit groupe est au complet ; nous prenons place dans un beau bateau coloré, une grande barque en bois munie d’un moteur pas trop bruyant, de deux flotteurs de bambou et d’un toit qui nous offre une ombre salvatrice. Quelques cumulus moutonnent le ciel, mais une petite bise s’applique à les envoyer paître au loin ; bientôt le soleil sera à son zénith et sa morsure promet d’être cuisante… Nous nous oignons consciencieusement de crème solaire. Détail hilarant : notre bateau a une fuite et prend doucement l’eau, ce qui oblige le conducteur à le vider toutes les cinq minutes à l’aide d’une bassine ; mais comme il n’a pas l’air inquiet, nous ne le sommes pas non plus. Au terme d’une traversée féerique de près de 30 minutes, durant laquelle nous admirons Bali s’éloigner sur notre droite et Java (dont nous devinons les grands volcans de soufre se découpant dans l’azur) toute proche sur notre gauche, nous accostons près d’une petite île déserte et jetons l’ancre.

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Il nous suffit de nous pencher au-dessus des flots pour voir Nemo, Wanda et autre Bob l’éponge batifoler dans l’eau ; les enfants sont au bord de l’apoplexie. Nous nous équipons de notre barda, et attendons le Go! du batelier pour nous élancer. Celui-ci s’habille d’une combinaison de plongée élimée en sus de son masque-tuba-paire de palmes ; « est-ce pour parer un éventuel danger ? » demandons-nous hilares. « Non, c’est parce que l’eau est trop froide pour moi », répond-il, provoquant les rires de l’assemblée (l’eau est au moins à 30 degrés, quel déconneur celui-là !). Nous comprendrons plus tard, à nos dépens, les raisons de son accoutrement ; pour l’instant, nous rigolons, bleusaille que nous sommes.

Plouf, c’est parti (mon kiki, donc). Nous écarquillons les yeux derrière notre masque, ce qui nous donne à tous une singulière tête d’abruti : nom d’un chien quel spectacle ! Le récif corallien est bien plus étendu que sur notre petite plage de la veille, bien plus diversifié, et habité par une foule de poissons encore inconnus au bataillon.

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L’eau est d’une clarté ahurissante, et peu profonde par dessus le marché ; à peine deux mètres nous séparent du fond. Les poipois sont à portée de mains, et vivent paisiblement leurs petites aventures sous notre nez. Les anémones ondulent au gré des courants, les étoiles de mer bleues outremer brillent sur les fonds dorés, les méduses roses bonbon dansent nonchalamment, les bénitiers évoquent impudiquement l’origine du monde. Les rayons du soleil (qui comme promis, nous tabasse en bonne et due forme) dessinent d’ondoyants reflets sur les coraux. Nous sommes émus par cette faune et cette flore, que nous connaissons pourtant pour l’avoir vue dans des documentaires animaliers sur France 5 le dimanche à 13h30 en sirotant un Oxyboldine on the rocks ; mais là, c’est une autre limonade ! Voici le genre d’individus que nous croisons :

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Captivés, nous nous laissons dériver. Et là, boum, deuxième choc. Le tapis de coraux si proche s’interrompt brutalement, et soudain le sol sous-marin semble s’évanouir sur lui-même. Une brutale falaise, tapissée de coraux multicolores, bée sous nos palmes, et plonge dans les abysses à perte de vue. Bien que nous flottons à la surface comme de vulgaires méduses, le vertige nous assaille ; nous prenons quelques instants à nous accoutumer à ce vide étourdissant et nous enhardissons enfin, prenant plaisir à survoler les nimbes.

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Au bout de cinq minutes (au bout de 1h45, en fait), le beuglement de notre guide qui s’époumone sans retenue depuis le bateau nous alerte : à tââble ! À contrecœur, nous grimpons à bord, et nous tapons sans y songer notre nasi goreng (riz frit aux légumes avec poulet sauce cacahuète), en commentant plus ou moins intelligemment nos trouvailles aquatiques (« eh les mecs vous avez vu la taille des oursins ? A un moment j’ai vu un poisson qui avait un peu la même tête qu’un collègue à moi… Maman je voudrais faire un câlin à un poisson, je peux ? Tu finis pas ton riz Lilix ? »).

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Nous farnientons un brin sur le bateau, puis, frétillants, nous plongeons comme un seul homme. Malheureusement, cette dernière heure de snorkeling sera moins agréable, à cause de mini-méduses chariées par la marée nous infligeant impitoyablement de brûlantes petites piqûres sur tout le corps. Nous regagnons le bateau criblés de petits boutons urticants, sous l’œil placide de notre accompagnateur sain et sauf du fait de sa combi. Ah ouais d’accord, c’était pour ça la combi, rhââ le chacal… Le bateau démarre, direction le port. Tandis qu’Alix s’endort dans les bras de son père, les plongeurs amateurs que nous sommes devisons sur cette belle journée.

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Soudain, un des australiens, rouquin de son état, s’inquiète de son bronzage : à l’instar d’un joueur de l’AS Monaco, le type est blanc (du bide) et rouge (du dos). Chacun entreprend de constater son propre bronzage, et là, le constat tombe : nous nous sommes tous cramés le dos, les jambes et l’arrière des bras, tandis que notre face sud reste d’une stupide blancheur caucasienne. En un mot comme en cent, nous sommes tous devenus des sushis au thon. Nous nous appliquons, trop tard, une couche supplémentaire de crème solaire, sous l’œil placide de notre accompagnateur sain et sauf du fait de sa combi. Ah ouais d’accord, c’était pour ça la combi, rhââ le chameau…

Le bateau nous mène au port, et la navette à l’hôtel ; nous sommes crevés. La sieste s’impose…
Nous repassons ensuite nos maillots de bain pour un plongeon dans la piscine. Nus, nous hallucinons sur nos coups de soleil ; nos derrières semblent briller dans l’obscurité naissante, ridicules clairs de lune de chair et de sang. Heureusement, les enfants, protégés par leurs gilets de sauvetage, sont moins touchés que nous. En nous traitant de triple-cons, nous nous immergeons dans l’eau tiède de la piscine ; ça fume. Nous nous badigeonnons vingt fois de crème hydratante et, après un dîner frugal, nous couchons sur le ventre, espérant sans trop y croire qu’à la faveur de la nuit notre verso retrouvera une teinte acceptable… On peut rêver non ? Le sommeil nous cueille, ça y est, nous rêvons ; parce qu’enfin, malgré son trop-plein d’UV, la journée fut magique…

Posted in ...des parents, Bali, Indonésie, Pemuteran.

22 Comments

  1. Sylvie aimerait t’accompagner Elsa car le snorkeling la passionne et elle se transforme très vite, tout comme toi, en joli poisson. Quelles beautés que ces paysages sous-marin. Vous êtes dans un de ces paradis que la nature sait nous offrir et qui nourrit chacune de nos cellules.
    Profitez de toutes vos forces de ces merveilleux instants hors du temps. Vos récits nous comblent d’aise. Gros bisous!!!

    • Je réitérerai l’expérience avec vous avec grand plaisir !!! Mais équipée d’une combinaison cela va sans dire…

  2. Vous allez faire rêver Olivier quand il lira ce post ! Mais peut être aussi vous faire traiter de couillons lui qui enfilait sa combi pour eau froide même au mois d’août dans le sud. (Au passé, car il ne doit plus rentrer dedans). Quel faune magnifique !
    J’ai hâte de lire votre récit de votre journée chez l’habitant. Bises à tous.

    • Oui, c’était vraiment féerique cette virée en snorkeling. Par contre, on jure, mais un peu tard, qu’on ne nous y prendra plus, à snorkler sans protection!

  3. Encore une fois tu m’époustoufle, tant par ton récit (facile à lire et drôle à la fois) que les photos magnifiques (les couleurs sont incroyables, et inattendues) et comme tu le dis justement c’est pas tout de regarder les reportages à la télé, le vivre c’est extraordinaire et mille fois mieux. Alors ma sushi préférée je te croque très fort, bises. L’huître de Montpellier hihihi

  4. Désolée, j’ai omis la séquence « émotion » lilix dans les bras de son papa chéri, mais chut…. elle dort comme un petit loir. A bientôt bises

    • Ce sont parmi les meilleurs moments de ce voyage, l’abandon de nos enfants dans nos bras, après un plein d’émotions ! Nous mesurons notre chance.
      Bisous

  5. Ma chérie, il est 21 h, à Montpellier, s’il y a toujours 6 h de décalage alors youpi nous sommes pour toi déjà le 23 , alors je te souhaite un merveilleux extraordinaire gentil exceptionnel anniversaire bises affectueuses/

    • Tu étais un brin en avance ma Béa, c’est le 24 mon anniv ! Mais pas grave, du coup tu es la première à me le souhaiter, et cela me fait bien plaisir!! Merci à toi et mille bisettes

    • Ben ouais ma Leo, nous étions des bleus, nous sommes devenus des rouges ! Toi qui est rompue à l’exercice tu dois connaitre les précautions à prendre pour éviter les brûlures au 12ème degré!!! Nous t’embrassons tous les 4, à bientot

      • Ouiiii, j’ai toujours mon short et mon petit lycra pour faire du snorkeling ;)))
        Prenez un bon tube de Dexeryl, et rien n’y paraîtra plus 🙂
        gros bisous !!!

  6. Salut Mathieu et Elsa ! Nous avons enfin retrouvé votre blog grâce aux mots clefs 🙂
    Ça nous a fait plaisir de vous rencontrer et de partager votre voyage. Nous suivons maintenant votre blog.
    Notre chauffeur nous a « enlevé » après le retour du bateau et nous n’avons pas eu l’occasion de se dire au revoir ! A bientôt !

    Julie & Rémy

    • Énoooorme !
      Comment allez-vous depuis votre enlèvement ?
      J’insiste encore pour vous inviter à boire un coup en mémoire de cette sortie, et pour rendre hommage au titillage des abysses que Rémy s’est imposé pour aller récupérer ma GoPro !
      Ce sera sans doute vers Montpellier alors, bises à vous, et bravo pour votre cyber-opiniâtreté !

    • Yes c’est super de vous retrouver !!! On était super déçus de ne pas vous attendre, mais notre chauffeur aussi semblait très pressé.
      Comment allez vous ? Toujours à Pemutaran ? Je crois me souvenir que vous restiez encore un peu à Bali. En tous les cas, vous revoir sur Montpellier serait un vrai plaisir, attablés autour d’une table pourquoi pas, j’ai cru comprendre que vous étiez des connaisseurs ! C’était vraiment cool de vous rencontrer. Bises à tous les deux, à bientôt j’espère

      • Nous venons d’atterrir en France et sommes au travail !! Nous avons profité jusqu’au bout des Gili, Bali ! Plein de beau souvenir.
        Au plaisir de vous voir dans le sud de la France pour un débriefing de votre magnifique périple. Vous avez mon adresse mail pour nous tenir au courant.

        Bon vent !

Répondre à Dubernet Rémy et Calestrémé Julie Annuler la réponse

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