San Francisco, day two – 13 avril

Le soleil se lève sur San Francisco, toujours accompagné d’un vent fort et vivifiant qui donne à penser que le fond de l’air est frais.

Après un petit dèj très médiocre dans la salle commune, sur fond de Télématin local dans lequel une blonde hurle sporadiquement « oh my gosh » en tentant d’écarquiller les yeux, nous nous faisons mettre à la porte de notre chambre par les femmes de ménage qui ne parlent que l’espagnol. Au programme aujourd’hui : aller voir de plus près les painted ladies, ces jolies maisons victoriennes colorées typiques de San Francisco, faire un brin de shopping dans l’excentrique Haight Street, faire galoper Jo et Zette au parc et, moins funky’foufou, faire une lessive car la carence en chaussettes nous guette.

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Nous arrivons dans le très smart quartier de Haight Ashburry, où s’alignent les maisons bleues adossées à la colline. Il fait un temps magnifique, la lumière crue du matin souligne les lignes élégantes de ces maisons cossues bordées de jardinets impeccables, autrefois dévolues aux gueux et aux minorités.

 

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Les chaussettes tournent dans l’énorme washing-machine, nous errons doucement dans la fameuse Haight Street, un condensé du monde exentriquo-hype de San Francisco. Les boutiques de fripes vintage côtoient les salons de tatouages bizarres ; les graffitis hippies illuminent l’architecture XIXème, les diners branchés proposent de gros burgers bien gras ou des plats végétariens macrobios sans gluten. Dans la rue zonent des clochards allumés qui parlent tous seuls, des neo-punks hippisants au look déjanté, des musiciens sous acides, des illuminés en haillons cools qui philosophent sur la condition humaine en taxant des clopes, des bobos CSP + qui vont et viennent, pressés, charriant des poussettes de luxe. Ici, si tu n’as pas de tatouage, le crâne à demi rasé ou des piercings plein la figure tu te sens l’intrus. Autour de nous flotte une odeur de bagel tout chaud, de patchouli et de weed poivrée. Les enfants écarquillent les yeux, trouvent la scène « rigolote » mais restent prudemment dans notre giron. Il règne dans ce quartier une atmosphère de Woodstock post-apocalyptique un brin désenchantée : j’adore. Je suis attirée comme un papillon vers les vitrines toutes plus dingues les unes que les autres, sans perdre de vue qu’avec de tels accoutrements, dans mon Pouétou natal, on me jetterait des cailloux.

 

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Nous avisons un salon de coiffure dans lequel s’activent deux femmes vietnamiennes. Valentin et moi-même ayant vivement besoin d’un petit élagage capillaire, nous prenons place sous les ciseaux de ces dames qui nous raccourcissent le poil à leur guise, sans tenir compte de nos desiderata. Alix, alléchée par cette séance relooking, optera pour un carré plongeant qui écourtera les conflictuelles sessions de démêlage du matin. Nous ressortons du salon une heure plus tard, après une agréable discussion sur le Vietnam et arborant des coupes sympas mais non désirées, pas grave ça repousse.

 

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Il fait faim : nous engloutissons sans rougir nos 2000 calories chacun avec de gigantesques burgers steak de 400 grammes (hormones et antibiotiques inclus) – bacon – cheddar – frites – ketchup, nom d’un chien que c’est bon, mais juste après tu culpabilises en disant « ce soir : bouillon de légumes » tout en sachant pertinemment que c’est faux. Rapide synchronisation des montres : je m’en vais faire du shopping en solo tandis que Matthieu emmène Alix et Val galoper au parc. Rendez-vous en fin d’après-midi : voilà un programme qui me plaît !

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Je vous ferai grâce de mes trépidantes aventures de shoppeuse, consciente de l’intérêt limité que cela peut présenter. Il faut tout de même savoir que les US n’ayant pas vécu la seconde guerre mondiale aussi frontalement que les européens, il subsiste ici un impressionnant stock de fripes d’époque. Des austères tenues victoriennes aux tie and dye 90’s, en passant par les perles des années folles, les robes 50’s à la Jackie K. et les pattes d’eph en mailles des hippies, il y en a pour tous les goûts, à tous les prix, sur des centaines de mètres linéaires dans des dizaines de boutiques funs et proprettes. Je suis étonnamment raisonnable dans mes achats, ne perdant pas de vue les cailloux poitevins sus-cités, mais j’essaie gloutonnement une bonne trentaine de tenues et autant de chaussures et de paires de lunettes et de bijoux et de chapeaux et de sacs à main (oui, un sac à main, ça s’essaie). Je ne craquerai donc que pour une jupe, une robe, un short, et deux nouveaux bijoux pour mes piercings du rook et du tragus, ces derniers étant posés par une jeune femme absolument ravissante couverte de tatouages old school, coiffée à la Betty Page et maquillée façon rockabilly.

 

Bref, l’après-midi passe à la vitesse du cheval au galop ; il est déjà l’heure d’aller retrouver la famille Ricoré. Je n’ai pas fait deux mètres dans l’immense Golden Gate Park qu’on me colle un grand sac d’herbe sous le nez : pas cher me dit le sympathique dealer, 40 $ le tout. Je décline gentiment tandis qu’un second type arrive et m’ouvre un second (gros) sachet sous le nez, en sort une impressionnante tête de cannabis, prix d’ami, 30 $. Les deux concurrents se chamaillent un peu, puis se taisent devant mon refus poli. Compréhensifs, ils me proposent alors du LSD ; c’est plutôt ça qui m’intéresse ? Pas de problème, ils en ont aussi. J’éclate de rire et mets un terme à cette non-transaction psychotrope. Nous bavardons un brin et, très aimables, ils m’indiquent le coin du parc dévolu aux jeux des enfants. Le temps d’y arriver, divers beatniks/hippies/racailles/punks me proposent des champis, des acides, des ecstasys, de la cocaïne, de l’héroïne, du LSD, et des brouettes d’herbe. Sont-ils commerçants les gens de ce parc !

 

Je retrouve Matthieu et les enfants devant de grandes structures de jeu, au pied desquelles se dresse un panneau disant : « chaque adulte doit être accompagné d’un enfant » ; vue la faune qui zone dans le parc, on devine des antécédents tragiques…

 

Matthieu devise tranquillement avec Vanessa et Simon, un jeune couple parisien, tandis que leurs trois enfants, Melvin, Esteban et Anina piaillent et jouent avec les nôtres. Le courant passe tout de suite : la conversation est facile et agréable. Nos nouveaux amis se trouvent au milieu de leur tour du monde de 9 mois, qui les a menés en Malaisie, en Chine, au Sri Lanka, au Japon, en Nouvelle-Zélande, au Chili, en Argentine, sans parler des escales à venir… Whaou ! Nous échangeons à bâtons rompus en rigolant sur les découvertes et expériences vécues au fil de nos voyages respectifs et, alors que le soleil commence à décliner, avons du mal à nous quitter. Simon et Vanessa nous invitent à boire l’apéro chez eux. En effet, au profit d’un « échange de maison » avec un couple de San Franciscains, la petite famille crèche dans une des magnifiques demeures victoriennes du quartier, tandis que leur appart’ parisien accueille leurs hôtes : le bon plan qui donne à réfléchir quant à nos prochains voyages…

 

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La maison est spacieuse et splendide, le petit jardin coquet et le jacuzzi très très joli également : à ce niveau-là ce n’est plus un bon plan, c’est juste le super mega plan de folie ! Sans jamais cesser de bavarder (sauf interruption intempestive par la marmaille qui s’éclate en bonne et due forme), nous buvons notre apéro tranquilles tandis que Simon mitonne des pâtes pour le dîner des enfants (et le nôtre aussi par la même occasion). La soirée s’achève vers minuit ; nos hôtes sont crevés car arrivés la veille.
Dernier échange de mails, des adresses de blogs respectifs (voici le leur), et de bons plans ; peut-être nous reverrons-nous ? Ça serait drôlement bien. Retour vasouilleux au motel ; les enfants dorment, épuisés, dans la voiture. Au programme demain : grasse matinée, pour le reste on verra.
Posted in ...des parents, San Francisco, USA.

3 Comments

  1. elsa, tu as été très raisonnable , bravo ! (autrement , c’etait l’achat d’une autre valise …..) san francisco a vraiment l’air dejanté vu de notre cambrousse !bonne continuation

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