Road trip désertique – 20 avril

Réveil inintéressant en banlieue de Los Angeles. Aujourd’hui nous devons rallier Las Vegas pour une visite surprise à mon collègue Vincent, qui y termine ce soir sa mission au salon annuel des technologies audiovisuelles, le NAB.

Nous prenons rapidement la route, et nous retrouvons en plein désert californien. Une étape est prévue à mi-course, à Calico, une ancienne cité minière devenue ville fantôme, puis réhabilitée au titre de State Park pour les touristes.

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En arrivant sur place, nous remarquons quelques bus. Une troupe de retraités français parcourt la rue principale de cette ex-cité cow-boy. Si nous sommes ici, c’est à cause de la neige de là-bas, celle qui nous empêcha il y a 15 jours d’atteindre Bodie, une vraie ville-fantôme à faire peur. A Calico, la rue principale est goudronnée… ça commence bien. Devant les maisons de bois qui s’alignent comme prévu de chaque côté, pas un abreuvoir pour nos chevaux… dur. Les enseignes peintes sur les bâtiments alternent : saloon, gift shop, baths (25 cents pour de l’eau propre, 5 cents pour de l’eau sale), museum, restaurant, antiques… autant dire qu’on a un pied dans le far-west et l’autre à wall street.

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Dommage le goudron

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Ils ont même essayé d’installer VLC

Pour le moment nous avons faim, sentiment immuable chez les cow-boys qui ont fait un long chemin, nous entrons dans le saloon, surtout pour faire battre les portes, avant de déchanter devant la collation proposée… pour mieux faire battre les portes en ressortant.

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Nous avisons donc le restaurant, devant lesquels une horde de papy-mamy français discute du cours euros-dollars, entrons par une porte tout à fait normale avant de nous faire virer car ici on ne sert que les groupes de 11h à 14h.

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Ca y est, notre humeur de cow-boy commence à se dégrader, nous remontons la rue principale le sourire crispé et le regard plein de défi. Au bout, notre dernière chance, le miner’s cafe. Fort heureusement nous serons servis juste avant de perdre nos nerfs.

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Une fois rassasiés, nous prenons le temps d’explorer les environs. A Calico la ville a prospéré une douzaine d’années vers le fin du XIXème siècle, le temps d’exploiter un filon d’argent. Sa population a dépassé les 1.000 habitants avant de redescendre à moins de 10 âmes en un temps record. L’ensemble des habitations, hormis quelques solides abris semi-troglodytes et 4 bâtiments d’envergure, a disparu. Les autochtones ont donc rebâti une main street dans le style de l’époque pour attirer les touristes, et récupéré les rails des mines pour former un petit circuit.

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Nous grimpons sur la colline, truffée de plusieurs entrées de mines plus ou moins bien condamnées. La vue laisse largement imaginer l’ambiance de l’époque : celle où le bois – totalement absent par ici – descendait du nord de la Californie pour devenir des cabanes de prospecteurs et, sitôt leurs propriétaires repartis vers d’autres aventures, à étayer la mine des courageux qui restaient. D’ailleurs, des 300 habitations qui s’élevaient jadis, il n’en reste qu’une trentaine et pas une seule trace autour, hormis quelques puits, le désert reprend vite ses droits.

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En cow-boys rassasiés mais désoeuvrés, nous décidons d’attaquer le train. Mitch, le patibulaire machiniste, se laissera faire. Et pour cause, il n’y a rien à voler, pas même une syllabe de sa part. Le commentaire touristique est enregistré et beuglé dans notre wagon par un haut-parleur limite d’époque, Mitch marquera 2 arrêts pour se retourner vers nous et lentement tendre le bras dans une direction en rapport avec le commentaire : ici l’entrée de la mine principale, là… une autre mine.

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Nous sortons du train et entrons dans un general store à l’allure sympathique, accueillis par un jovial et joufflu jeune homme de près de 2 mètres, looké façon Baden-Powell. L’arrière du magasin accueille l’entrée d’une mine, la Maggie Mine, sous la colline. C’est la seule qui puisse se visiter hélas sans assez de lumière pour y photographier. Baden-Powell nous explique dans un américain mâchouillé à l’extrême ce que les anciens proprios du coin avaient fait de cette cahute et de cette mine. Je n’entrave rien et tente une traduction faiblarde à l’attention des enfants, lesquels me proposent rapidement d’arrêter de peur d’encourager notre hôte à continuer. J’abrège les palabres, notre boy-scout nous soulage de 10$ et soulève un rideau pour nous laisser entrer dans la mine. Un commentaire automatique se met en marche tandis que nous progressons entre les résidus de minerais d’argent. Baden-Powell nous rattrape pour nous vendre un authentique porte-bougie de mineur, récemment façonné par un cousin maréchal-ferrant dans le style de l’époque. Devant nos têtes il rebrousse chemin avec son objet. La mine recèle plusieurs boyaux et quelques « stations » où son histoire nous est contée dans un anglais plus conformiste. Nous ressortons à l’autre bout, en haut d’une échelle, de retour sur notre promontoire panoramique.

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Nous redescendons la rue principale rendre visite au Sherif, posté sur un bord et semblant nous attendre. Gentil vieil homme boitillant avec le sourire permanent, il me rappelle vite les épisodes de Benny Hill façon course-poursuite en noir&blanc accéléré. Benny gagne sa croute en faisant visiter sa maison qui rend fou. Il a tout simplement construit cette baraque en confondant un pendule avec un fil à plomb. Tous les murs sont de travers, à l’instar du plancher. Nous y perdons rapidement l’équilibre, voyons des filets d’eau remonter les pentes, un billard posé en pente avaler les boules par le trou situé le plus en hauteur et tout un tas d’autres délires fantaisistes autour du même concept, façon entresort des fêtes foraines d’antan.

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Notre Sherif prend beaucoup de plaisir à nous raconter ses craques, il articule correctement tout en nous laissant le temps de traduire aux enfants. Nous passons un super moment gentiment débile. Cette visite marquera la fin de notre périple à Calico, nous remontons à cheval et prenons la direction de Las Vegas.

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En fin de journée, nous atteignons la ville puis le centre des congrès où Vincent achève son 3ème et dernier jour de salon. France Télévisions y tient un stand avec les camarades d’Orange, d’Ateme et Teamcast, bref, la télévision du futur à la française s’expose sous le nom de notre consortium 4EVER, et justement ce mercredi, toute l’équipe de 4EVER vient de recevoir un prix d’excellence ! Nous sommes accueillis par Vincent et Mickaël brandissant le trophée sur le parking. Ca promet.

Nous raccompagnons Vincent à son hôtel, installons nos affaires et partons diner. De retour à la chambre, les enfants enchaîneront un film longue durée, merci Harry Potter, nous laissant le temps d’aller fêter le trophée en contrebas sur le Strip avec mes camarades Ultra HD : Vincent, Mickaël, Thomas, Jérôme, Jean-Charles et Christophe ! Quelle rencontre improvisée et festive… dans dix jours nous rentrons en France et je reprends le boulot, après une soirée « retour aux affaires » aussi sympathique, m’habituant à réentendre des termes profondément enfouis dans mon subconscient… j’ai un peu moins d’appréhension. Elsa remonte coucher les enfants tandis que Vincent et moi enchaînons les heures sup’ : que la France et sa télévision publique me semblent loin, Vincent est gentil et m’empile les nouvelles en douceur.

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Elsa nous rejoint puis Vincent lâche prise un peu après, l’essentiel étant acquis, il devrait bien dormir dans l’avion demain ! Il faut toujours mettre les atouts de son côté pour réussir son jetlag. Elsa et moi avançons dans la nuit jusqu’à prendre notre ultime décision : vaincre une machine à sous. C’est parti pour 1 heure de fou-rire avec 20$ de mise (une vieille promesse datant de San Francisco) d’où nous sortirons bénéficiaires à 28,75 $ + 2 bières ! Notre secret, jouer très lentement… ça énerve la machine c’est sûr 😉

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Posted in ...des parents, Las Vegas, USA.

7 Comments

  1. ça y est , vous avez fait fortune : entre la mine d’argent et le casino, votre portefeuille est plein …….. un peu dur , matthieu de se replonger dans la dure réalité du travail?

    • Replonger pour boire un coup, ça va, c’est très gérable !
      Pour la fortune, c’est un tout petit début, mais j’ai des doutes sur nos capacités à gagner 8$ de l’heure ici !

  2. Vos pépites à vous sont en chair et en os…. la dernière photo vous êtes méconnaissables….. bon arrêter de jouer (ça a l’air de déformer). De retrouver tes collègues de cette manière, c’est cool non ? tu remets les pieds à l’étrier tranquillement. bisous

    • J’ai eu quelques difficultés à tout comprendre des discussions, mais c’en est rigolo, et ça revient vite. Quelle coupure incroyable.
      Quant à notre nouvelle physionomie, Vegas, ça marque vite.
      Bisous ma Béa

  3. Enfin une folle soirée de flambeurs! Il fallait bien fêter le trophée…
    Nous vous souhaitons d’autres soirées « détente » durant cette dernière semaine. Profitez pleinement de toutes les occasions.
    Nous vous embrassons!

    • Nous sommes aussitôt repartis en pleine nature. Le plus bizarre consiste à se rationner en eau un jour, tant la balade peut s’avérer suffocante et physique, et déneiger la voiture le lendemain matin !
      Ils sont fous ces Ricains !

  4. Super top les nouvelles roues sur le camion pour les vélos d’alix
    Et de Valentin ! Les secrets du jeu de la machine à sous vous sont désormais connus. Viva la coronna hombre !

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