Piscine, devoirs, fourchette et Cousteau – 17 mars

Nous y voici, dans notre coin perdu près de la mer ! Pemuteran, ex-zone très pauvre du nord-ouest de Bali, a su tirer parti de son littoral riche en petits poissons de toutes les couleurs pour y développer un tourisme respectueux.

Notre guesthouse sent le paradis. Les touristes, sans doute nombreux, se cachent un peu partout dans le coin dans de petits établissements éparpillés dans la jungle, sillonnée de chemins étroits. La route principale s’allonge sur près de 10 km et dessert l’ensemble, à distance respectable de la plage (une bonne centaine de mètres). Les quelques établissements huppés ont l’avantage des pieds dans l’eau, mais n’ont pour autant pas privatisé le sable, ni clôturé la jungle, et laissent même volontiers les visiteurs traverser leur domaine.

Nous démarrons cette journée par le test n°1, le petit déjeuner compris : du classique, bon et copieux. Le personnel, constitué d’une demi-douzaine de jeunes d’une vingtaine d’années, gère le restaurant, la piscine, les chambres, brûle de l’encens contre les moustiques et entretient les offrandes des petits autels de ce domaine de poche.

Un petit tour dans la piscine pour supporter les 34°C déjà bien installés et nous démarrons la session scolaire. A l’ombre des terrasses de nos chambres, l’heure est à la production des récits de nos 4 premiers jours à Bali, sur fond de grammaire, syntaxe et conjugaison. A l’issue de la 3ème douche de la journée, nous quittons notre fief pour déjeuner dans un warung (une gargotte) repéré lors de notre promenade la veille au soir. Pour se déplacer ici, le principe est immuable, rejoindre la route, puis bifurquer dans l’un des chemins perpendiculaires, le tout à l’ombre des bananiers, palmiers, frangipaniers et cocotiers la plupart du temps. Le rapport qualité-prix de notre warung nous épate, nous nous régalons de crevettes et poissons en tous genres, avec curry, sauce cacahuète, lait de coco, fruits et légumes en accompagnement. Elsa et moi sentons instinctivement que nous ne sommes pas trop pressés de boucler les sacs à dos. Nous avons réservé 2 nuits ici, nous parlons déjà d’en rajouter 2 autres.

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Nous quittons la table et reprenons le chemin, en direction de la plage cette fois. Le sable brûle, même si le soleil se cache derrière une gentille couche de nuages. Vite vite les pieds dans l’eau. Rapidement on évalue sa température à 30/32°C ! Mais où sommes-nous donc tombés ? Ok, on reste 2 jours de plus… au moins !

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Sur les 800 mètres de plage, 4 pêcheurs préparant leur matériel en vue de la sortie du soir, au loin un groupe de touristes s’apprêtant à plonger… et nous. A l’ombre des arbres, quelques groupes de balinais lézardent, en demi-combinaison, ils sont certainement guides de plongée et patientent dans l’attente de clients. Pemuteran est une plage connue pour avoir expérimenté en premier la croissance stimulée des coraux. A l’aide de générateurs électriques, notamment solaires, un courant est envoyé dans des cages métalliques immergées à moins de 100 mètres de la plage, où les coraux s’agglutinent et grandissent 5 fois plus vite. Ce projet Bio-Rocks a permis en vingt ans à plusieurs clubs de plongée de s’installer et prospérer. Tout autour, les jeunes se sont mis à l’anglais et les guesthouses ont commencé à pousser dans la jungle, le propriétaire de la nôtre a à peine notre âge.

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J’avise l’un des nombreux clubs de plongée de la plage et m’y rends avec Valentin pour louer 2 équipements de snorkeling. Nous nous mettons à l’eau, et ne tardons pas à halluciner. Le ballet des petits poissons multicolores démarre sous nos yeux, nous venons à peine de nous éloigner de 20 mètres. S’ensuivent des coraux de toutes les couleurs, durs ou mous, ainsi que d’énigmatiques étoiles de mer d’un bleu intense à faire douter Klein (Yves, pas Gérard).

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Tu vois ? Les impuretés, elles se déposent là

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15 minutes plus tard, évidence : Valentin n’a aucune appréhension et peut évoluer seul dans cette mer d’huile. Je le dépose néanmoins sur la plage et empresse Elsa de venir rendre visite aux coraux avec moi. De son côté, Alix trie les coquillages dans les premiers mètres d’eau. Elsa et moi nous élançons pour une vingtaine de minutes. Filez une paire de palmes à Elsa, elle a tôt fait de se transformer en sirène. Elle trace instantanément vers le large et nous parcourons 2 fois plus de distance. La mer est basse, nous survolons les coraux d’assez près. Au milieu de l’une des cages en forme de fleur de lotus apparaît notre première anémone de mer, quelques secondes plus tard nous ne ratons pas les poissons-clowns qui l’habitent, instant rare, La Petite Sirène et Nemo réunis.

Sur nos conseils, Valentin retournera explorer les lieux à son tour, tout seul, tout fier. Puis Alix s’exercera près du bord avant de faire un test avec Elsa au dessus des coraux. Aucun doute à son sujet non plus : la respiration, la flottaison, les palmes aux pieds, notre fille a beau nager approximativement, concernant le snorkeling, elle est aussi prête que son frère.

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Tous gaillards après cet après-midi entre deux eaux, nous rejoignons l’autre extrémité du paradis, en quête d’une douche, d’un coup de piscine, et d’un bon dîner. Ce soir nous entamons la discussion avec Kadek, le plus affable de notre sympathique équipe, et lui relatons nos activités du jour. Rapidement, il nous explique que la sortie vers l’île de Pulau Menjengan reste le must pour n’importe quel snorkeleur ou plongeur. Il propose de nous réserver 4 places pour la sortie du lendemain. Puis enchaîne avec une seconde proposition plus personnelle : son rêve consiste à ouvrir sa propre guesthouse à Pemuteran, aussi il offre de nous emmener le surlendemain pêcher au petit matin, rapporter les poissons chez lui, rencontrer sa mère et cuisiner avec elle notre pêche à la balinaise, avant de déguster le tout en famille et visiter sa propriété (arbres, animaux). Pour l’ensemble il nous demande une participation de 80€, qu’il entend mettre de côté pour constituer son capital. Puis il enchaîne : « si vous acceptez ma proposition, comme je vous trouve, vous et vos enfants, trop chouchous, je vous invite à mon anniversaire le 23 mars, nous grillerons un cochon aux épices, ce sera une fête extra, ça me ferait très plaisir ! » Bon, alors forcément, devant tant de gentils sentiments proférés en plein paradis, nous n’hésitons pas un instant. Rencontrer une maman balinaise et faire la cuisine sous ses ordres, ça aurait un prix ?

Nous dinons à nouveau somptueusement pour moins d’une vingtaine d’euros, puis rejoignons nos chambres, nous venons de prolonger notre séjour de 2 nuits, et d’ajouter l’option clim’ à 5€, le paradis j’vous dis.

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One Comment

  1. Sympathique cette rencontre avec Kadek. C’est donc demain que vous participerez à la fête d’anniversaire? C’est un garçon qui semble courageux et méritant. Vous faites bien de l’aider. Demain sera presque le temps d’un autre anniversaire que nous pourrons aussi fêter la semaine prochaine….
    Au regard des photos, vous semblez être dans une forme olympique! Vous nous en voyez vraiment ravis. Vos récits sur les découvertes marines et vos plongées nous mettent l’eau à la bouche et Sylvie, qui adore ce « sport », aimerait pouvoir vous rejoindre dans ces mers transparentes… Gros bisous sarthois!

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