Moab, c’est la Mecque du sport le vent dans les cheveux : rafting, escalade, VTT, canyoning, cheval, 4×4… Nous avons opté pour la marche à pied.
D’un côté de cette gentille bourgade de l’Utah, Canyonlands National Park représente le cas typique du parc gigantesque qui ne se parcourt qu’en voiture, si possible en 4×4 pour avoir accès au double d’itinéraires. Nous n’y ferons qu’une brève halte, juste 60 bornes de pampa pour observer quelques pétroglyphes comme souvent non datés, avant de faire demi-tour de peur de manquer d’essence pour rejoindre Moab. Ici la balade jusqu’au premier point de vue remarquable au bord du canyon implique 300 km d’autonomie.

De l’autre côté de Moab, contraste saisissant : Arches National Park se visite principalement à pied, même si la voiture s’impose pour atteindre les points de départ des randonnées le long de l’unique route carrossable d’une trentaine de kilomètres. Les plus téméraires y vont en VTT.
En atteignant Moab vers 14h, nous cherchons une bonne table pour notre déjeuner. Ca bouchonne aux carrefours, les feux tricolores ne fonctionnement pas. Quelque 10 minutes plus tard nous comprenons, la ville est privée d’électricité. Les restaurants sont tous fermés, les motels prennent les résas à la main mais les serrures électroniques empêchent d’accéder aux chambres. Les stations service font le plein de clients, lesquels attendent piteusement que les pompes se rallument. Dans n’importe quelle bourgade d’Indonésie ou du Vietnam, la vie continuerait et nous serions déjà attablés devant notre Nasi Goreng tout chaud. Là, à part acheter une glace – quand le commerce ne dépend pas d’une caisse enregistreuse électronique – toute activité humaine est suspendue. Il flotte un petit air pré-apocalyptique. Il faut qu’on se remette à la série The Walkind Dead fissa !
Nous auscultons notre jauge, il nous reste de quoi faire une cinquantaine de bornes. Nous optons pour une route panoramique le long de la rivière Colorado, à l’ombre de gigantesques falaises rouges, jusqu’au village de Castle Valley, dans l’espoir qu’il ne dépende pas de la même ligne électrique et qu’on puisse nous servir à manger. Nous passons devant le classieux Red Cliffs Lodge, hors budget, avant de bloquer devant Castle Valley. Le moindre chemin de poussière quittant la route et semblant mener au village, lequel s’étend sur près de 10 km au pied de la falaise, est assorti de panneaux « sans issue » ou « propriété privée ». Après de vaines tentatives, nous devons nous rendre à l’évidence, ces gens-là ne veulent voir aucun étranger chez eux, ils ont brouillé la moindre piste. C’est la première fois que nous vivons un truc pareil. Mais il est bientôt 16h et nous avons vraiment faim… Nous faisons demi-tour tout en surveillant la jauge. Nous finissons par stopper au Red Cliffs Lodge pour apprendre que leur restaurant ne rouvrira qu’à 18h mais que l’électricité vient d’être rétablie à Moab. Chouette.
De retour en ville nous avalons un 4h sans comparaison possible avec l’idée d’un goûter, puis pour expier les calories ingérées, partons en direction du parc d’Arches, tous pleins faits. Comme le soleil va bientôt se coucher, nous optons pour une promenade difficile mais pas trop longue à l’assaut de la Delicate Arch. Les enfants ont visiblement passé trop de temps en voiture, et malgré la pente qui incite à une respiration efficace ils sautent partout, geignent ou manquent de se jeter dans le vide… ce qui agace furieusement leurs parents. Le vent souffle fort, ce qui augmente un peu le stress lorsqu’on doit longer un ravin. A l’arrivée l’arche est bien là, comme posée sur son socle dans le soleil couchant. Ca vaut clairement la montée, mais ça ne calme pas pour autant Force Rose et Force Rouge, lesquels achèvent de nous gonfler et précipitent notre retour au motel.

Début de balade sous une météo incertaine

mais le vent a fini par chasser les nuages en 20 minutes



Delicate Arch

The Balanced Rock

Le lendemain, après une bonne nuit réparatrice, une session scolaire suivie d’un déjeuner à une heure décente, nous reprenons le chemin d’Arches pour viser une balade plus longue et plus ludique.

Après une rapide consultation de la carte, nous la repérons tout de suite, tout au bout du parc : 11 km de marche, des montées, des descentes, du sable, des cailloux, de la petite escalade à mains nus, des crêtes trop étroites à faire blêmir… et d’autres arches mythiques auxquelles rendre visite. Nous vivons sans doute la plus belle balade familiale de notre vie. Il fait chaud, nous vidons nos 2 litres d’eau en nous rationnant un peu, l’aventure totale !

C’est parti pour 11 km


Un daim se cache sur cette photo



Landscape Arch



Partition Arch






Double O Arch




Sans doute l’instant le plus magique, lorsque nous avons écouté le silence 3 bonnes minutes








Les 10 derniers mètres
Sur le chemin du retour, Elsa et Val partent pour une opération laverie, je rentre faire diner et coucher Alix dans notre Apache Motel, petit retour sur Terre.
Pour notre troisième journée à Moab, jour inexorable du départ, nous décidons de refaire notre balade de la veille, dans l’autre sens cette fois, et moyennant quelques détours supplémentaires pour admirer de nouvelles arches. Nous arrivons beaucoup plus tôt au parking du bout du parc, il y a foule, mais aussi du vent et toutes sortes de nuages menaçants. Après quelques centaines de mètres nous retournons à la voiture récupérer nos gros sweat-shirts, il fait vraiment frais. Quelques gouttelettes tombent sans que ça ne dure, nous avançons dans le désert, slalomant entre les cactus sur nos traces de la veille. En prenant la boucle à revers nous devons escalader là où nous sautions, et frémir en descendant les rochers que nous avions tant appréciés grimper. Nous ressentons cependant vite l’assurance d’évoluer en terrain connu. Et malgré plusieurs détours supplémentaires nous terminerons notre boucle, sous la grêle, avec une vingtaine de minutes d’avance sur notre temps de la veille.


Tunnel Arch


Pine Tree Arch





Private Arch

Lilix Arch



Un catwalk à 1.700 mètres d’altitude


Nous reprenons la voiture après notre rituelle salve d’étirements, la grêle se calme puis nous quittons à regret ce magnifique Arches National Park, en direction de Capitol Reef National Park, à 3 grosses heures de route.
époustouflant, magnifique, sans aucun doute les + beaux paysages américains …………et on voit bien que votre voyage vous a développé les mollets ! vous allez revenir en pleine forme pour faire les plantations de printemps dans votre jardin § bonne continuation
Je ne planterai que des cactus
Superbes photos !!! Waouh !
Et Elsa, superbe !
Des bisous !
Merci Leo ! Il était fabuleux ce parc…
Paysages vraiment magnifiques, mais qui se méritent car il faut souffrir pour les admirer! Nous imaginons le plaisir intense qui vous habite lors de telles escapades si extraordinaires. Vous êtes de vrais aventuriers. D’ailleurs, nous constatons que vous avez maintenant la ligne de grands sportifs. Vous semblez si sveltes et si minces sur les photos!!! Gros bisous de nous deux.
(Je suis en apnée sévère sur certaines photos mais chut! Ne le dites à personne :-))
Yes ! Vous voilà devenu de vrais survivalistes.
Vous avalez les kilomètres et tels les animaux sauvages de la région, profitez des habitacles naturels offerts pour vous reposer. C’est quand qu’on s’occupe du daim et qu’on lui propose un barbecue entre potes de France télévision ?
Votre retour sur Poitiers approche : vous reviendrez plus soudés, plus riches avec ces journées vécues, ces paysages et gens rencontrés … Et plus en forme car ce voyage vous a fait perdre de nombreux kilos.
Vous êtes beaux et soulagés de quelques pièces
Ouais, vivement qu’on fête ça avec vous à coup de Sainte Maure et de Muscadet !!! À très bientôt les amis, on va se goupiller un petit we ensemble dac ? Biz
C’est à couper le souffle, vos photos sont géniales, merci d’avoir partagé cette journée « rose », je n’ait pas trouvé le daim… mais 4 américains que j’embrasse très fort.
Il est en plein centre ma Béa, on parle bien de la photo au dessus de la légende, hein ? Pas de méprise !
Bisous
les pétroglyphes non datées c’est scandaleux, j’aurais rouspété à votre place.
Matthieu a illico cassé la gueule du 1er Ranger venu, tu penses bien, nerveux comme il est
Et pour pas que ça se reproduise – parce que bon, quand même, j’aime pas trop cogner sur des uniformes – je me suis empressé de dater l’ensemble dans un petit coin. Vu l’empoignade dépeinte, j’ai opté pour 1515.