Marché flottant, road trip et hôte de grande classe – 17 février

Il était convenu, ce matin là, que Phat nous attende au petit embarcadère devant la guest house pour 7 heures du mat, afin d’aller visiter le marché flottant de Can Tho. C’est pourquoi un léger étonnement zébra nos minois illuminés d’un indicible bonheur jovial et d’une incommensurable dérision paisible quand Phat nous réveilla en rigolant doucement à 5h50.

Le gars du bateau s’est trompé d’heure, nous explique-t-il, vous devez venir maintenant afin d’éviter les touristes. En tant que touristes, l’idée nous séduisit et, après un rapide décompte de nos piqûres de moustiques (malgré moustiquaire et spray spécial, les moustiques du Mékong sont des gars qui n’en veulent), nous décarrâmes, bien vaseux comme il faut.

Le mot ’embarcadère’ est un brin pompeux pour définir le ponton de fortune qui nous menait à la barque vietnamienne motorisée conduite par notre matinal marinier. Nous y grimpons tant bien que mal et là, d’un coup d’un seul, nous cessons de regretter notre lit.
 20160217_Mekong_ - 2 (1)
20160217_Mekong_ - 1 (1)
Le jour se lève, ses couleurs indécises évoluant sans cesse. Les maisons sur pilotis, ouvertes sur le canal que nous sillonnons, s’animent de mille activités. Ici on se débarbouille dans une bassine, là on charge les fruits et légumes glanés au marché, on prépare la soupe du petit dej’, on fume les yeux dans le vague. Autour de ces baraques souvent précaires, palmier, cocotiers, bananiers, cactus et arbres fleuris de toutes les couleurs nous rappellent, si besoin était, qu’on est au bout du monde.
 20160217_Mekong_ - 13
Soudain notre petit canal débouche sur une rivière, affluent du Mékong, qui doit bien taper ses 200 mètres de large. Une multitude d’embarcations, de la petite barque à rame au gros bateau marchand, se frôlent sur une longueur d’un kilomètre. On dirait un marché de demi-gros tant les quantités de fruits sont impressionnantes. Pastèques, melons, mangues, ananas, pomelos, et plein de fruits bizarres que t’as jamais vu, même sur l’étiquette du Tropicana. Les clients approchent leur embarcation de celle du vendeur, ça tchatche un peu, échange de biftons, et hop le vendeur balance sa marchandise direct dans l’autre barque. Puis les embarcations se séparent.
20160217_Mekong_ - 4 (1)
20160217_Mekong_ - 11
20160217_Mekong_ - 10
20160217_Mekong_ - 9
20160217_Mekong_ - 8
20160217_Mekong_ - 7
20160217_Mekong_ - 12
La plupart des bateaux servent d’habitation aux marchands. A bord, on distingue des autels dédiés à telle ou telle divinité (une odeur d’encens flotte sur la rivière), de petits enfants aident leur maman ou leur mamie à faire commerce pendant que les hommes charrient les denrées, d’autres se lavent les dents au dessus de la rivière, ou encore boivent l’étrange café vietnamien (sucré/vanillé, servi par des barmen en barques équipées de bouilloires et glacières, trop bizarre, décalé comme dans « Le 5ème élément »).
20160217_Mekong_ - 3 (1)
20160217_Mekong_ - 5
20160217_Mekong_ - 6
Le jour est levé, des embarcations cossues blindées de touristes asiatiques et caucasiens, moulés dans des gilets de sauvetage, affluent ; c’est l’heure pour nous de rentrer.
Hell’s angels deuxième partie : on retrouve nos scooters chéris pour un trip de 90 bornes, direction la ville de Ben Tre, où Phat nous a dégoté une guest house de rêve : celle de son frère, comme la vie est bien faite ! En partant, visite d’une pagode chinoise à Can Tho ; magnifique, avec d’énormes cônes d’encens se consumant au plafond.
 20160217_Mekong_ - 15
20160217_Mekong_ - 14
20160217_Mekong_ - 16
Le voyage se passe paisiblement ; conduire à la vietnamienne finalement c’est un peu comme le periph’ parisien, ça fait peur au début mais on s’y habitue vite.
20160217_Mekong_ - 1 (2)
20160217_Mekong_ - 2
20160217_Mekong_ - 3
Thaï, le frangin, nous accueille comme des rois. Sa guest house est splendide, composée de 4 chambres avec salle de bain, plus d’une « hutte » sur pilotis trop classe qui nous est attribuée à Matthieu et moi. Les enfants dorment dans la chambre là-bas loin ; eux comme nous y trouvons notre compte. Au milieu de tout ça, un jardin d’éden où poussent des millions de plantes aromatiques, médicinales, de fruits, de légumes, des bassins avec des poipois, des chats impertinents, une tortue qui se balade.
 20160217_Mekong_ - 20
Thaï est l’hôte parfait (Thaï Penh Ingh Tôn, dit Matthieu, les initiés apprécieront), il nous fait faire un tour du proprio super en nous faisant humer et goûter l’intégralité de son jardin, confectionne des bijoux en fleur pour Lilix, discute avec nous dans un anglais nickel.
 20160217_Mekong_ - 19
20160217_Mekong_ - 18
Phat, en rigolant doucement, prend congé.
Nous dînons superbement (poissons d’eau douce, céleri mariné, cuisses de grenouilles, fruits secs sauce chelou mais très bons, beignets d’une pâte de cacahuète toute bizarre mais pas mauvaise non plus, fruits du jardin), puis nous nous reposons, la nuit tombée, sur notre hamac, en écoutant les drôles de petits cris des lézards aux alentours.
20160217_Mekong_ - 4
Posted in ...des parents, Delta du Mékong, Vietnam.

11 Comments

  1. Toujours surprenant votre périple, c’est magnifique, dommage je ne sens rien et ne goûte rien, mais vous êtes beaux bises

  2. Bon, on voit que tout se passe parfaitement bien au Vietnam, le serpent est magnifique, même pas peur mais …. l’avez vous gouté ? lol…

    • Alix et Val l’ont embrassé, mais sans la langue par contre…
      Dites Martine et Francis, notre itinéraire et notre planning risquent de nous empêcher d’aller visiter Muy Ne. Je crois que c’était un de tes coups de cœur Martine. Selon vous, est-ce vraiment une bêtise de rater ça, ou pouvons nous « compenser » avec Nha Trang, Hoi An, enfin d’autres bleds côtiers?
      Merci de votre réponse!
      Plein de bisettes

  3. Votre voyage est vraiment impressionnant en tous points je vous admire tous les 4 quel courage et choix de vacances remarquable. Votre manière de raconter votre récit est super on a envie de plonger dans les photos.

    Matthieu je t ai poste un mail peux tu le lire s il te plait ?

    Gros bisous de nous 4

Répondre à Béatrice Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *