Löytö – 16 août 2023

Premier réveil finlandais. Autour d’un petit dej composé de rien vu qu’on n’a pas prévu le coup, nous écumons notre guide et tentons de nous familiariser avec le finnois. 

C’est désopilant : toutes les lettres se prononcent, les voyelles qui se suivent se prononcent séparément et les voyelles doubles sont « longues ». Le h est aspiré, le r roulé, le s toujours sifflé, et le g toujours guttural. Le u se prononce ou, le y se prononce u, le ä se prononce a, le ö se prononce eu et le j comme le y en français. Nous apprenons à dire bonjour, merci, et au revoir, mais retenons surtout que le surnom de Valentin, Toto, peut s’écrire Tötö et donc se prononcer Teuteu, ce qui amuse follement sa sœur. 

Et vers midi nous nous élançons, avec en tête quelques visites et choses à voir mais surtout le nez au vent. Nous déambulons en nous étonnant de l’architecture de la ville. De monumentaux bâtiments Art Nouveau scandinave dressent un peu partout leur silhouette massive. Cela leur donne des allures de forteresses mêlant pierre naturelle (évoquant des paysages rocheux) et détails de la faune et de la flore nordique. De loin, ils ressemblent à des machines à écrire ; blocs de granit sévères et gris avec des fenêtres qui font les gros yeux. Mais de plus près, on distingue des détails qui confèrent à l’endroit un certain romantisme (on parle d’ailleurs de romantisme finlandais) ; les gros bâtiments conçus pour conserver la chaleur s’habillent de brique et de fenêtres arrondies, cultivent l’asymétrie et se parent de jolies couleurs. D’imposantes églises et cathédrales luthériennes ou orthodoxes jalonnent notre parcours, dominant de vastes places où surplombant la baie. 

Les bâtiments se côtoient sans faire de jaloux, baignés dans cette lumière crue de la mi-journée. Malgré leur monumentalité pas un ne semble voler la vedette à l’autre. Le soleil tape mais tout doux, on n’a jamais vraiment chaud ; le vent circule aisément dans cette ville conçue en quadrillage et ponctuée de mille parcs, de sentiers verts, de bras de mer et d’espaces ludiques. Une ville pour vivre, qui ne se la pète pas. C’est chouette.

La photo pas top des touristes en goguette

Nous visitons la gare ferroviaire, qui en jette pas mal, et apprécions la grandiloquence du lieu, avant de reprendre notre flânerie. Les kilomètres défilent sous nos pas, il est 14h, et on a les crocs. Vus les prix prohibitifs pratiqués ici, arrêt dans une boulangerie-pâtisserie réputée (que nous avions repérée) où nous annonçons d’office et sans rougir que c’est notre premier jour en Finlande, qu’on a la dalle et qu’on veut du typique pour pas trop cher. Les vendeurs, blonds avec des sourcils blonds, nous conseillent alors les mets suivants : 

  • Du riisiipiirakka : un genre de tourte fourrée au riz qui tient bien au corps
  • Du lihapiirakka : un beignet fourré au saumon et au riz 
  • Du nakkipiirakka : un beignet au fromage et à la saucisse 
  • Du maalaiskinkku- sämpyla : un petit sandwich jambon fromage crudités 
  • Du kanninston korvapuusti : un petit gâteau aux fruits rouges
  • Et le meilleur cinnamon roll (beignet à la cannelle) de la terre.

Tout ça pour dire que les dénominations de nos plats ont été aussi longues à digérer que les mets eux-mêmes.

Le repas du biquet

Repus, nous partons visiter l’Ateneum, le plus grand musée d’art du pays. De la fin du XVIIIeme au début des années 1960, nous découvrons le travail des artistes majeurs finlandais, et passons un très agréable moment dans ce grand bâtiment à la fois solennel et ludique. Une aile entière est réservée à Albert Edelfelt, un peintre qui ne peut que séduire dans le sens où ses inspirations furent multiples : naturaliste et réaliste de formation, il étudia à Paris (impressionnisme et « gouaille » du Montmartre de la fin du XIXeme), à Madrid (romantisme), et réalisa entre autres de nombreux portraits dont celui de Louis Pasteur – celui-là même que les petits écoliers que nous étions voyaient reproduit dans leur livre d’histoire.

Vous le reconnaissez ?

Nous sortons du musée, n’ayant pas vraiment d’idée précise sur la suite de notre journée. Nous bavardons et rions beaucoup, ravis de nous balader tous les 4, une fois de plus, dans un coin du monde. Alix et Val sont en pleine foforme et d’apostrophent joyeusement, Lilix escagassant sans cesse son frère et celui-ci déplorant la présence « de cette fille bruyante qui nous suit depuis poitiers ». Devant un performer de rue entièrement couvert de peinture dorée pour simuler une statue vivante, Alix le plaindra car « ça doit pas être marrant d’avoir ainsi le visage peint », ce qui nous fera tous beaucoup rire venant d’une petite jeune fille qui d’ordinaire s’enduit le museau de mille crèmes, poudres et autres artifices pailletés. 

Après un petit stop dans le parc de l’Esplanadi, joli, bondé mais sentant un peu le pipi, nous arrivons au marché permanent qui longe une baie. Le coin de la popote (car on peut y manger à toute heure) est alléchant avec ses montagnes de poissons et crevettes et ses burgers d’élan. Plus loin, le coin des camelots propose des objets artisanaux qui évoquent le froid polaire et la vie du grand nord : moufles en mouton, écharpes en fourrure et couteaux de trappeur. Le tout coûtant un œil. 

56 € d’économisés

Les enfants nous guident vers la grande roue qui, plus loin, surplombe le port et doit offrir une vue incroyable sur la ville. Ignorant nos « non ! » blasés, ils s’élancent en ricanant comme 2 crétins s’enquérir du prix du tour de manège : 14€ la place, non mais ça va pas la tête, on va plutôt aller par là visiter la cathédrale luthérienne, perspective vachement moins rigolote selon Pincemi et Pincemoi, mais tant pis. La cathédrale, dominant la jolie place du Sénat, est un beau bâtiment blanc de style néoclassique. Sa solennité ne nous émeut pas des masses mais nous nous reposons un instant en son sein, en reluquant la statue d’un dénommé Melanchthon qui, comme nous sommes des gens rigolos, nous fera gentiment sourire, c’est la lutte finale. 

Il est pas loin de 17h et nous commençons à en avoir vraiment plein les bottes (nous avons parcouru près de 23 km en 2 jours, pas mal pour une reprise !). Après un arrêt à la supérette pour acheter de quoi faire nos sandwiches du soir (mais que la vie est chère ici !) nous rentrons nous reposer et jouer aux cartes. Le ciel se fait menaçant, nous n’avons pas le courage de ressortir, nous bullons gentiment en attendant que le sommeil nous cueille.

Posted in ...des parents, Finlande, Helsinki.

4 Comments

  1. rohhh ça a l’air si chouettos !
    Amusez vous bien pour les vacances en famille et gavez vous des trucs bizarres à la saucisse !
    Bisous !!
    ps : Mention spécial à Valentin, mannequin la redoute devant la gare ^^

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