Los Angeles – 18 et 19 avril

Décidément, le Motel 6 restera dans nos souvenirs un havre de paix au rapport qualité / prix discutable mais en piquant les savons ça va.

Le taulier, ayant eu pitié de nous lors de notre arrivée tardive (ou plutôt fort matinale), nous permet de rester dans la chambre jusqu’à midi. Il nous faut au moins ça pour nous retaper, nous rafraîchir, et envisager le programme de nos deux jours à Los Angeles. Il s’agit donc, aujourd’hui, de nous balader dans la ville et ses environs, y écumer les spots incontournables. Demain, gros craquage de porte-monnaie ; nous avons prévu de passer une journée au parc d’attractions des Studios Universal. Voilà quelques semaines que nous évoquons cette « surprise » aux enfants sans leur révéler de quoi il s’agit, histoire d’exciter leur curiosité et de pratiquer sur eux un chantage tout à fait assumé. Sachant l’échéance proche, ils sont d’une excessive gentillesse (même l’un envers l’autre, c’en est presque bizarre) et d’une serviabilité empressée ; si le chantage n’existait pas il faudrait l’inventer.

Nous quittons le motel et nous mettons en route vers Malibu Beach. C’est Matthieu qui tient absolument à s’y rendre, prétextant une plage d’une rare beauté alors qu’en fait nous savons tous très bien que c’est l’ado boutonneux sommeillant en lui qui désire ardemment retrouver ses fébriles émois d’antan.

Nous sillonnons cette énorme cité qui compte, si l’on inclut les dizaines de villes de banlieue qui se succèdent sans discontinuer sur des centaines de kilomètres, plus de 18 millions d’habitants. La géographie de la ville, s’étalant confortablement sur d’arides collines et bordant la mer, est assez magique en son genre ; tout est grand, immense, surdimensionné. Malgré son imposante démographie, Los Angeles est aérée, elle respire, et les palmiers, capucines et autres daturas fleuris savamment entretenus enjolivent la carte postale.

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Sans oublier les beaux camions

Cela dit, autant les panneaux que nous croisons incitent à la rêverie (Mulholland Drive, Sunset Boulevard, Beverly Hills, Rodeo Dr, Santa Monica Bd, Hollywood Bd…), autant la ville qui se déploie devant nous est médiocre. Les immenses quartiers résidentiels plus ou moins classieux sont ceints d’interminables boulevards où s’alignent des millions de boutiques et centres commerciaux. Et ce, à perte de vue, littéralement. Passé le plaisir de la découverte, nous observons d’un œil morne l’American dream qui dégouline autour de nous, déployant des trésors de mauvais goût même pas rigolos. Rapidement, nous convenons que Los Angeles ne présente pas d’intérêt particulier pour nous, et que la quitter dès demain soir ne sera un déchirement pour personne.

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Nous voilà sur une freeway, une autoroute 2×3 voies qui longe la plage de Malibu et que nous n’apercevons pourtant jamais derrière Pamela et Mitch. Malibu bled est d’une laideur consommée, empuanti par la circulation et enlaidi par les fast-foods et les supermarchés. Les palmiers et le ciel bleu n’y changent pas grand chose. Nous achetons notre brunch et le dévorons rapidement à une table coincée entre un parking et un centre commercial embelli par de magnifiques fontaines « dauphins » en béton. Nous nous empressons ensuite de gagner la plage, étonnement belle et préservée si l’on considère le goût de chiotte local. Le décorum tant attendu se déploie soudain sous nos yeux, l’océan pacifique bleu profond, la longue langue de sable blanc, et bien sûr l’inénarrable cahute sur pilotis hébergeant son sauveteur bronzé, affublé de sa mythique panoplie short + bouée rouges. Je devine Matthieu secrètement déçu par le manque de féminité évident du solide lifeguard, je respecte cela et garde un silence narquois. Alix et Valentin se jettent dans l’eau mais en ressortent vite, celle-ci étant glaciale. Nous passons un petit moment très agréable, songeant qu’il n’y a pas si longtemps nous nous trouvions de l’autre côté de cet océan, au Japon.

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Malibu beach, son lagon, son aigrette

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Elle a pris cher Pamela

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Lifeguard à la française, tout de bleu vêtu, et sans bouée s’il vous plaît

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Nous regagnons la voiture en longeant les magnifiques maisons friquées sur la plage, et reprenons la vilaine freeway : going to Hollywood !

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Le soleil se couche alors que nous foulons le Walk of Fame. Sous nos pas s’égrènent les noms des stars du tout-Hollywood, mais là encore quelle déception. Mercantilisée à l’extrême, la rue n’a de magique que ce que les publicités nous en disent. L’étoile de Maryline est coincée entre un Mac Do et une poubelle, les boutiques vendant à prix d’or des merdes estampillées Hollywood pullulent et l’ensemble, malgré les néons qui s’allument dans le couchant, reste assez laid.

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Batman file son 06 à Jack : bienvenue à Hollywood

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Marylin au pipi-room : bienvenue à Hollywood

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Nous passons devant les mythiques salles de cinéma des Oscar (Chinese Theater et Dolby Theater) et aussi, accessoirement, là où Matthieu vient parfois donner conférence devant un parterre de geeks en délire. Au loin se découpent les fameuses lettres d’Hollywood, nous prenons la photo qui s’impose et partons dîner. Une dernière petite promenade sur Hollywood Boulevard parce que quand même, cela a beau être plutôt laid, ça reste un brin plus fun que la rue Gambetta de chez nous. Alix trouve une étoile « vierge » et annonce que d’ici bientôt, si tout se passe selon ses plans, on pourra y lire son patronyme (ou son pseudo, elle n’est pas encore fixée).

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Notre Walk of Fame personnel

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Nous gagnons rapidement notre nouveau motel, à l’entrée de l’Universal City, désireux de nous coucher tôt afin d’être au top pour la fabuleuse journée du lendemain.

Les enfants sont couchés, je fume tranquillement sur le balcon quand, livide, Matthieu vient me trouver et m’annonce que nos billets Universal qu’il vient de recevoir par mail comportent une erreur. Inexplicablement, les billets ont été enregistrés à la date d’aujourd’hui au lieu de demain. Stupeur : venons-nous de perdre 400$ ? Nous décidons de suivre notre programme et de régler ça en direct, au parc, demain.

Nuit compliquée au vu des enjeux financiers. Nous partons de bonne heure pour les studios Universal, réglons les frais de parking (18$ pour le plus lointain, ouch’) et allons trouver la dame au guichet. Les enfants ont consigne de pleurnicher, mais pas trop sinon ça sonne faux.
Tandis que Matthieu parlemente, Alix fait ses yeux de chat potté tandis que Valentin, les mains sur ses épaules et la mine sombre, lui murmure : « ça va aller sœurette ». Ce cinéma digne d’un blockbuster n’émeut cependant pas la dame, qui, comme souvent aux US, nous propose une solution moyennant finance. Nous allongeons donc les 80$ de rigueur et obtenons enfin nos sésames pour le pays des rêves.

Décrire par le menu le parc et ses attractions serait trop fastidieux et certainement en deçà de la réalité. Je dirais juste que le prix prohibitif de l’entrée est, à mon avis, justifié par l’impeccable qualité des prestations.

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Poudlard, Springfield, Jurassic Park, Waterworld et j’en oublie : chacun de ces univers sont recréés sur plusieurs rues. On y est, pour de vrai, immergés dans les mondes de ces films si familiers.

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En leur sein, les manèges sont pour la plupart sensationnels : de la 3D, de la 4D, de la vitesse et de l’humour, nous nous amusons bien, les enfants sont comme fous. Et puis, parce que nous sommes tout de même au cœur de la machine Universal, nous visitons les studios en promène-couillons, traversant des décors variés tels que Wisteria Lane, la plage des Dents de la mer, la place centrale de Retour vers le futur, le motel de Psychose, un quartier de New York, de Londres, de Boston, de Paris, vus dans des centaines de films sous un angle ou un autre.

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Nom de Zeus !

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Wisteria Lane

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Nous vivons une course poursuite de Fast&Furious, un tremblement de terre dans le métro de Washington, et un orage diluvien accompagné d’une impressionnante crue dans un pueblo arizonesque. Nous assisterons plus tard dans la journée à un show à l’américaine détaillant les divers effets spéciaux utilisés couramment dans le cinéma hollywoodien. Nous verrons des cascadeurs se mettre une violente peignée, s’immoler sous nos yeux ou encore léviter en costume de cosmonaute, accrochés à des câbles.

La journée file vite et agréablement, tant l’organisation et la synchronisation ricaine est efficace. Il faut préciser tout de même que nous sommes en semaine et hors vacances scolaires, le parc est donc relativement peu fréquenté et les temps d’attente à chaque attraction d’un quart d’heure en général.
Nous déjeunons d’un Krusty Burger dans la taverne de Moe, tapons la bise à Dracula et Frankenstein, et courons dans les jeux d’eau quand il fait trop chaud.

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Finalement, si nous n’avions pas oublié le portable de Matthieu dans un casier verrouillé de Poudlard, cela aurait été un sans faute. Heureusement, comme souvent à Hollywood, tout est bien qui finit bien, nous retrouvons le portable à la fermeture du parc et, le corps fatigué mais la tête en ébullition, montons dans notre DeLorean et quittons Los Angeles.

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Posted in ...des parents, Los Angeles, USA.

6 Comments

  1. Encore de bien belles images et des souvenirs à l’infini… Mon âme d’enfant me laisse morose car j’aurais beaucoup aimé participer à cette dernière journée! Nous serons obligés d’y retourner tous ensemble. Gros bisous de nous deux!

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