Leaving Las Vegas – 8 avril

Au sortir de notre 2ème nuit américaine, à nouveau ponctuée d’un sommeil en morse malgré notre couchage très tardif, nous mettons en branle l’opération « paquetage » : aujourd’hui nous quittons Las Vegas.

La nuit dernière, occupés à vider notre porte-monnaie pour remplir la machine à sous, fut l’occasion de faire le point sur nos finances. L’objectif initial pour la partie US de notre trip consistait à maintenir nos dépenses à 100$/jour, hors frais de transport. Manifestement, j’ai du sous-estimer quelque chose… pour l’instant nous tournons plutôt aux alentours de 150$, sans même considérer le moindre extra. Un rapide coup d’oeil aux tarifs des hôtels (même si nous logeons systématiquement tous les 4 dans une chambre, puisqu’ici le concept double-queen nous propose de base 2 lits de 160 par chambre) ne nous laisse pas vraiment espérer mieux. Nous décidons de la jouer intelligemment côté nourriture. Comme restreindre les enfants à 2 repas par jour ne saurait être sain pour leurs petits corps, nous optons pour un régime « maison » concernant le petit déjeuner et le diner à coup de sorties au supermarché et de « cuisine » dans la chambre, entrecoupés d’un repas normal (comprenez « hautement calorique ») le midi, entre 2 escapades touristiques.

Premier objectif du jour : quitter la chambre avant 11h, puis rejoindre la voiture de location.

Comme pour tout achat ici, notamment à l’heure de payer un restaurant et plus encore lors d’une location de voiture, il faut jongler avec les frais cachés. Par exemple, si vous achetez une pizza à 10$, elle coûte en fait 11 à 12$ une fois ajoutées les taxes locales, puis arrondie à 14$ en ajoutant le service (pourboire obligatoire). Une chambre d’hôtel à 35$ devient, une fois la taxe et des frais de service obligatoire ajoutés, une chambre à 65$ ! La voiture, c’est encore plus drôle, on part de 20$ par jour sur la brochure publicitaire, auxquels s’ajoutent 3 ou 4 lignes supplémentaires obligatoires pour finir à 40$/jour ; une fois à l’agence on apprend que l’assurance n’est pas comprise et se chiffre à 30$/jour supplémentaires… heureusement les détenteurs de cartes Gold peuvent s’en passer, mais il faut lourdement insister et signer plein de renonciations. Grâce à plusieurs forums de discussion, j’ai choisi une agence particulière de la compagnie « Enterprise Rent-a-car », située en banlieue de Las Vegas. Il faut avouer que leurs tarifs, légèrement en dessous de la moyenne, ont l’avantage d’additionner tous les frais annexes dès le départ. Ce souci d’honnêteté m’a séduit, je l’avoue. Le tarif comprend également un chauffeur qui vient vous chercher à l’hôtel.

Notre chauffeur s’appelle Tim – retraité depuis 3 ans et très heureux de son petit boulot de complément, indispensable selon lui – et Tim vient nous cueillir au Circus Circus avec tout notre barda. Rapidement nous nous retrouvons à l’agence, où notre voiture nous attend. On n’oublie pas de nous présenter une magnifique Jeep à 5$ de plus par jour (avant les suppléments, rappelez-vous) au cas où nous aurions gagné aux machines à sous la veille. Forcément ça provoque un petit pincement à l’heure de déclamer « non, vraiment, nous préférons la Hyundai, vous savez on ne part que pour 3 semaines à la conquête de l’ouest ». Une fois passé le sketch du renoncement à l’assurance – il faut l’avoir joué souvent pour l’apprécier – nous prenons possession de notre bolide et embrayons (façon de parler, c’est forcément une boîte auto) sur la Sahara Avenue en direction du soleil couchant. Il est 11h30, il faut encore un peu d’imagination.

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Nous stoppons à la station service, nouveau ré-apprentissage de son fonctionnement depuis le pré-paiement jusqu’au bouton sur lequel il ne faut pas oublier d’appuyer avant d’enclencher la pompe, et 20 bonnes minutes plus tard nous embrayons sur Las Vegas Boulevard en direction… du soleil couchant.

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Elsa est au volant, le vent de la clim dans les cheveux, et nous cherchons un supermarché pour faire nos « courses du soir et du petit-dej’ à suivre ». Quelques miles plus loin nous avisons un Walmart, le Auchan local, dans lequel nos yeux vont s’écarquiller un peu plus à chaque mètre. La description d’un hypermarché américain vaudrait des pages entières pour s’adapter à la démesure qui frappe nos petits esprits européens. Ca commence à l’heure de choisir son caddie, puis se poursuit allée après allée, entre le paquet de chips dans lequel Alix pourrait envisager de faire une course en sac, jusqu’aux bidons de lait qu’elle ne saurait porter. Nos plaisanteries fusent, voilà un autre grand moment vécu en famille ! Je ne perds cependant pas le nord et entreprend de trouver des tranches de jambon pour nos futurs sandwichs. Dans l’immense rayon « charcuterie sous vide » (60 mètres de frigos) j’avise ce qui ressemble à nos paquets de jambon « Pâturages de France » et m’en saisis entre le pouce et l’index. Je manque de me fouler le poignet, n’imaginant pas que derrière la façade de ce produit s’entasse l’équivalent d’une trentaine de tranches, pour un poids d’environ 1,5 kg. Mort de rire, je cherche une solution alternative moins « garnie », avant de me résoudre à effacer mon sourire. Finalement je trouverai mon bonheur du côté d’un autre type de packaging limité à 20 « tranchettes ».

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Nous reprenons la route en direction de la Death Valley. Notre première étape vers l’ouest sauvage s’annonce pluvieuse, ce qui peut paraître un comble pour le « point le plus bas et le plus chaud des Etats-Unis ». Pourtant rien n’y fait, le thermomètre chute et les nuages s’amoncèlent au fur et à mesure.

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Nous entrons dans le parc, et par la même occasion dans l’état de Californie, par cette route typique du secteur : tracé rectiligne dans un désert de cailloux et de buissons secs, où la vue s’étend à des kilomètres. Les enfants s’empressent de réclamer leur dose de safari : « et quand est-ce qu’on voit un serpent ? Et un varan ? Et un vautour ? » Alix demande également si des chevaux sauvages habitent dans le coin. Nous acquiesçons, tout en tempérant son ardeur, il y a tout de même peu de chance d’en croiser un seul. A peine 2 miles plus loin, la Death Valley nous donnera raison, puisque nous n’en croiserons pas un, mais 6 ou 7, galopant et ruant entre les buissons, à une dizaine de mètres de la route. Quel sens du show ! Des sauvages chevaux dans cette sauvage contrée, caracolant dans une sauvage météo, c’était vraiment… vraiment !

Le parc national de la vallée de la mort est immense, sans voiture, essence ni eau, point de salut. La nature faisant preuve de clémence aujourd’hui, nous essuyons une averse de compétition. Nous poursuivons notre route jusqu’à Dante’s View, le point culminant du site, d’où nous pourrons observer le coucher de soleil à travers les nuages, avec le lac de sel en contrebas. Nous sortons les gros sweats car le vent souffle, et nous en mettons plein la vue.

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A la redescente, nous traversons la vallée de nuit pour ressortir plein est, direction Beatty, à la frontière du Nevada. Nous inaugurons notre première nuit dans un motel 6, une chaîne hôtelière officiellement low-cost mais pas cette fois, où nous savourons notre premier « cooked dinner at home », suivi d’une « laundry » jusqu’au bout de la nuit pour repartir dans des fringues propres le lendemain, le soleil levant dans le dos.

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Posted in ...des parents, Las Vegas, USA.

6 Comments

    • Faut que j’essaie d’extraire quelque chose de la vidéo, j’avais le camescope à portée, je vais tenter prochainement.
      Quelle couleur veux-tu ?
      Et avec les sauvages qu’il croise ces jours-ci, comment va Olivier ?
      Bises,
      Matthieu

  1. Cool d’avoir fait quelques images ! Olivier que j’ai rejoint hier soir était à la fois liquide et surexcité, mais content : par moments, il a battu les records d’affluence sur son stand. Bises

  2. Hello Matthieu

    Bravo à toi ta compagne et tes enfants.
    Çà va resté gravé à Vie tous ça.
    Amicalement

    Larbi

    • Ouiiii ! J’ai emmerdé Matthieu qui conduisait pendant une bonne demi heure jusqu’à ce que j’ai The photo, la lynchienne ! Bisettes ma copine

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