Réveil moite dans notre chambre d’hôtel au bord du Mékong. Il est 8 heures et ça bosse dur dehors. Les écoliers ont rallié l’école vers 6h30, c’est la rentrée des classes pour eux. Nous goûtons d’autant plus nos vacances (même si c’est pas très sympa).
Nous déjeunons d’une nooddle soup qui nous crame bien le bec (Alix refuse aussi sec de manger, Val se force et les larmes coulent toutes seules). Note pour plus tard : demander « less spicy » demain matin. Ça fait bizarre les nouilles au petit déjeuner : l’idée de la baguette (de pain, entendons nous bien) commence à apparaître dans nos esprits accompagnée de la BO de Requiem for a dream.


Matthieu a le bras d’une longueur incroyable depuis qu’on est là, et se met aussitôt à négocier avec un type sorti de nulle part et à l’anglais chantant, recommandé par le patron de l’hôtel, qui semble lui aussi être l’heureux détenteur d’un bras télescopique. Tope-la mon pote (Doan de son prénom), pour 60€ déjeuner inclus nous partons avec lui et Phuong le chauffeur visiter la fameuse pagode Vinh Trang, haut lieu du culte bouddhiste dans le delta, puis un musée dédié à la bataille sanglante d’Ap Bac au nord de My Tho, puis une ferme-zoo-centre de prélèvement-labo de traitement-centre médical dédié aux serpents venimeux, le Vietnam étant le premier exportateur mondial de venin et d’anti poison.
C’est parti, le chauffeur (lui aussi sorti de nulle part, c’est magique) nous attend en bas dans sa voiture climatisée, et nous nous lançons sur les routes où chacun pratique la conduite selon son intuition et l’humeur du moment. Détail amusant à ce sujet : ici le klaxon remplace harmonieusement le clignotant, la priorité, les panneaux de signalisation et même le sens de la route. Un véhicule sans klaxon est un véhicule en panne.
La pagode nous saute littéralement aux yeux à notre arrivée. Un grand Bouddha d’une vingtaine de mètres nous accueille, les mains symboliquement placées pour signifier qu’il n’est pas armé, et qu’il ne nous souhaite que du bien. C’est sympa, hein ?

La pagode, construite pendant la colonisation française, est un grand bâtiment d’inspiration bouddhique, taoïste, chinoise et française. Le jardin qui l’entoure donne un aperçu du paradis. Les enfants s’ennuient dur pendant les explications en anglais de Doan, nous traduisons comme nous pouvons, en les empêchant de galoper et de grimper partout (grâce notamment à mon regard numéro 8, celui qui veut dire « essaie un peu pour voir et je te prive de tout jusqu’à tes 18 ans » – très efficace).

Le temple est splendide, décoré de pans en bois finement sculpté, de statues de divinités plus ou moins grimaçantes, de symboles de réincarnation.

Les fidèles prient avec ferveur, l’encens se consume au son des « dongs » des dongs. Dehors 2 autres statues géantes d’un blanc immaculé brillent au soleil : il s’agit de nos amis le Bouddha couché (car mourant) et du Bouddha heureux, sa réincarnation, assis tout sourire avec son gros ventre et ses oreilles qui pendouillent, est-il sympathique celui-ci !

Notre 2ème étape est le musée de la bataille d’Ap Bac contre les américains, un genre de Verdun local. Le musée est fermé quand nous arrivons. Les gardiens jouent aux dames chinoises à l’ombre d’un bananier. Autour de nous les rizières vertes, avec des dames qui y oeuvrent coiffées de chapeaux chinois. Doan fait, en toute simplicité, rouvrir le musée pour nous. En fait de musée c’est une grande bâtisse d’une pièce, toute délabrée, avec photos, maquettes et armes déchiquetées.

N’étant pas férue de ce genre de musée je flâne, mal à l’aise dans ce lieu qui pue la mort. Le jardin à l’extérieur renferme, dans un décor tropical dont tu n’oses rêver, des reconstitutions d’abris, de logements, de planques et de tunnels souterrains qui servaient aux populations et troupes locales pour se défendre des américains qui, soit dit en passant, se sont pris une méchante petite tôle sur ce coup-là.

Notre 3ème et dernière étape de la journée nous mène à la ferme aux serpents. Après un déjeuner composé de riz frit et de poulet mariné (Val, en passant, a mangé une patte bouillie pendant que Matthieu se tapait la cervelle en essayant de penser à autre chose), nous allâmes à la rencontre de nos amis reptiles tous plus venimeux les uns que les autres.

Des najas, des cobras pas contents, des vipères et tout un tas de saloperies du même accabit glandaient là, étonnamment proches des visiteurs. Heureusement des panneaux invitaient les badauds à ne pas faire gouzi gouzi aux serpents au travers du grillage des cages ; ah bon ?

Mate le buisson, maman !
Valentin était comme sous extasy, déballant tout son savoir (assez exhaustif il faut le reconnaître) sur les serpents, en allant de cage en cage. Quant à Lilix, son serpent préféré était en fait… un singe, ou plutôt tous ceux qu’on croisait, tenus en laisse accrochés à de petits abris dans les arbres du magnifique parc.



Crocodiles, autruches, ours, chats du Bengale, aigles, porc-épics, et tout plein d’autres bestioles complétaient le tableau. Nous avons passé un super moment, et je ne vous parle même pas du câlin des enfants à l’impressionnant boa constrictor – figure de proue du parc.
Retour à My Tho, achat de 2 fringues pour les kids en vue de l’excursion de demain qui s’annonce pas piquée des hannetons. Douche salvatrice, devoirs, balade by night, dégustation d’un Banh Bo qui vient enrichir la liste des trucs chelous savourés jusqu’ici.
Et dodo.

Merci ma Elsa c’est génial, je vous trouve courageux surtout au niveau du palais…… mais bon les serpents aie aie aie…. vos photos sont magnifiques. Dormez bien à demain, bises à vous 4
Nous on veut un chat du Bengale steuplait !
Je veux un i-phong
Magnifique! Voilà du beau voyage et de la découverte incroyable. Elsa, tu as la vocation d’une romancière humoristique. On a bien ri avec Sylvie en lisant ce chapitre. Bises à vous quatre depuis Luxembourg et son verglas.
Vous êtes tous les 4 au top ! Avaler dès le petit dej une soupe qui fait pleurer, une bière le midi qui gargouille le bidou, une pate de poulet bouillie pour Val et la matière grise pour papa … et assurer les excursions : chapeau mes loulous.
Les nantaises vous embrassent tout en frissonnant côté sssssserpent !
quels beaux paysages! magnifiques! et j’adore le ton avec lequel mon elsa raconte tout cela. On vit les choses avec vous, sans la bouffe, et c’est tant mieux pour moi!!!