L’ancienne capitale impériale de Huê – 28 février

Le rapport espace-temps prend une petite claque. A remonter tranquillement vers le nord du Vietnam nous nous sommes rendus compte qu’il restait beaucoup trop de kilomètres à couvrir dans le temps imparti.

C’est pourquoi nous quittons Hoi An beaucoup trop vite à notre goût, pour foncer découvrir l’ancienne capitale impériale de Huê, dernière étape avant Hanoi. Cap au nord.

Verdict au réveil, mauvaise nuit, nous avons résolument eu trop froid… Nous tendons le dos, dans l’espoir que les virus du coin en aient aussi profité pour rester à l’abri.

2ème couche au réveil, Alix est recouverte de plaques rouges. Tout de suite nous incriminons la salubrité du lieu, une bestiole trop vorace, une réaction au froid… A l’issue du réveil complet et la réunion de l’ensemble de nos neurones, nous statuons – autour d’une Alix se grattant de partout – pour une poussée urticaire massive et allergique, puisque Valentin n’a rien. Un demi-comprimé anti-histaminique de cheval plus tard, nous prenons le chemin du petit déjeuner, en direction de la citadelle impériale.

20160228_Hue - 1

Il nous faut traverser la rivière des Parfums. Bon, là, au petit matin et à jeun, la rivière des Parfums laisse une empreinte olfactive qui réveille définitivement. Nous pénétrons la citadelle par l’une de ses 4 grandes portes, il faut imaginer la taille du lieu, les 4 portes sont réparties le long d’un périmètre de 10 km de muraille. Nous passons les canons sacrés et admirons, au son merveilleux d’une marche militaire, une jeune troupe apprenant le pas martialo-chaloupé de leur corps d’armée.

20160228_Hue - 3

20160228_Hue - 4

Derrière eux, l’entrée de la cité impériale s’offre à nos regards, avec ses bassins, ses 5 portes : celle de l’empereur – fermée -, de part et d’autre celles réservées à la cour, puis de part et d’autres, celles réservées aux chevaux, aux éléphants et aux gueux.

20160228_Hue - 5

Juste derrière l’édifice d’entrée, magnifiquement refait comme l’essentiel des bâtiments « debout » de cette cité, les enfants sont immédiatement absorbés par deux bassins ornementaux où des nuées de poissons rouges gros comme ma cuisse attendent qu’on leur jette de la nourriture.

20160228_Hue - 6

Nous progressons vers le pavillon principal, où l’empereur devait passer la soirée sur son trône rouge et or, dans des costumes plutôt chargés, à regarder la cour faire la fête devant lui. Photos interdites… nous atteignons la série de bâtiments suivante. De grandes expositions photo nous font plonger dans l’univers des empereurs du Vietnam, la dynastie des Nguyen, dont l’antépénultième a connu le daguerréotype, et le dernier, le polaroid.

20160228_Hue - 9

Nous prenons connaissance des rites et de l’organisation politique du régime. Les mandarins – un corps d’hommes nobles, distingués par leurs faits et non par leur naissance – représentent l’empereur un peu partout dans le pays, sur les plans politique, militaire, social etc. Immédiatement nous repérons les mandarins par leur grade, visiblement exprimé sur leur coiffe.

20160228_Hue-8 - 1

Elsa se prend d’affection pour les chapeaux-libellule qui laissent vagabonder l’esprit sur le sens de cette coquetterie :

  • exprimer une largesse d’esprit ?
  • faciliter l’alignement des mandarins lors des cérémonies protocolaires ?
  • prouver sa capacité à ventiler de l’air sur n’importe quel sujet en signe d’érudition ?
  • permettre un meilleur refroidissement de la température de la coiffe, après tout il s’agit bien d’ailettes…

L’essentiel du palais impérial est resté rasé, principalement du fait des bombardements américains. Petit à petit les vietnamiens rénovent voire reconstruisent les bâtiments, ainsi chaque année de nouveaux pavillons sont (r)ouverts à la visite. Pour l’instant, de la cité interdite (cité pourpre) comprenant notamment les bâtiments du gynécée où l’empereur pouvait garder plus de 1.000 femmes à son service – un record fut établi à 700 épouses et à peu près autant de concubines – il n’en reste que les fondations.

20160228_Hue - 7

Aujourd’hui, la femme vietnamienne se libère et le célèbre

Les enfants vagabondent au loin, avec une muraille de 10 kilomètres autour de nous, nous sommes assurés de ne pas les perdre à court terme. Dire qu’ils s’éclatent serait un tantinet exagéré. Mais tant qu’on peut regarder dans l’eau, slalomer entre des piliers ou se cacher derrière des paravents… il y a du monde.

20160228_Hue - 10

Nous terminons la visite par les bâtiments qui ont abrité les reines-mères, les seules épouses (les 1ères, de chaque empereur), à avoir connu quelques égards. Résidences somptueuses – mais bien verrouillées – on en frissonne de sentiments mélangés.

20160228_Hue - 11

Pour le reste, il y a de la place dans la cité. Donc l’opportunité de créer un palais pour un peu tout et n’importe quoi. Nous nous lançons dans l’exercice, nous mettant à la place de l’empereur. Ici un palais pour honorer grand-père, là un autre pour honorer grand-mère… au final nous n’arriverons pas à leurs impériales chevilles, apprenant que ce grand truc, là, c’est le palais du jeûne, il sert 3 jours par an pour que l’empereur puisse se préparer avant une cérémonie rituelle importante, sans risquer de croiser une graine de tournesol qui lui fasse perdre le sens du devoir.

20160228_Hue - 12

Nos pieds ont de plus en plus de mal à nous porter, il est donc temps de nous emporter. Nous croisons un bon resto japonais sur le retour, conseillé par notre guide papier, tous ces poissons rouges nous ayant nargué au matin, l’heure de la vengeance sonne.

Posted in ...des parents, Huê, Vietnam.

4 Comments

  1. Encore un lieu magnifique. Vous avez beaucoup de chance et nous en sommes heureux pour vous. Nous allons regarder la carte en détail ce soir afin de constater avec précision où vous êtes actuellement. Béatrice est arrivée depuis deux jours. Ce serait sympa que nous vous parlions par Skype ce week-end. Aujourd’hui, je vais à Laval… Je n’y suis pas allé depuis trois ans mais je dois récupérer des partitions d’orchestre à l’EIM. Béa va passer deux jours à St Denis chez les petits Mayennais. Bises à tous les quatre!

    • Bon retour en Mayenne !
      Nous partons cette nuit pour les montagnes du nord, samedi soir nous serons dans notre train du retour, toujours de nuit. Dimanche soir sera sans doute le plus propice pour un Skype, sans doute vers 16h en France. On se redit tout ça. Grosses bises !

      • Coucou les Vietnamiens, nous espérons que votre retour de nuit ne sera pas trop désagréable.
        Ici, le temps est aux giboulées et il fait plutôt frisquet… nous resterons sans doute à la maison tout le week-end et nous pouvons être sur Skype dimanche après-midi afin de vous parler en direct.
        Gros bisous de nous deux et de Béa

  2. Je veux la casquette du général des armées qui vérifie le marché au pas de ses soldats !
    Eva me dit que les poissons rouges, c’est comme chez Truffaut !
    Pendant ce temps, papa pense que le mec empereur devait avoir les moyens et la santé pour avoir 700 épouses et 700 concubines !
    Franchement, se taper des sushis après avoir contempler la maison du carême, moi je dis :
    A TABLE !
    Merci et continue à nous faire rêver matthieu

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *