Hoi An part II – 26 février

Il pleut ce matin. Et ça caille. Allez hop ! On reste buller à la guest house.

Vers 13h30, tiraillés par la faim, on décide de se bouger un peu. Nous grimpons sur nos vélos et partons déjeuner au Cargo, un resto excellent doté d’une gigantesque terrasse donnant sur la rivière et ses pittoresques bateaux. Je goûte à cette occasion le meilleur bo bun qui ne m’ait jamais été servi ; un véritable délice, parfumé, croquant, relevé… Alix et Val, eux, commandent des hot-dogs/frites/ketchup ; de guerre lasse nous les laissons faire. Tous ceux qui ont eu des enfants connaissent, je pense, ces petits arrangements avec la honte… Un peu comme quand tu cèdes sur le nombre d’invités à l’anniversaire ou sur les Crocs roses « reine des neiges ». Bref à les entendre c’était le meilleur hot-dogs/frites/ketchup qu’ils aient mangé de toute leur existence.

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Après ce repas semi-typique, nous reprenons nos déambulations dans Hoi An, enchaînant les musées, les visites, les flâneries le nez au vent. Nous pénétrons chez un des nombreux tailleurs de la ville, qui propose tout un catalogue de robes splendides et de costumes sur mesure pour un prix très raisonnable. Nous avons prévu de quitter la ville le lendemain ; le délai est trop court pour la confection d’une robe. Je décline donc la proposition de Matthieu, et nous continuons notre chemin. Pour la petite histoire, il ne se passe pas une heure depuis sans que je me fustige de cette décision.

Après avoir longuement galéré à trouver un bureau de poste dans le dédale des rues, nous profitons de la nuit tombée pour errer dans la ville, à la lueur des innombrables lampions multicolores. C’est la pleine lune et, à cette occasion, il est coutume à Hoi An de ne s’éclairer uniquement qu’avec des lampions et des installations lumineuses ; pas un bête lampadaire à l’horizon. Le spectacle est tout simplement magnifique.

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De vieilles dames coiffées de chapeau coniques vendent des bougies flottantes colorées que les amoureux vont déposer au milieu du fleuve en barque. Des marchands ambulants proposent des jouets à ressorts lumineux qui zèbrent le ciel de traits verts et bleus. Nous dînons d’un smoothie face au fleuve qui scintille et regagnons doucement nos vélos.

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Soudain, brouhaha sur notre gauche ; un attroupement, de la musique traditionnelle, un joyeux tumulte, des rires, des bousculades, des invitations à approcher. Nous nous installons autour d’une petite place et, après quelques instants, assistons à notre première partie de Baī Choī, un jeu traditionnel vietnamien très populaire à Hoi An.

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Ce jeu, qui a l’air incompréhensible comme ça mais en fait tout s’explique, serait joué depuis plus de 400 ans dans la province au point d’en devenir une institution locale, enseignée dans les écoles de musiques de la ville. Voici les règles du jeu, que je copie/colle sans rougir depuis l’excellent site www.goodmorning-hoian.com :

Régles du jeu du Baī Choi
Au commencement, vous choisissez 1 planchette parmi plusieurs, Comptez 20.000 Dôngs vietnamiens pour une partie (environ 80 cents). Sur la planche se trouvent 3 dessins ainsi que 3 mots en vietnamien.

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Le jeu commence quand le chanteur aussi appelé Hieu en vietnamien tire un baton en bambou où se trouve un mot. Ensuite, il chantera souvent en duo (ou pas d’ailleurs, mais à Hoi An c’est le cas) une chanson folklorique traditionnelle vietnamienne où un mot vietnamien sera prononcé.

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Une personne passera dans le public avec une planche où sera inscrit le mot ainsi que le dessin correspondant.

Si vous pensez avoir le bon dessin ainsi que le mot, il vous suffira d’avertir cette même personne qui viendra vérifier et vous donnera un drapeau jaune si tout correspond. Faites attention, certains dessins se ressemblent.

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Le but du jeu: réunir les 3 dessins et donc avoir 3 drapeaux jaunes.

Voilà le topo sur le papier. Dans les faits, un homme et une femme, en costumes d’apparat, entonnent les chansons traditionnelles, des musiciens jouent derrière (percu et Dan Bau, une guitare monocorde au son lancinant), un maître de cérémonie chauffe l’assistance en hurlant dans son micro, un petit type (très élégamment habillé lui aussi) vérifie les plaquettes des joueurs et distribue ses fanions jaunes. Ça grouille de vie, c’est joyeusement assourdissant, tout le monde se marre, les anciens reprennent les chansons en chœur, on s’apostrophe, on fanfaronne, le tout à la seule lueur des lampions ; nous vivons un moment étrange et magique.

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Étourdis, nous rentrons à la guest house, hésitant jusqu’au dernier instant à prolonger notre balade nocturne tant la nuit est douce. Mais non ! Nous devons nous lever tôt demain, extinction des feux sous les protestations des enfants, qui en voulaient plus encore.

Posted in ...des parents, Hoi An, Vietnam.

7 Comments

  1. Quelle soirée magique! Vous avez eu la chance de vous immerger totalement dans cette culture chatoyante. J’aurais beaucoup aimé vivre cette expérience. Je ne suis pas convaincu que la musique m’aurait plu… mais c’est tout à fait sans importance devant un tel spectacle. Beatrice arrive au Mans ce soir. Nous vous embrassons très fort et pensons bien à vous quatre.

    • Musicalement, ça tenait vraiment la route! Les instrumentistes n’avaient pas à rougir. Les voix vietnamiennes, du fait de la prononciation même des mots, sont vraiment en mode « nasales », du coup c’est vrai que c’est étrange et que ça ne doit pas beaucoup ressembler à ce que tu enseignes et pratiques, Yves! Cela dit l’ambiance était telle qu’on rentrait tout de suite dans le mouv’, un peu comme dans les matchs d’impro.

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