Clairement, nous ne sommes pas prêts pour ce voyage de 5 jours à Londres. A moins de 2 heures du décollage de notre avion, les valises ne sont pas bouclées, les trajets aéroport-auberge de jeunesse-trucs à visiter pas étudiés, on ne sait pas où quoi quand manger, bref on y va au talent. Rien n’est prêt car des impondérables et autres cataclysmes nous en ont empêchés, mais qu’à cela ne tienne, on en a vu d’autres, lançons-nous dans ces petites vacances en la perfide Albion dont nous avons tous les quatre grand besoin.

Hop hop les valises (celles-ci en soute, celles-là en cabine), on met le chat pas content dehors, on boucle la maison, on embarque les passeports (pas comme lors de notre dernier voyage en Bulgarie où je les avais judicieusement oubliés à la maison, bon ben on n’est pas allé en Bulgarie), et on bisouille mon papa Jean-Marc qui nous dépose à l’aéroport de Biard.
Déconvenues aéroportines : le vol est repoussé d’une bonne heure à cause des intempéries et finalement nous n’avons le droit qu’à des bagages cabine. Nous abandonnons donc à l’aéroport les produits de toilette faisant plus de 100ml – on les récupèrera à notre retour. Le vol en lui-même est normal, ponctué par les cris de quelques merdeux mal élevés, il y en a dans chaque avion (sont-ce d’ailleurs toujours les mêmes ?).

Aéroport de Stansted, on saute dans les navettes/métros qui nous mèneront à notre arrêt, Hammersmith, en hallucinant gentiment sur le montant du trajet : près de 30 livres, ils sont fous ces anglais. Le quartier de notre auberge de jeunesse est très sympa, vivant, ponctué d’innombrables pubs lourdement parés de leurs briquettes rouges et de poutres en bois ouvragées.

Nous prenons place dans notre piaule d’auberge de jeunesse, une pièce proprette de 15m2 contenant 2 lits superposés, une petite table, une armoire et un mini frigo émettant un ronron lancinant. Les toilettes et les bathrooms communes sont plus loin sur le palier, et leur état de propreté très relatif écourtera considérablement les sessions salle de bain. Diverses cuisines communes sont disséminées çà et là, et de leurs portes mi-closes s’exhalent des odeurs gastronomico-beurk qui n’incitent pas à la gourmandise.

Nous ressortons dans les rues animées, peuplées de looks bigarrés et cosmopolites. Nous sommes fourbus, il est 21h passées, on a la dalle ; nous avisons les pubs remplis d’anglais ayant vraiment des têtes d’anglais. L’inquiétude nous gagne : tout ce petit monde est attablé devant des litrons de bière, mais pas de nourriture solide, alors que chaque devanture vante les mérites de mets très pauvrement composés de fruits ou légumes.
Nous rentrons dans un pub typique : moquette verte et jeux de fléchettes, tables collantes, panneaux de bois décorés, gente féminine rare voire inexistante, match de foot en arrière plan. Le barman roux, doté d’une dentition défiant les lois de la gravité, ouvre des yeux ronds en dévisageant Lilix : elle n’a pas l’âge de venir dans un pub non ? Heu… non, pas vraiment, répondons-nous… mais promis elle fera mollo sur la Guinness ; on peut becquetter un morceau quand même ? On a faim…
Absolutely not, répond aimablement le barman ; on ne sert plus à manger passées 21h, et d’ailleurs le pub est interdit aux mineurs. Grand prince, il nous indique quand même quelques adresses à tenter dans le quartier pour casser une graine, en nous déconseillant vivement les pizzas sous peine de choper une courante de tous les diables. Ok, c’est noté.
Sur le trottoir, alertés par le risque d’une méchante tourista à moins de 2 heures de Poitiers, nous checkons les avis clients des cantines du coin et jetons notre dévolu sur une chaîne de fast-food proposant des kebabs revisités. 5500 calories plus tard, nous regagnons notre chambre, et de là notre plumard ; la journée fut longue, alors, going to the dodo.