A l’origine, nous avions réservé ces 3 jours pour reprendre le contrôle de notre voyage et marcher sur les traces de nos amis Camille et Pierre-Yves, vers le sud-est de Java, leur coup de cœur indonésien.
Car à Pemuteran, nous sommes parfaitement positionnés pour atteindre Java. Le coin perdu qui nous intéresse n’est plus qu’à une grosse demi-journée de transport et recèle un camp de surfeurs isolé sur une plage déserte, puis à 4h de piste de là le parc naturel où, paraît-il, les Rangers couvent eux-mêmes les œufs de tortues pour sauvegarder l’espèce.
A l’heure de mettre les voiles nous listons les amarres à larguer : 40 degrés à l’ombre, une piscine, une bonne table, la clim dans la chambre, les enfants dans celle d’à côté, une harassante marche de 20 mètres pour rallier tous ces points… Aimons-nous tant que ça les tortues ? Avons-nous tant envie d’une soirée plage avec des surfeurs blonds (et quelques moustiques, inévitablement, sachant que le blond ne se fait jamais piquer comme de bien entendu) ? D’un commun accord avec nous-mêmes, nous décidons courageusement d’aller à l’accueil de notre guesthouse réserver 3 nuits supplémentaires. Adieu Java, c’était bien, certainement.

A partir de là, relâchement total pour digérer l’effort. Nous alternons séances scolaires à la fraîche dans les chambres et récréations dans la piscine. Nous mangeons léger dans l’une de nos deux cantines, celle de l’hôtel où il n’est plus nécessaire de nous apporter la carte, et le warung près de la plage où le patron nous offre désormais une remise à chaque passage. En conséquence, les enfants rechargent les batteries en progressant en maths, en français comme en natation. Clairement, c’était la bonne décision !

Nous visitons le centre de préservation des tortues… de Pemuteran. Ici, point de Rangers attentionnés alanguis sur le sable chaud mais quelques bassins où des bébés tortues attendent leur majorité pour tenter de survivre au large, ainsi que trois spécimens adultes en cure de désintox, la faute aux nombreux sacs plastiques confondus avec les méduses dont les tortues raffolent.



Entre 2 bassins de tortues, Alix a pu contempler ses pairs en plein apprentissage du Legong balinais
Nous louons également deux scooters pour tenter une sortie shopping dans le cœur du bled de Pemuteran, puisque cette ville s’étale sur près de 10 km le long de la route. Déception : les meilleurs spots (supérettes, magasins de souvenirs) sont en fait à moins de 5′ à pied de chez nous. Sur le chemin nous passerons tout de même à côté d’un temple érigé sur la côte, gardé par une horde de macaques trop mignons de loin. L’objectif du jour consiste surtout à dénicher les cadeaux d’anniversaire d’Elsa sans éveiller ses soupçons tout en pensant « compact et joli ». S’ensuivront plusieurs sketchs et messes basses amusantes dans les différentes boutiques.
Nous testons un autre restaurant, délicieux mais à 10′ de cagnard de chez nous, ce sera donc un « one shot ». Nous louons à nouveau des équipements de snorkeling pour retourner chatouiller les poissons au large de notre plage… est-ce en raison d’une marée plus haute, donc des coraux plus profonds ou bien la force de l’habitude ? Bref, cette sortie nous laisse sur notre faim, et malgré nos réflexes de vieux loups de mer, nous chopons à nouveau quelques coups de soleil.

L’anniversaire de Kadek approche, nous redoublons d’efforts pour trouver le cadeau parfait. L’idéal aurait été d’offrir une fringue européenne… finalement nous demandons conseil à l’une de nos charmantes hôtesses de la guesthouse, prénommée Putu, qui semble très flattée par notre intention et part réfléchir un moment aussi. Quand je me tue à vous expliquer qu’on a de vrais problèmes… Quelques heures plus tard elle nous énonce son verdict, assez déroutant : pour un anniversaire, vous pouvez offrir un gâteau ! Aïe, comme idée, c’était sans doute trop tordu pour nous. La suite se déroule à l’indonésienne (ou à la vietnamienne en fait), elle se charge de tout, trouver la bonne recette, commander, faire livrer, du moment qu’on lui donne un prix. J’adore nos vacances ! Il faut rajouter un détail à l’anecdote, en demandant conseil presqu’au hasard à Putu, nous ne savions pas que Kadek l’avait demandé en fiançailles quelques semaines plus tôt… et attend toujours sa réponse.
Depuis notre arrivée à Pemuteran, et depuis que nous faisons partie des meubles de la guesthouse, nous sympathisons de plus en plus avec Monika, notre voisine de chambre installée pour un mois. Originaire de Pologne, Monika a vécu son enfance dans les bagages de parents pour le moins nomades, vivant dans chaque pays d’Europe ainsi qu’en Australie, où elle a finalement pris racine. Tout en restant mystérieuse sur sa vie, Monika nous annonce rapidement qu’elle n’a pas de chez elle et s’en trouve d’autant plus libre. Monika philosophe volontiers, trouve ma fille et ma femme « so gorgeous » et se régale de mille petits plaisirs 24h/24, pourvu que ça se déroule entre le bar, la piscine et sa chambre. Bref, une voisine en or. Elle attend Jacqueline, son amie canadienne, dont l’arrivée ne devrait plus tarder. Jacqueline dépend à son tour d’un Allemand et sa fille qui sillonnent l’Indonésie pendant plusieurs semaines et la convoie pour l’occasion. Monika nous annonce aussi sa participation prochaine à l’anniversaire de Kadek.
Dans cette douce ambiance même pas décadente, ces 3 jours s’écoulent avec bonheur, tout simplement.
Oh, c’est trop bien, vous avez bien raison de rester au calme quelques jours :))
J »adore la photo du dos de Matthieu !
Des bisous !
Écriture à la Nivea… Obligé !
matthieu, tu vas revenir avec un dos aussi « dur » que celui des tortues ….vous avez bien eu raison de poser vos valises car » je pose mes valises , je réflechis , j’analyse et je repars » , n’est ce pas élsa ? bisous à vous 4
T’as pris une sacrée java dans ton dos ! Hostile la nature, hein matthieu !
L’histoire de cette photo est un peu plus compliquée, mais oui, on a fait grimper les actions l’Oréal en quelques jours.
Nos coups de soleil n’ont jamais (ré)atteint leur niveau de la semaine dernière, je suis pénible avec tout le monde pour que ça n’arrive plus ! Elsa n’est pas une référence, sa meilleure amie s’appelle mélanine. A très vite !
Ah ben ça me rassure un peu car avec le rythme que vous teniez depuis le début, je commençais à croire que vous étiez des surhumains ou alors que vous aviez trouvé la-bas une potion magique ou étaient-ce les massages vietnamiens ? Mais avec un dos pareil je déconseille les massages autres que crémeux. Avec un énorme retard, j’espère qu’Elsa a eu un chouette anniversaire dans ce lieu de rêve (Elsa, tu nous fais un petit post ?). Bises à tous
Voeu exaucé chère Adé, Elsa a rédigé son post pendant la traversée de Bali hier (nord au sud, 4h de route à 30 à l’heure) et c’est tout juste en ligne. Nous mettons les bouchées double pour finir l’Indonésie car ce soir nous décollons pour le Japon. En effet notre programme s’est allégé pour nous permettre de mieux repartir. La faute à la chaleur principalement, tant mieux sinon nous n’aurions sans doute jamais freiné. Bises à vous deux