Réveil naturel, pas de pass à rentabiliser aujourd’hui, et comme une vieille habitude dont on s’étonne d’avoir gardé la gestuelle et les repères avec autant de précision, nous voilà parés pour notre laundry de mi-parcours.
Passé le petit-déj à consonnance italienne – rapport au doggy bag de la veille – la collection du linge sale démarre : soit toute la valise avec une attention particulière pour les victimes du chocolat chaud de la veille.

Puis vient l’épineuse quête du plus proche laundromat qui démarre. Aux USA c’est tout ou rien, Las Vegas abrite peut-être 5 laveries contre 500 pressings alors il faut assurément une voiture pour laver son linge soi-même. À Jersey City, personne ne doit posséder de machine à laver puisque nous dénombrons 3 laveries (modèle géant) à moins de 80 mètres de la maison. Alix m’accompagne avec son journal de bord et nous voici rapidement en plein cours sur l’accord du participe passé devant nos culottes tournoyantes.
La matinée est bien avancée lorsque nous rejoignons Manhattan, avec China Town dans le viseur. Après quelques échoppes toutes pleines de cochonneries aussi rutilantes qu’indispensablement optionnelles (la boule de billard qui t’aide à prendre les bonnes décisions, le porte-brosse à dents en forme de bottes de pluie ou le porte-monnaie en plastique recyclé), nous nous retrouvons face au Nha Trang Center, ça ne s’invente pas : écho particulier de nos 3 jours passés dans cette ville vietnamienne. Il s’agit d’une grande cantine où nous trouvons immédiatement nos repères sur le menu en langue locale: com-ga (riz-poulet) pour les enfants, bo-bun pour Elsa, et soupe pho pour moi bien sûr.
Nous reprenons notre chemin pour enchaîner les quartiers de SoHo puis NoHo, en faisant halte dans les magasins éphémères dédiés à Halloween. Nous faisons des repérages en vue du défilé du 31 octobre qui s’annonce. Au milieu des perruques, fausses blessures, combinaisons monocolores des orteils aux oreilles, nous repérons nos looks préférés. Alix et Val courent en tout sens, chaque fois affublés d’un masque différent à vous angoisser de voir un jour votre enfant dans cet état.

Du côté des boutiques régulières, c’est en revanche la déception. Toutes les enseignes indépendantes et un peu hype ont cédé la place aux boutiques haut de gamme, de sorte qu’on ne trouve plus un seul t-shirt ou paire de chaussures à un prix intéressant, on se croirait à Paris, sauf question look tout de même, car il existe toujours quelques modèles assez furieux dans l’abondance de clous, de couleurs ou de superposition de matières.
Nous faisons une petite halte dans le quartier de Washington Square encadré des nombreux bâtiments de la New York University. Entre les tablées d’étudiants concentrés sur leur Mac Book, nos enfants émiettent leurs cookies (pas de chocolat chaud cette fois). Cette université privée est la plus grande de l’état, y étudier coûte 45.000 $ l’année et visiblement le personnel éducatif ne bénéficie pas d’une reconnaissance en rapport : nous assistons à notre première manif américaine.

Tout en discipline et self-control, les manifestants défilent en faisant la chenille devant le siège de l’université, sous le regard blasé des travailleurs en bras de chemise qui promènent leur toutou après une bonne journée à Wall Street. Quelques mètres plus loin nous tombons sur l’entrée du square, et plus particulière sur l’entrée du dog park réservé à Médor et ses potes. C’est toujours sympa d’humer les coutumes locales… mais pas là. Nous apprendrons tout de même qu’après le défilé spécial enfants 10 jours avant Halloween, le quartier consacre le week-end suivant au concours de costumes canins. Eh oui.


Nous poursuivons la traversée de Manhattan par Greenwich Village, décidément toujours aussi classe que charmant, pour y admirer les décos tout en squelettes au niveau du reste !

A l’orée du Village, le Meatpacker District marque le départ de la « coulée verte » locale, une promenade plantée à la place d’une ancienne voie ferrée, hébergeant une succession d’œuvres d’art contemporain.



Jusqu’à la nuit tombée nous enchaînons les haltes avec vue sur la rivière Hudson ou, au choix, sur l’intérieur des appartements mitoyens, car ici les touristes rasent parfois la baie vitrée du salon ou la fenêtre de la salle de bains. Les habitants le savent car la déco apparente y est alignée au cordeau. On doit cependant y aller mollo sur les commentaires dans la mesure où un promeneur sur deux parle français… l’originalité de nos ambitions a encore frappé.




Nous descendons de notre viaduc des arts pour respirer le bon air de la 9ème avenue. Le Javits Center apparaît devant nous, ce soir il abrite un vernissage prestigieux et nous assistons à la longue et pénible remontée de trottoir de la maman de Sarah Jessica Parker dont le taxi eut la mauvaise idée de la déposer un peu loin pour ses talons aiguilles de 12 cm. Pour autant elle atteint l’entrée sans un accroc et nous saluons la performance.

Nous enchaînons quelques courses en vue du dîner du soir, à la maison, où la projection des Simpsons – le film aura tôt fait d’endormir Elsa et d’achever les enfants. Un bon 12 km à pied au compteur, c’était une chouette journée de repos !