1 heure du matin, à l’ouverture de la porte de l’avion la brise équatoriale s’engouffre et multiplie les degrés par 2. Sur la passerelle nous sommes en nage, bienvenue à Bali !



Procédures douanières habituelles, récupération des bagages – la housse de sac de Valentin aura disparu dans la bataille Ho-Chi-Minh-Ville/Canton/Bali – notre hôte Ketut nous attend à l’arrivée avec le petit panonceau qui soulage.
Pendant qu’il part approcher son véhicule, nous vidons deux bouteilles d’eau, petite appréhension à l’idée de la température qui nous attendra au soleil demain. Nous faisons route vers Ume Sita, notre guesthouse pour les 4 jours à venir et située en périphérie d’Ubud, le centre touristico-culturel de l’île. Ubud a laissé chez moi de merveilleux souvenirs. C’était il y a près de 10 ans, lors du reportage sur la grippe aviaire pour « envoyé spécial ». Les 2 jours passés à Bali, dans la ferveur hindouiste et sous cette pluie typique, tiède et passagère, m’avaient rendu impatient d’y retourner.
A Ume Sita, toute une maison nous attend, avec son salon, sa cuisine, ses deux chambres et deux salles de bain. Grand luxe à nos yeux. Hélas il nous faut composer avec cette chaleur humide, nous laissant perpétuellement en sueur, et bientôt slalomer entre les moustiques. A Bali le moustique est rapide et vorace, en comparaison, les moustiques vietnamiens nous ont toujours paru mous de la trompe. Avant d’éteindre la lumière, nous « nettoyons » l’intérieur de la moustiquaire. Certes, au pays de l’hindouisme il ne fait pas bon trucider les petites bêtes, mais nous nous souvenons que nous ne pratiquons pas. Cette première nuit sous la moustiquaire sera chaude ! Les enfants ont un super ventilo, ils l’ont calé dans l’axe de leur lit double et dorment pratiquement l’un contre l’autre dans le flux d’air. Elsa et moi avons un grand rotor au plafond, dont l’effet s’annule rapidement en raison de l’épais coton de la moustiquaire.



Nous nous levons tard, un petit déjeuner copieux nous est servi. Notre hôte Ketut se propose de devenir notre chauffeur privé. Nous lui demandons de nous déposer au centre d’Ubud. 15 bonnes minutes nous en séparent, il faudra donc compter sur la voiture à chaque fois, d’ailleurs Ketut a tout prévu et nous glisse un téléphone portable avec une carte prépayée et son numéro enregistré.

Première impression, Ubud a bien changé en 10 ans. Des centaines de touristes partout, sur des scooters, sur les trottoirs, dans les voitures avec chauffeur… Chaque façade de maison abrite une boutique, un café, un comptoir d’informations touristiques, chaque muret héberge deux ou trois balinais assis en grande discussion, s’interrompant systématiquement à notre passage pour nous proposer de nous conduire quelque part (Taksi ?). Les enfants, qui ont le coup depuis notre départ, répondent systématiquement avant nous : « No, thank you » et se voient gratifiés d’un grand sourire en retour. Nous déjeunons dans un sublime restaurant, donnant sur les rizières qui bordent la ville. Spécialité du coin : le canard mariné rôti.
Alix, et surtout Elsa, se remettent encore doucement de leur combat contre le méchant virus asiatique qui nous occupe depuis bientôt une semaine. A la sortie du déjeuner, très tardif du reste, ce n’est pas la grande forme. J’insiste pour emmener la troupe vers le coin de la ville que j’avais tant apprécié. 20 minutes de marche plus tard, nous entrons dans la Jalan Kajeng, aux pavés financés par de multiples adorateurs d’Ubud, qui y ont laissé leurs dédicaces. Il faut se rendre à l’évidence, les monuments sont restés à leur place, mais tout autour l’âme d’Ubud a visiblement été cotée en bourse, et s’y est passablement diluée. Elsa qualifie rapidement le bled de « Las Vegas du zen »… je dois me rendre à l’évidence, elle n’a pas tort.
Elsa n’en peut plus, je convoque notre chauffeur qui nous ramène en début de soirée chez nous. Devant l’épuisement général tout le monde se couche tôt, sans même diner.
A Bali, du moins à Ume Sita, point de coq pour célébrer le lever du soleil, mais quelques hordes de chiens. C’est aussi mélodieux, mais plus puissant. Qu’importe, nous nous rendormons. La sueur ne nous quitte pas un instant, ça colle et donne envie de dégager la moustiquaire.
Le petit déjeuner nous réveille complètement. Elsa hésite, devant sa petite forme, mais finalement embarque avec nous pour la forêt sacrée des singes. Ce sanctuaire situé au sud d’Ubud recèle 3 temples au milieu d’une jungle entretenue, et héberge 5 colonies de macaques à longue queue. Dans l’imaginaire collectif, les singes sont les gardiens sacrés de ce sanctuaire. C’est parti pour la rencontre ! Les enfants jubilent et pétochent à la fois. Le macaque n’est pas gros, il ne pèse rien, mais sa rapidité et sa capacité à s’accaparer nos affaires en montrant les dents pimente la balade.






Nous repérons les 5 familles, guettons leurs querelles de territoires – tout d’un coup ça crie et se pourchasse du sol au sommet des arbres en moins de 3 secondes – et nous amusons des jeux des singes adolescents, qui miment une baston en équilibre sur une branche, le perdant tombant à l’eau pour remonter aussi sec. Les mamans portent leur bébé près d’un an, nous craquons devant les scènes d’épouillement en règle.





Nous circulerons ainsi une bonne heure et demie, avec tous les sens aux aguets ! Nous contournons sagement les macaques quand nous en croisons sur le chemin, car nous voyons autour de nous des touristes se faire dépouilller ou attaquer sans sommation ; mieux vaut jouer la carte de la prudence. Malgré mes précautions, alors que je déambule prudemment, un jeune singe malpoli me saute dessus à la vitesse de l’éclair, et plonge lestement sa petite main dans ma poche droite – heureusement vide. En un clin d’oeil, ses petits doigts agiles en ont exploré le contenu, et, restant bredouille, le macaque me siffle une insulte dans son langage et file plus loin dans un dernier regard de mépris.


J’ai survécu à ma première attaque de macaque !
Elsa, elle, eut droit à un contact plus charnel avec une de ces petites bêtes. Tandis qu’elle s’émerveillait sur un bébé singe (« oooh il est trop chouchou » – coeur à la place des yeux), celui-ci lui attrapa son débardeur, le tira brusquement, mettant à jour son soutien-gorge devant les ricanement des touristes australiens, et entreprit de lui suçotter le sein avec gourmandise. Elsa poussa un cri strident, effrayant le bébé singe ; ils restèrent quelques secondes à se dévisager dans une mutuelle incompréhension (le singe, manifestement déçu par la promesse non assouvie d’un festin prometteur, Elsa, refroidie dans son élan d’amie des animaux, « parce que quand même, on n’a pas élevé les macaques ensemble »).



A la sortie nous avisons un petit restau climatisé !!! Sans même regarder la carte nous nous asseyons. Tous les plats indonésiens typiques (Nasi Goreng – riz frit/poulet/légumes, Mie Goreng – idem en remplaçant le riz par des nouilles, Chicken Satay – brochettes de poulet sauce cacahuète…) apparaissent systématiquement sur toutes les cartes et globalement au même prix. La saveur diffère légèrement, mais à Ubud les établissements rivalisent autour du bio, du sain, du pur, donc nous prenons confiance. Le dessert sera chocolaté, pour combler nos douloureux manques en la matière, grâce à l’achat de barres dans la supérette d’à côté. Au moment de jeter nos emballages nous repérons systématiquement des couples de poubelles publiques, ici on trie les déchets organiques compostables et les autres.
L’après-midi déjà bien avancée, nous mène aux hasards des rues jusqu’à un bar, associé à une guesthouse munie d’une piscine. Les enfants piaffent, ils savent que les maillots de bain sont dans mon sac à dos. Arrangement à l’amiable, nous commandons des boissons tandis que les enfants nageottent. Du moins la brasse de Valentin m’apparaît bien plus en place que dans mon souvenir, mais pour Alix ça oscille encore pas mal entre grenouille et teckel.

Nuit tombante (18h30), séchage, nous reprenons notre marche jusqu’à la rue principale, identique aux autres mais encore plus embouteillée, pour acheter des billets de spectacle. Chaque soir Ubud accueille plusieurs compagnies balinaises pour différents types de danse, théâtre ou savant mix des deux. Au palais d’Ubud, a priori la plus belle scène de la ville, nous aurons droit à 1h30 de Legong, autrement dit la danse balinaise la plus codifiée, au son d’un orchestre de gamelans. Près de 40 artistes enchaînent devant nous des tableaux folkloriques ou inspirés de légendes hindouistes. Les couleurs claquent, les sons pleuvent, le mouvement des yeux et des mains fascinent. Alix n’en perd pas une miette !




Retour à Ume Sita après un gentil diner-gargotte, voilà une journée bien remplie ! Nous décidons de nous coucher sans moustiquaire, pour abaisser la température du lit d’au moins 5 degrés supplémentaires. En retour les bestioles s’avéreront sans pitié !
En dunkerquois, « Macaque » est une insulte suprême… Le macaque dunkerquois est un chapardeur, un mal-élevé, un agitateur. Je vois que c’est bien la réalité.
J’espère que la chaleur continue ne vous épuisera pas trop et qu’il vous restera un peu de peau intacte après les milliers d’attaques de moustiques dévorants.
Les couleurs des costumes balinais semblent magnifiques.
Nous vous souhaitons de nouveaux merveilleux moments. Gros bisous de nous deux!
Exact ! Macaque et figure de prout, mes 2 insultes dunkerquoises préférées.
On se marre bien avec eux, il y en a partout finalement, pas uniquement dans cette forêt, d’autres rencontres sont à prévoir.
Pour les moustiques, heureusement ils véhiculent moins de cochonneries qu’ailleurs, pour le reste nous devons aiguiser nos réflexes.
Nous sommes à la plage depuis hier, ça change tout ! La mer de Bali est… trop chaude (32 degrés au moins). Oui, bon, ok, je n’en rajoute pas plus…
Grosses bises
bali me fait tjrs autant rever , ms il semble que l’authenticité soit absente ….les plages idylliques vous attendent…..bisous
Carrément, et nous y sommes, vous allez voir, ça claque !
C’est le premier jour, alors encore d’autres découvertes, colorées rythmées..chaudes. et peut-être un répulsif balien (ou balinéen) naturel ??? allez courage. Bises,
Pour le répulsif on est preneur, l’encens devant la porte marche un peu, mais rien ne remplace la chasse en règle, où plus on est de fous, moins ça dure ! En général on s’endort bien crevés…
Depuis hier nous sommes en bord de mer, dans une ambiance très différente et sans doute plus authentique, on poursuit notre exploration de l’île. Gros bisous ma Béa
Un voyage rudement bien balisé…je veux un singe ado
On te confiera les enfants pour les vacances d’ici quelques années
De gros bisous à tous les 4 !