Réveil ankylosé dans notre fabuleux AirBnB, tout proche de Victoria, la plus grande ville de l’île. Matthieu et moi sommes tous fourbus car, comme dans la majorité des lits dans lesquels nous avons pioncé jusqu’ici, notre plumard est en largeur 140 ; étonnant quand on voit la carrure des gens du cru.
Nous sirotons notre café en profitant de la vue émouvante, et en appréciant les incongruités de notre piaule.


Nous montons dans notre voiture de location que j’aime d’amour de tout mon cœur. Pour la petite histoire, ce modèle n’est commercialisé qu’en Amérique du Nord et coûte à peine 19000 € neuf, ce qui n’est pas foufou comparé aux tarots français où pour ce prix-là on a une Twingo. D’ordinaire je me contrefous des voitures, de leurs marques et de leur design mais ici, comme il s’agit d’un accessoire vital tant tout est loin, nos amis canadiens mettent le paquet et c’est la maxi-classe. Je passe volontairement sous silence le volet écologique de la chose parce que hein, bon, mouais, bof.
Sans transition, going to Victoria City !

Il est 11h30 et le gang des crève-la-dalle s’agite depuis la banquette arrière. Victoria a gardé, paraît-il, de nombreux attraits du temps où la ville était le principal comptoir colonial de l’Empire Britannique ; on y pratique le breakfast, le brunch et le five o’clock tea avec élégance et distinction. Voici qui séduit les parents mais laisse les enfants septiques. Soudain, cris de putois des kids, bientôt rejoints par moi-même : nous venons de passer devant un Denny’s, un family diner de race supérieure tellement c’est trop bon sa mère, enseigne que nous chérissions lors de nos précédentes virées amerlocaines. Emballé c’est pesé : nous engouffrons avec délice nos 3000 calories chacun ; pour le petit doigt levé au-dessus de la porcelaine c’est râpé.



Un coup de voiture plus loin, nous découvrons Victoria dans les meilleures conditions possibles : il fait doux, le soleil ne tape pas trop et l’air marin embaume la cité. C’est une ville sympa, qui semble être très prisée des canadiens en goguette. Nous nous promenons le nez au vent ; nos pas nous mènent vers le port de plaisance du centre.




Nous reprenons notre balade pour faire l’emplette de quelques timbres. Alors que nous galérons à trouver l’entrée du magasin, un monsieur faisant la manche nous indique le bon chemin. Notre achat terminé, nous lui donnons quelques ronds pour le remercier et papotons un instant avec lui. Un graffeur, qui fumait tout à côté en nous observant sans moufter, nous offrit alors un de ses dessins. Merci les gars !


Nous décidons de terminer notre escale à Victoria en visitant le Beacon Hill Park, un grand parc réputé pour sa beauté. Celui-ci à la particularité d’offrir tout plein de paysages différents en son sein.





De gros rapaces tournoient dans le ciel entre deux cohortes d’oies sauvages. Il faudra longuement attendre Lilix, en pâmoison devant les écureuils effrontés qui trottinent un peu partout.

Nous réintégrons notre voiture et prenons la direction de la ville de Sooke, dans l’objectif d’une belle randonnée à l’écart de la ville.


Le Sook Potholes Provincial Park se situe dans une grande forêt qui recèle des bassins naturels formés par l’érosion dans la rivière (les Potholes), dans lesquels on peut faire trempette si l’on ne craint pas le froid.


Nous avons prévu le coup et embarqué maillots et serviettes, sauf Val qui a oublié sa serviette en France, mais en aventurier de l’extrême il s’engage à randonner le fiak humide. La balade est très agréable, peu fréquentée, de niveau easy-les doigts dans le nez. Nous devons remonter le cours de la rivière sur plusieurs kilomètres pour trouver notre spot de baignade rien qu’à nous.



Nous quittons notre plage privée alors que s’approche la golden hour ; les ombres s’étirent et la forêt s’embrase.

Sur le retour, stop dans un supermarché pour acquérir la pitance du soir et de là, dodo : l’air de rien on a tapé nos 15 bornes aujourd’hui.

Demain nous quittons le sud de l’île de Vancouver pour aller poser nos guêtres un peu plus haut, à l’est, pour voir si c’est joli aussi (spoiler alert : ça l’est).
