San Francisco, day three – 14 avril

La grasse mat’ s’annonce plutôt bien, mais les femmes de ménages latinas en décident autrement et commencent à toquer à notre porte dès 9h12, à raison d’une relance toutes les demi-heures. Ce n’est que vers midi que nous sortons de notre tanière, après avoir conclu un accord en anglo-spanich avec ces consciencieuses dames : notre chambre n’a pas besoin d’être nettoyée ce matin, on n’est pas des cochons, promis on ne le dira pas au boss.

Nous parcourrons courageusement les 17 mètres qui séparent notre motel d’une cantine mexicaine sur la devanture de laquelle s’empile une impressionnante montagne de pancakes. Les pancakes étant l’une des plus belles créations de l’humanité, nous entrons sans même nous concerter dans ce resto tapageur et criard, qui sent bon le graillon et le café. Mis à part Matthieu qui ne peut s’empêcher de faire le malin en commandant une omelette de 3 œufs, des saucisses, du bacon et des toasts, nous autres gourmets nous tapons sans sciller le plat chéri, avec du sirop de noix de pécan, ça a l’air écœurant comme ça et c’est bien normal puisque ça l’est.

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De manière incompréhensible, la digestion de ce menu gastronomique s’annonce difficile. Nous re-franchissons les 17 mètres et nous écroulons dans un bruit mol sur notre lit. La sieste s’impose.

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Nous émergeons une bonne heure plus tard et décidons, tout de même, de sortir nous balader. Passablement alourdis par notre brunch, et redoutant les impitoyables côtes San franciscaines, nous grimpons dans notre Hyundaï chérie, direction le musée du Cable Car.

Ce moyen de transport typique et insolite mérite qu’on s’y arrête, faute de pouvoir l’emprunter, le moindre trajet se facturant quand même 7 $ par tête de pipe. Nous errons un bon moment dans le musée (gratuit, lui), qui sert également de plaque tournante aux fameux câbles et d’atelier de réparation des véhicules. Nous découvrons le fonctionnement du bouzin, son histoire chamboulée par le terrible tremblement de terre de 1906 et ses récentes restructurations au fil d’une petite expo sympa dévoilant de nombreux clichés d’origine.

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En quittant le musée, nous tombons nez à nez avec Simon, Vanessa et leurs enfants, venus eux aussi se cultiver pour pas un rond ; mais que la vie est bien faite ! Nous attendons un petit moment qu’ils fassent leur visite, puis décidons de passer le reste de la journée ensemble.

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Parmi les (rares) activités gratos du jour, un concert de blues-country, à quelques blocks de là, séduit le plus grand nombre. Tandis que Matthieu se charge de déplacer la voiture afin d’éviter la prune et de se rapprocher du café-concert, nous nous mettons en route vers le « Piano Fight », impatients de découvrir les accords du blues-country et d’en observer les effets sur les cinq gugus surexcités que nous nous promenons. Au fil des blocks le standing des bâtiments et des passants change considérablement ; nous passons des proprets quartiers huppés au film de Spike Lee sans trop nous en rendre compte. Autour de nous, les dégaines se patibulairent, les looks se destroyent, les démarches se racaillisent peu à peu ; sur le trottoir du Piano Fight on dort à même le bitume, on gratte un dollar ou deux, on discute ferme avec le vent et généralement on a les mains qui tremblent.

Nous pénétrons dans le café, déco underground, hipsters sirotant, artistes en herbe, hit girls tatouées.

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Nous installons la marmaille, commandons une délicieuse bière locale et portons notre attention au chanteur grungy qui se plante, guitare en main, derrière le micro. Sa voix grave et rocailleuse est plaisante, le volume sonore ne nous empêche pas de papoter. Les enfants sont scotchés, et deviennent vite complètement fans dès la première reprise de Nirvana (« My girl », qu’ils reprennent en yaourt). Le temps file, le café se remplit. Il y a de moins en moins de place pour les petits qui, mignons chiots dans un jeu de quille, font tout de même tâche au milieu des crêtes, des barbes longues et des piercings, du monsieur déguisé en licorne (« Oh! Une mascotte », dira Valentin). Les enfants ont tous réclamé leur autographe à Eddie, le chanteur, qui ne s’attendait sûrement pas à ce mini fan club et qui a bien du mal à cultiver son image de bad boy avec une Lilix complètement in love depuis le premier rang, qui le regarde avec des yeux en forme de cœur et lui écrit de petits mots sur le carton d’une boîte de cookies (bios). Eddie lira d’ailleurs au public l’un de ces billets ; rire de l’assistance, stupéfaction parentale, sourire rayonnant de l’intéressée ; sacrée Lilix !

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Bientôt 20 heures : la soirée s’achève doucement. Nous quittons le bar où la fête bat son plein, dans un dernier geste de salut pour notre nouvelle star à nous : Eddie. Tout le monde est ravi ; nous avons trouvé le moyen de nous faire une petite soirée qui convienne à tout le monde. Valentin a trouvé deux pailles et tape un peu partout avec, en mode batteur free lance ; il se ferait bien un petit set lui aussi ! A l’heure des au revoir, nous décidons de nous retrouver le lendemain ; décidément le courant passe très bien entre nos deux familles, alors pourquoi se priver !

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Nous regagnons notre motel en admirant le coucher de soleil ; San Francisco est une ville qui sait se donner les moyens d’un crépuscule digne de ce nom…

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Posted in ...des parents, San Francisco, USA.

4 Comments

  1. Très improbable et vraiment sympathique cette rencontre avec une autre petite famille française! Nous constatons que Lilix est vraiment une folle de spectacles musicaux en tous genres. C’est une artiste à n’en pas douter et elle pourrait bien prendre le chemin de son grand-père… Quant au percussionniste Valentin, il n’est pas bien loin de brûler les planches, lui-aussi.
    Nous vous embrassons très fort depuis la Sarthe où tout est bien rangé, calme, sage, beaucoup moins coloré et « enfumé » qu’à San Francisco…

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