Le jour se lève doucement dans notre spacieuse et confortable chambre d’hôtel ; il est 6h30 du matin. Dehors la vie bat son plein, depuis une bonne heure déjà.
Les Vietnamiens se lèvent très tôt pour profiter de la relative fraîcheur de la matinée, ralentissent le rythme aux heures chaudes (sans toutefois s’octroyer une vraie sieste, même si nombre de commerces abritent un hamac), et renaissent à la vie en fin d’après-midi, sur les coups de 16h. La nuit tombe rapidement ici, à 18 heures c’est plié ; l’heure de l’apéro, du dîner, de la fiesta arrive donc vite. À minuit la plupart des vietnamiens (ceux qui bossent) dorment profondément. Je trouve ce rythme, calqué sur celui du soleil, saint, logique et facile ; j’aimerais l’adopter en France mais cela me semble difficile, le soleil ne suivant pas le même timing que la vie sociale.

Ce matin les enfant vont à l’école. Grâce à notre bellissima belle-sœur Dorothée, nous avons eu le contact de Nadège, institutrice française qui enseigne à l’English-French International Center de Nha Trang depuis 3 ans. Nous l’avons donc contactée en amont du voyage afin de mettre nos petits à l’école pour deux jours. Nadège, une jeune femme douce et souriante, enseigne le français aux « petits » du cycle 1 (grande section, CP) dans cette école internationale privée, qui accueille les enfants jusqu’à la 3ème. Par son intermédiaire, Mme Sandoval, la très sympathique directrice, a accepté cette scolarisation « éclair » d’Alix et Valentin.
L’école débutant à 7h45, nous voilà dehors bien en avance histoire de pouvoir déguster notre banh mí préparé sous nos yeux sur le trottoir (ce sandwich épicé garni d’omelette, de charcuterie, de crudités, de coriandre, le tout dans du pain baguette est un délicieux vestige de l’époque coloniale) et prenons le chemin de l’école : 15 minutes de marche qui font plaisir.

Notre petit dej’ en cours de cuisson

Y’a pire comme chemin d’école, non ?

Nous arrivons à l’école, c’est le jour de la rentrée pour les enfants. Français, Vietnamiens, Australiens, Philippins, Coréens, Canadiens…. Tout ce petit monde, en uniforme bleu et gris, se salue, s’interpelle, galope, entame un foot. Ça bavarde en anglais essentiellement ; comme nous l’expliquera la directrice, l’école a vocation d’ouvrir un maximum ses élèves à l’international. Nous rencontrons enfin Nadège, qui accueille très gentiment les enfants. Alix et Val feront les timides pendant exactement 2 minutes 12 secondes avant de partir galoper avec les autres ; la barrière de la langue ? Quelle barrière de la langue ?
Les autres membres de l’équipe enseignante que nous avons le plaisir de rencontrer sont Vicki, l’institutrice anglophone des « grands » du cycle 2 (CE1 jusqu’à CM2), une Australienne pétillante et dynamique ; Nellie, enseignante francophone au cycle 2, une jeune femme gentille et agréable à l’impressionnant CV ; et Gabriel, éducateur sportif anglophone aux méthodes pédagogiques participatives, enthousiasmantes et respectueuses.

L’enceinte de l’école

La cour

La cantoche

Le cours de sport




L’école collabore avec le photographe JR autour d’un projet international : découverte des clichés

Pendant que nous bavardons avec la directrice, qui nous présente la vie de l’école, les enfants sont en cours de sport avec Gabriel et les « grands » de la classe anglophone ; ils se font une flopée de copains. Dans un dernier geste de la main, nous quittons les lieux, mis en confiance par l’équipe de cette fabuleuse école, mais aussi par le comportement de nos gamins qui, on peut le dire en toute objectivité, gèrent carrément l’appréhension de l’inconnu ; on est fier je te raconte pas.

Vicki présente Alix et Valentin aux autres élèves

Nous voilà dans la rue, étonnés de cette subite liberté. Après une rapide danse de la joie nous décidons du programme de la journée : massage, resto, sieste sous le ventilateur, plage, avant de récupérer Sylvain et Sylvette pour retourner à la plage.
Ainsi fut fait.
Le salon de massage, un genre de Vénus Beauté Institut à la déco très 80’s, ne paie pas de mine mais selon le Lonely Planet propose des massages très pros pour pas cher. Nous optons pour un massage vietnamien d’une heure (12€ pour nous deux). C’est sport, un massage vietnamien. C’est du costaud. Le principe : travailler sur des points de pression (genre points d’acupuncture) en appuyant bien fort dessus, ouille, puis en alternant avec un geste plus doux et caressant, ouf. Nous ressortons du salon les chakras en fleur d’artichaud (Atisô en vietnamien), super détendus mais néanmoins tonifiés et affamés. Le « café des amis » nous tend ses deux bras chargés de salades, de crudités et de fruits fort revigorants.

Le salon de massage Vy Spa

Notre temps de liberté ne semblera durer qu’une minute tant il est vrai que nos enfants, on les aime, mais que des fois, hein, j’me comprends.

C’est l’amour à la plage, ahouu, tcha tcha tcha
15h30, nous allons récupérer Stone et Charden qui nous piaillent dans les oreilles le récit de leur journée. Ils ont l’air ravis de cette expérience et ont hâte de revenir le lendemain. Cette école à la fois familière et si différente de ce qu’ils connaissent les enthousiasme. Ils ont passé la journée dans la classe de Vicki ; une journée entière sous le signe de l’anglais. Leur appréhension a vite laissé la place à un goût du challenge et une envie de se mettre au niveau des petits copains. Ils ont emmagasiné un vocabulaire épatant pour une seule journée, on est fier je te raconte pas.
Vamos a la playa, comme disent les Vietnamiens. Le vent s’est levé, la houle est forte, mais il en faut plus pour décourager Nemo et Doris qui, leur little banana engloutie, feront plouf pendant 1 heure et demie. Retour à l’hôtel : objectif désensablage massif de la famille, puis diner dans une gargotte pas terrible (où les enfants, dans un instant de faiblesse, commandèrent deux burgers au poulet).

Le sommeil tomba comme une masse sur Pimprenelle et Nicolas.
T es plus bonne que la plus bonne de mes copines
En plus,tu peux me faire confiance,
J’laisse pas traîner mon fils
Coucou Elsa, vu du Luxembourg asceptisé, dans un hôtel luxueux et entouré d’une bonne vingtaine de banques bien cossues, ton récit et les photos me donnent l’impression que nous ne sommes pas sur la même planète. Ici, tout semblé réglé comme une montre « suisse » et je ne pense pas que les luxembourgeois aient déjà vu une mobylette ou un vendeur ambulant distribuant des sandwichs au goût douteux. Je suis vraiment très heureux que vous puissiez vivre tout cela et convaincu de l’extrême richesse que vous offrez à vos enfants.
Encore une fois, bravo pour ton style littéraire si coloré et tellement drôle. Tu devrais songer à écrire car tu es véritablement douée. Mille bises affectueuses à vous quatre!!!
Merci Yves pour ton commentaire qui me fait rougir les joues…
J’espère que vous ne vous caillez pas trop au Luxembourg, qui doit aussi réserver quelques surprises et plaisirs..
Je vous embrasse bien fort tous les 2! Sylvie, on a mitraillé l’école, et quelques autres qui se trouvaient sur notre chemin, on va t’envoyer tout ça, tu auras de quoi faire!
Nadège est-elle mariée me demande sa maman ?!!
??? On ne sait pas
tu nous donne l’envie de partir en voyage…en attendant, on va continuer de rêver à vos côté….bisous
Scotchée par tant de dynamisme, de joie de vivre, de plaisir de la découverte et du partage et d’intelligence de toute votre petite famille : chapeau bas ! Vous étiez assez haut dans notre estime, là vous crevez les nuages et atteignez la stratosphère. Bientôt Mars, Jupiter et Pluton…
Rhôôoo… Merci Adé !!