Nuit difficile. A 3h du matin Elsa et moi errions encore dans l’appartement à la recherche d’un sommeil inaccessible, sans explication apparente… Nous avions pourtant bien crapahuté en cette 1ère journée finlandaise. Etait-ce la faute à ce minuscule décalage horaire d’1 heure ? A cette nuit laiteuse ? La lune était-elle pleine au dessus des nuages ? Bref, réveil à 9h30, démâtés, avec l’objectif de quitter l’appart’ dans la matinée.
Du côté des ados, RAS, ils ont écrasé comme ils savent si bien faire, peu importe le pays, il faudra toujours les tirer du lit. On refait les sacs, on se bricole un petit dej avec les restes de la veille, on n’oublie pas la mayonnaise aux pickles qui reste LA découverte du supermarché local, et nous voici partis pour déposer nos sacs dans un autre appartement à 15 minutes d’ici, Helsinki nous botte, on décide d’y rester 4 nuits. En revanche, si nous pouvons éviter de surplomber un chantier monumental de voirie, on prend !

Donc nouveau quartier, nouvelle vue splendide – mais méritée, 6 étages sans ascenseur quand même – et point de départ de l’excursion du jour : l’ouest d’Helsinki.
Nous contournons des bras de mer en cheminant dans des parcs alternants marais sauvages et zones aménagées pour la balade, le vélo, le footing ou les enfants. Première impression, c’est le royaume des piafs de toutes les tailles grâce à l’abondance de haies, l’absence de chats, le moindre chien devant être tenu en laisse ou lâché uniquement au sein d’une zone « prévue à cet effet » (Val remarquera d’ailleurs, comme au Japon insiste-t-il, 2 types de parcs-à-ouaf : ceux pour les petits chiens et ceux pour les grands chiens).



Nous savons que nous venons de dépasser le 3ème kilomètre du jour puisque Alix, qui ne cesse jamais de causer, commence gentiment à dévier la discussion vers les multiples douleurs de son corps meurtri par cette surabondance de marche à pied. 10′ plus tôt elle nous rappelait sa fierté et son application à finir en tête des épreuves d’endurance de son collège. Les 6 prochaines heures consisteront donc à ignorer son indispensable refrain ouin-ouin au milieu de tous les autres sujets de conversation qui ne cessent d’habiter notre fille chérie.
1ère étape culturelle, l’église moderne de Temppeliaukio, enchâssée dans la roche, en forme de rotonde surmontée d’un plafond en cuivre impressionnant. Les blocs en pierre naturelle mêlées aux poutres en béton, le cuivre et le verre façonnent une réverbération « éternelle » qui a tôt fait de transformer une guitare sèche en orchestre philharmonique. La lumière est splendide, cette halte contemplative nous fait beaucoup de bien !

Cap à l’ouest, toujours, le temps de sortir du dernier quartier résidentiel d’Helsinki pour gagner le bord de mer. Ici s’alternent parcs paysagers, où les finlandais flânent, bronzent ou suent à grosses gouttes en courant, pédalant, picotant les allées de leurs bâtons de marche nordique… cimetières à l’ombre des pins, terrains de sport (tennis, patinoire, volley, foot), plages (baignade, marchand de glace, aviron, pêche, paddle, canoë) et marinas (bateau à moteur, jet-ski, restau-chic). Après une bonne marche nous atteignons notre destination : le café Regatta, à l’extrémité nord-ouest de la ville.

Pas une miette sur (ni sous) les tables au Café Regatta.

Une toute petite échoppe (« grande comme un sauna », selon notre guide) sert à toute heure les pâtisseries sucrées et salées locales, découvertes hier en centre ville. Nous décidons d’y prendre notre déjeuner. Sitôt entrés, nous découvrons un couple de chinois qui nous précède et ne sait pas trop ce qu’il veut. Derrière le comptoir la vente s’avère compliquée, personne ne veut mimer le saumon ou la saucisse pour s’expliquer plus clairement… de guerre lasse (on sent que les 2 parties ne sont pas ravies du deal) ils emportent une assiette de pâtisseries et une boisson. C’est notre tour, nous avons 4 bouches à nourrir dont 2 qui comptent triple mais nous savons ce que nous voulons et, surtout, n’aurions aucune honte à mimer la rencontre entre un saumon (fumé) une boulette de riz et quelques épices. Le temps de dévaliser la vitrine, réchauffer le tout puis nous emporter à l’extérieur, nous constatons une bonne vingtaine de mètres de queue jusqu’au comptoir… C’est un lieu très prisé. D’ailleurs nous n’allons pas le regretter, un vrai délice !
Retour vers le centre ville, nous traversons plusieurs cimetières à l’atmosphère douce et sylvestre. Au loin, un clocher assure la petite touche inspirée qui sied à une telle déambulation.

Nous redescendons doucement vers le sud et le centre ville, pour changer d’ambiance et parcourir les rues du Design District.
Elsa et Alix ont tôt fait de repérer une friperie chic et s’y engouffrent joyeusement. Pendant ce temps, Val et moi cherchons la terrasse où nous allons nous poser un instant. Les filles rappliquent. A la mine réjouie d’Alix j’imagine que son dressing de rentrée au lycée vient de s’enrichir d’une nouvelle pièce !


Le quartier désigne une succession d’artères lumineuses aux immeubles chics, quand il ne s’agit pas d’hôtels particuliers, dont les rez-de-chaussée abritent des boutiques branchées. Couturiers finlandais, pâtissiers de renom, quelques cabinets de curiosités inclassables et plusieurs galeries d’art. Lorsqu’une rue s’avère un peu moins chic, l’ambiance change totalement et s’alignent alors ongleries, coiffeurs, tatoueurs et franchises de sandwicherie.

Nous traversons la ville pour remonter gentiment vers notre camp de base. Dernier objectif du jour : faire les courses pour le dîner. Les enfants nous rappellent qu’ils doivent écrire absolument dans le blog et se servent de cette excuse pour échapper aux courses et mieux se ruer sur le wifi de l’appart. Nous acceptons ce deal foireux d’autant que nous avons aperçu un magnifique combo terrasse-rivage-bière à 1’ de l’immeuble.

Ainsi se termine cette belle journée, nos petites jambes affichent 22 bornes au compteur, c’est un fait : nous sommes très en voyage !
