Le jour le plus long – 22 octobre

Aujourd’hui, pas le temps de lambiner : nous dépucelons nos New York Pass, ils se périmeront dans trois jours top chrono, alors GO ! Nous déjeunons vite fait de bagels/crème de fromage/jambon en plastique et établissons ce faisant notre planning. Une fois mis d’accord, nous sautons dans le bus ; la journée s’annonce magnifique, profitons-en !

Première escale au mémorial du World Trade Center, à l’emplacement des tours jumelles. Lors de notre dernière venue en 2006, il n’y avait là qu’un grand trou ceint de barrières en métal. Aujourd’hui, changement de décor : chaque cratère a laissé place à un grand bassin entouré de murets en marbre sur lesquels sont gravés les noms des 3000 victimes de l’attentat. Au centre de cette gigantesque place sise en plein Wall Street se trouve le musée du Memorial.

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Grâce à nos pass nous grugeons la longue file d’attente (joie) et pénétrons dans le bâtiment. Un check point digne d’un aéroport se dresse devant nous, avec portique de sécurité, tapis roulant infrarouge pour les sacs etc ; ça rigole pas. Ne transportant aucune bombe thermonucléaire dans nos poches, nous passons sans encombre et débouchons sur une immense hall, froid et digne, fait de béton, de verre (sécurit) et d’acier. Le lieu est gigantesque car le Memorial occupe les fondations de l’une de deux tours disparues. Les salles se succèdent, retraçant le timing de ce matin du 11 septembre 2001, affichant les avis de recherche des personnes introuvables suite à la chute des tours, exposant les photos des victimes, présentant les travaux nimbés d’espoir et de patriotisme des écoles du coin. Ce Memorial est assez ambivalent ; l’émotion nous étreint, assurément, tant ces attentats furent sanglants et absurdes ; mais nous ressentons aussi un certain malaise, car toute cette mise en scène commémorative a un je-ne-sais-quoi d’impudique, de tire-larme, inadéquat show-time. Et puis, l’expo est longue, et n’en finit pas de nous montrer ici un doudou, là une chaussure trouvés dans les décombres, sur fond de flash info anxiogène en boucle et d’images apocalyptiques. Lilix est choquée par cette larmoyante violence qui s’étale complaisamment ; nous finissons la visite au pas de course.

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L’un des halls du Memorial

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Le survivor Tree, le platane qui n’en veut

Dehors, nous respirons un grand coup : ouf ! Petite photo devant le Survivor Tree, un arbre qui-n’en-veut ayant résisté aux attentats et à l’ouragan Sandy en 2012, puis nous contournons  le One World Trade Center (une tour construite à côté du lieu du drame, mais plus haute encore, la plus haute de New York, nananère). Un vent chargé d’iode nous parvient entre 2 effluves de graillon ; nous voilà à l’extrême sud de Manhattan. Devant nous, l’océan Atlantique, avec au loin les îles Liberty Island (celle de la statue !), Governor Island, Staten Island et Ellis Island.

La chaleur nous accable et il fait drôlement faim : un saut de puce en métro (très climatisé) et nous voilà à Greenwich Village en quête d’un resto. Le quartier est super sympa ; maisons en briques rouges, art urbain et boutiques bobos, petite ville dans la grosse. C’est ici que le mouvement beatnik a éclos, et l’on en sent bien l’héritage.

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Ici même les arbres sont bien sapés

Nous évoluons dans ces rues où les gens sont restés très simples malgré le prix exorbitant du mètre carré, et promènent pour la plupart un chien (laisse siglée Kenzo) et/ou une poussette (MacLaren). Ici le clebs est un indéniable signe de richesse extérieure pour qui habite une mégalopole comme New York. Payer pour le nourrir et le toiletter, trouver le temps pour le balader et surtout posséder un appart assez grand pour le loger : c’est un véritable luxe que de ramasser les crottes de Médor ! Laissant de côté ces considérations canines, nous sourions en voyant passer des cohortes de gamins en costumes, avec leur petit seau « citrouille » pour collecter friandises et chocolat. Les mamans accompagnent et papotent, tout le monde est classe et décontracté, souriant, détendu, on dirait une campagne de pub Ralph Lauren, so trendy : un dimanche tranquille à Greenwich Village.

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Les tous-petits déguisés (j’aurais bien photographié plus de gamins en costume mais les parents me regardaient bizarre)

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Nous dégotons enfin notre resto, baptisé « Cowgirls ». Il s’agit d’un resto kids’ friendly où viennent bruncher les gens du coin avec leurs drôles. Ça piaille dans tous les sens mais nous ne boudons pas notre plaisir ; nous sommes les seuls touristes infiltrés, en mode observation des coutumes locales. Notre conclusion comprend 2 points :

  1. Ici le burger est savoureux et la frite maison, miam
  2. Chez les neo-beatniks l’enfant est roi, moi je te foutrais tout ça au coin ça ferait pas un pli

Une fois dehors, nous suivons le flot des gamins déguisés (high-level les déguisements, il y a des moyens derrière, Alix en bave d’envie) et tombons sur le centre névralgique de la parade d’halloween des enfants (ils ont leur propre parade car le gros défilé officiel, celui des adultes, est un brin trash pour les petits – en mauvais parents que nous sommes c’est là que nous retournerons, en temps voulu, avec Alix et Val).

Nous nous engouffrons dans le métro, direction Brooklyn, pour notre deuxième visite de la journée : un tour guidé à pied à travers les rues, en quête de quelques unes des œuvres de street art les plus remarquables. Le quartier est résolument arty, freaky, en friche mais savamment exploité : c’est juste énorme. Pendant deux heures, grosse claque dans notre tête, nous sommes dans un musée à ciel ouvert. Tous les styles graphiques sont là, toutes les palettes de couleurs et d’émotions… et les images remplacent les mots.

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Nous courons choper notre métro et ne prenons malheureusement pas le temps de goûter Brooklyn comme il se doit (promis : on se rattrapera la prochaine fois). Direction la pointe de Manhattan pour notre dernière virée de la journée. Le soleil décline et c’est tant mieux : nous embarquons sur un magnifique clipper, un deux-mâts splendide doté qui plus est, hallelujah, d’un bar à cocktails. Et nous voilà voguant dans le couchant, sirotant nos cocktails en admirant cette crâneuse de Statue de la Liberté, tandis que les matelots tirent des voiles et des cordes et des machins-trucs divers (mes connaissances maritimes s’arrêtent aux abdos des skippers). 90 minutes de croisière avec une vue incroyable sur New York, le New Jersey, les ponts de Brooklyn et de Manhattan, il fait bon, le capitaine est sympa et se prend d’affection pour nos drôles, nous bavardons et savourons, plénitude.

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Retour sur terre dans tous les sens du terme. Face à l’océan l’heure est au débriefing et nous avons tous l’impression d’avoir vécu trois journées en une. Décision est prise : rentrons au bercail pour dîner/dodo. Et là, c’est le drame : le retour est notablement merdique, galère des transports en commun, longues files d’attente, bus en retard et bondé, chiotte alors ! Nous arrivons rincés à la maison, Alix dort debout, Val se prend les pieds dans tous les trottoirs, épuisement général. Une fois à la maison, vers 23h30, en mode automatique, nous faisons réchauffer au cro-onde les restes du chinois d’hier (pas top top délicieux), quand tout à coup zzzzzzzzzz

Posted in ...des parents, New York City, USA.

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