So long USA – 2 mai

Nous nous réveillons avec l’envie furieuse de profiter de la dernière journée de notre voyage. Hors de question de pleurnicher sur la fin de notre beau périple ; pour l’heure, on y est encore, alors allons-y à fond !

Tandis que Matthieu part rendre la voiture à l’agence de location, j’emmène les enfants retrouver nos amis pour un petit dèj « maison ». Sourire aux lèvres et cheveux en bataille, nous devisons tranquillement pendant que les drôles regardent un genre de Dora l’exploratrice en ânonnant en cœur quelques mots d’anglais. En sirotant un café, j’évoque notre visite du salon de tatouage de la veille et me confie sur mon envie de longue date de passer sous l’aiguille. Vanessa est redoutable ; elle lève comme par magie les appréhensions que j’avais et à la fin de la discussion, je suis (presque) totalement sûre du motif, de son emplacement et de ma motivation à franchir le cap. Matthieu revient bientôt de sa course et, comme c’est un type fabuleux, ne voit aucun inconvénient à m’accompagner dans cette petite folie dermato-picturale.

Mais pour l’heure, une activité capitale et urgentissime s’impose : aller buller à la piscine. Nous investissons une demi-douzaine de transats et, pendant que Simon et Matthieu barbotent, Vanessa et moi bavardons en faisant le lézard.

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Les enfants vont et viennent, tantôt éclaboussant les papas, tantôt coupant la parole aux mamans. Le ciel est bleu piscine, les palmiers offrent une ombre bien agréable et pour une fois, la sono n’est pas trop forte : rhââ quel bonheur ! Bien sûr, sporadiquement, les enfants ont soif/veulent faire caca/s’ennuient/ont un bobo/marchent dans une fourmilière… Les parents modèles que nous sommes accédons volontiers aux demandes des têtes blondes, parce que « hé les copains puisque je vais à la chambre chercher les Picsou Mag je ramène de l’argent qu’on se prenne des mojitos ? » (approbation unanime).  Bon, soyons clairs : être au bord d’une piscine de rêve dans un hôtel kitchissime de Vegas avec des amis et un cocktail à la main, n’ayons pas peur des mots, c’est plutôt chouette. Nous passons un moment vraiment extra, le carpe diem porté au rang d’art.

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Le temps coule, les enfants commencent à avoir faim ; synchronisation des montres parentales. Ce soir, jeux d’arcade au New York et visite du vieux Vegas. D’ici là… Salon de tatouage ! Simon se dévoue héroïquement pour rester sandwicher avec les enfants tandis que Matthieu et Vanessa m’accompagnent au Chrome Gipsy Tattoo, à quelques kilomètres de là. Je stressouille gentiment mais je sais où je mets les pieds. Arrivés sur place, il faut se rendre à l’évidence : Cleen Rock One n’est toujours pas là, damned. C’est donc Benny, un jeune homme au regard très doux et au langage fleuri, couvert de tatouages old school, qui nous reçoit. Le trac et l’émotion me font perdre mon anglais déjà faiblichon ; heureusement que Matthieu et Vanessa sont là pour m’aider à dialoguer… Benny, que mon anglais merdique et mes mimes amusent, se plie sans broncher à mes desiderata : je souhaiterais un petit avion en papier, dans la nuque, sans remplissage, au trait le plus fin possible. Matthieu et Vanessa m’aiguillent sur l’emplacement et le dessin, tandis que Benny crayonne sur ma nuque à main levée ; holy shit ! Le troisième dessin est le bon, je m’installe, passablement flippée, sur un fauteuil (qui s’avérera être celui où officie The Boss, iiiiihh!). Benny est prolixe, il parle de la vie à Vegas, du système éducatif du coin (il a deux enfants), de l’économie locale… tout en préparant son matériel. Tout cela est très intéressant et, pendant que je l’écoute impassiblement avec l’air de boire chacune de ses paroles, je l’empoigne mentalement par le col et le secoue dans tous les sens en lui hurlant de se magner. Enfin, ça y est ! Benny se tourne vers moi, me demande si je suis sûre de sûre, je dis oui, il branche son stylo, je respire un coup et c’est parti. La machine fait bzzz, même pas mal. Je trépigne intérieurement, car

  1. je me fais tatouer
  2. à Las Vegas
  3. dans le salon de Cleen Rock One
  4. par un type qui s’appelle Benny

encore une aventure rigolote ! La machine s’éteint rapidement, c’est un tout petit tatouage. Benny possède, semble-t-il, une délicatesse que l’on ne saurait soupçonner chez lui de prime abord ; mon petit avion est joli, discret et très fin. J’adore !!! Je jubile bruyamment sans honte aucune et remercie quinze fois Benny (« you’re welcome guys, have fun and take care ») puis nous revenons à l’hôtel contents tout plein.

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Les enfants adhèrent tout de suite au tatouage, Valentin déplore qu’il lui faille attendre ses 18 ans pour s’en faire faire un ; Melvin aurait voulu être là pour voir comment c’était, et tout en bavardant, notre petite troupe se met en marche, direction le New York New York.

Si les casinos de Las Vegas ne sont pas forcément des endroits très indiqués pour des enfants, il faut reconnaître que la salle d’arcade du New York fait figure d’exception. Des dizaines de jeux vidéos de toutes sortes se succèdent dans de grands espaces ludiques et fun. Au bout d’un couloir se trouve l’entrée du fameux et gigantesque grand huit du New York – le Roller Coaster – qui entre et sort de l’hôtel à plusieurs reprises entre deux vertigineux loopings. Autour de nous, les jeux fonctionnent avec une carte que l’on recharge rapidement auprès d’un guichet ou à des bornes disponibles un peu partout ; on ne se voit pas claquer ses sous, c’est magique ! Nous nous en donnons à cœur joie, enchaînant les jeux de motos, de voiture, de tir et que sais-je encore pendant une bonne heure. Les kids sont aux anges, tout excités, les yeux qui pétillent. Il faut dire que nous leur parlons de cette session de jeux vidéos depuis notre arrivée à Vegas, menaçant sans trop de conviction de la supprimer s’ils ne sont pas sages (les enfants n’y croient pas une seule seconde, et nous non plus d’ailleurs). Pour être honnête, les adultes aussi se marrent bien avec tous ces jeux, et prennent parfois les manettes « pour montrer comment ça marche » (les enfants n’y croient pas une seule seconde, et nous non plus d’ailleurs).

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Au terme de cette session, nous sortons du casino pour nous rendre dans le Downtown, le vieux Vegas. Simon et Vanessa embarquent Alix et y descendent avec leur voiture tandis que Matthieu, Val et moi y allons en bus-navette. Nous arrivons les premiers et assistons à un show sur le Old Strip ; un petit type trapu s’extirpe d’une camisole de force et se libère de ses chaînes sans jamais cesser de lancer des vannes ; Valentin est époustouflé. Simon et Vanessa nous rejoignent, les yeux ronds et la bouche entrouverte en un sourire conquis, comme nous le fûmes quelques semaines auparavant face au spectacle de cette rue. Ici, l’ambiance est plus cheap, moins sophistiquée et finalement plus familiale ; la grande artère principale est piétonne, la balade plus linéaire, il est donc plus aisés de déambuler avec nos cinq Minions déchaînés.
Nous évoluons très lentement, laissant les rênes aux enfants. Ceux-ci vont d’un performer à l’autre et nous les suivons doucement. Des musiciens, des graffeurs, des transformistes, sans parler de la longue quadruple tyrolienne de 400 mètres qui parcourt, juste sous le plafond d’écrans, toute la longueur du Old Strip… Il y a tellement de choses à voir !

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En attendant, il fait faim : nous emmenons nos amis au buffet « all you can eat » qui nous avait régalé la dernière fois. Nous dînons copieusement tandis que les petits, qui ont fini leurs assiettes fissa, entament une partie de cartes endiablée. Ils s’invectivent sans retenue et poussent des cris de putois tout de suite ponctués des chuuuuuts parentaux, nos voisins de table nous détestent. Nous prenons le temps de prendre le temps, nous sommes bien, encore un moment simple et heureux.

Nous sortons du resto, qui fait face à une grande scène sur laquelle s’agite une DJette sexy. La donzelle fait tournoyer ses longs cheveux en bougeant admirablement son derrière et enchaîne tubes commerciaux et remix boitarythmés : un régal pour les oreilles. Effet immédiat : Lilix se met à danser, alors ni une ni deux je l’accompagne. Val nous rejoint, puis Esteban, puis Simon, puis tout le monde, et nous voilà tous les neuf à danser dans la rue en riant. Les enfants s’éclatent, ils lâchent prise et expérimentent des pas, totalement désinhibés. Nous les suivons dans le délire, et dansons ainsi avec eux pendant une bonne demi-heure. Autour de nous, les gens nous regardent, sourient, dansent un peu, filment les enfants. Fin du set de la DJette sexy : nous continuons notre chemin, ravis de s’être ainsi défoulés.

Soudain les lumières des casinos s’éteignent et le plafond d’écrans s’anime : c’est l’heure du show vidéo du Old Strip. Sur une musique à chemin entre le rock et le new age, des images poético-psychédéliques softs prennent vie au-dessus de nos têtes. Le nez au ciel, nous hululons des oooh et des ouaah tellement c’est troooop beau. Ce moment de pure féerie terminé, nous reprenons notre chemin, reluquant les chippendales musclés, admirant la sexy catwoman avec ses cache-tétons imprimé panthère, souriant aux textes inscrits sur les panneaux des types qui font la manche (« Why lie ? I need weed« , « Too ugly for prostitute » ou encore le très sobre « Fuck you« ), et arrivons devant un groupe qui attire de suite les enfants. Une douzaine de jeunes gens installés autour d’une sono sommaire rapent et breakent sur un hip-hop mi-bling mi-déconne. Comme le chanteur a un bon débit et que le son est sympa, un public assez nombreux entoure le groupe, formant un large cercle. Sans même un regard pour nous, les enfants fendent direct la foule, se posent devant le groupe en plein milieu du cercle et commencent tous les cinq à danser au milieu des hourras.

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Les hip-hopeurs se marrent et les encouragent, certains vont danser avec eux. Dans le public, on les filme, on les photographie, on les ovationne. Nous glissons quelques billets aux enfants, afin qu’ils aillent garnir le pot à tips posé à côté du rappeur. Entre deux morceaux, tous les gamins vont checker le chanteur et ses copains, puis la musique reprend et c’est reparti pour un tour.

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La foule est dense autour du groupe et des enfants ; nous restons aux premières loges, dansant et profitant de cette drôle d’ambiance gangsta-choubidou. Soudain, le rappeur s’approche d’Alix et lui demande de répéter derrière lui. La petite Lilix, impressionnée, reste coite, mais Simon qui est à ses côtés vient à la rescousse et informe le type que son mini-crew de danseurs est français. Ceci semble beaucoup plaire au chanteur qui embraye direct sur une impro-hommage aux French kids. Les enfants savent que la chanson parle d’eux et se donnent à fond ; tu m’étonnes, c’est pas tous les jours qu’un rappeur des rues américain te dédie un morceau sous les acclamations d’une foule en délire ! Ce moment est tout simplement fabuleux, heureux, et tellement dingue !

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Nous prenons congé du groupe à grands coups de checks et de Hi guys! et remontons le Old Strip jusqu’à son commencement. Là, nous nous séparons de nouveau : l’équipe navette et l’équipe voiture. Les enfants baillent ; nous nous retrouvons vite à l’hôtel, couchons la marmaille et embrassons Simon et Vanessa ; à demain les copains, pour un dernier petit dèj avant le grand départ.

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Dernier passage devant les machines à sous

Matthieu et moi redescendons au casino de l’Excalibur, histoire de claquer nos 20 derniers dollars en beauté. En sirotant notre Corona, nous évoquons cette folle journée, magnifique conclusion de ce voyage hors norme. Il est trop tôt pour dresser un quelconque bilan. L’heure est toujours aux beaux souvenirs encore tout chaud. Remémorer ces instants et s’en nourrir, sans se rendre véritablement compte du gain de ces expériences sur chacun d’entre nous et sur notre famille. C’est certain, il y aura un avant et un après voyage. Dans quelle mesure ? Pour l’instant on s’en fout. Simplement, nous nous repassons les belles images, et mettons l’air de rien, ensemble, nos pieds dans les starting-blocks de notre vie poitevine qui approche.

Posted in ...des parents, Las Vegas, USA.

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